À l’heure du Mali : La «cuillère de la résistance»

Au Mali, les populations et l’Armée subissent une épreuve imposée: la guerre hybride. Depuis bientôt quinze ans, le pays s’adapte, dans la vie quotidienne comme dans les consciences. On ne cessera jamais de le dire : cette guerre n’est ni fortuite ni née du hasard.

Publié jeudi 18 septembre 2025 à 07:40
À l’heure du Mali : La «cuillère de la résistance»

Elle a été pensée, planifiée, et elle est menée par des mercenaires désignés sous le vocable de «terroristes», mais qui ont des commanditaires et des sponsors désormais presque sans masques, connus, et qui eux-mêmes se dévoilent de plus en plus sans gêne. Ce sont eux qui nous attaquent parce qu’ils veulent continuer à nous regarder de haut, à nous écraser, à nous imposer leur mode de pensée et de vie. Attaques armées, guerre informationnelle, blocus économiques : hier Tombouctou, aujourd’hui Kayes, l’ennemi veut prendre le Mali à la gorge, l’étouffer, l’asphyxier, l’État et ses populations ensemble.

Il peut y avoir des effets, mais l’âme du Mali dépasse les coups de fusil et de canon. Des citernes brûlées font mal sur le moment, mais nos vaillants opérateurs économiques ont le sens de la riposte et savent démêler le faux du vrai. Autrement dit, ils savent retourner les épreuves contre l’adversité. Ils l’ont si bien compris qu’ils sont allés rencontrer le Chef du gouvernement pour faire le tour de la question, réfléchir ensemble avec l’exécutif et trouver des solutions à la malienne. «Même s’il faut aller chercher notre carburant à pied avec des cuillères, nous allons le faire», leur a dit le Général de division Abdoulaye Maïga.

Il a suffi d’une métaphore bien construite du Docteur Général pour que les sponsors du terrorisme et leurs relais médiatiques se mettent à trembler, usant d’une arme des faibles, la dérision, pour tenter de parer à ce missile inattendu. Un aphorisme venu d’Europe nous dit : «La parole entraîne, l’exemple enseigne.»

À travers l’image de la cuillère, le Général Docteur a voulu enseigner à l’ennemi que ses lâches et barbares attaques contre le Mali et so
n peuple ne prospéreront ni dans l’âme ni dans les consciences collectives du pays de Soundjata Keïta, Sonni Ali Ber, Babemba, Koumi Diossé, Biton Coulibaly, Damonzon Diarra, Banzani Théra, Firhoun Ag Alinsar, Cheickou Amadou Modibo Keïta, Assimi Goïta, et tant d’autres héros qui ont fait et continuent de faire le Mali.

Le Gouvernement du Mali, lui, sait ce qui se joue, de l’alpha à l’oméga. Dans un silence, voire une discrétion qui est une force, il réfléchit et travaille à contrer la guerre globale imposée. Il y a des solutions qui ne se disent pas, mais qui se verront d’elles-mêmes, à court, moyen et long termes. Sans aucun doute. La sortie du Chef du gouvernement a été bien accueillie par l’opinion.

Une dame interrogée le lendemain par notre rédaction es
t allée au-delà de la cuillère : «s’il le faut nous irons chercher notre carburant avec des bols aussi.» C’est dire la détermination des Maliens à contrer les attaques de l’ennemi et à déjouer ses stratégies. Un peuple uni, engagé pour sa survie et son destin, ne reculera devant aucun obstacle.


C’est cela le sens de la «cuillère de la résistance», cette cuillère annoncée comme un os dans la gorge de l’ennemi. Qui s’étouffe déjà.

À la suite de ces velléités de blocus et d’asphyxie, des voix se sont élevées pour demander aux plus hautes autorités de sonner la mobilisation générale des jeunes et de tous les citoyens décidés à accompagner l’effort patriotique des Forces armées maliennes dans la défense de la patrie. Elles attendent des autorités un cri de ralliement fort et strident, pour rappeler à l’ennemi que les Maliens restent debout sur les remparts, au-dedans comme au-dehors. Tous prêts !

Alassane Souleymane

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