L'Essor : Vos jeunes viennent de boucler la phase de groupes sur un sans-faute avec trois victoires en autant de matches. Quel bilan tirez-vous de ce premier tour ?
Moussa Cissé : Avant tout, il faut rendre hommage aux joueurs et les féliciter chaleureusement. Nous avons évolué dans une poule exigeante, face à des équipes jeunes, extrêmement généreuses dans l'effort et animées d'une grande dynamique. Pour ces adversaires, affronter le Mali représentait le test ultime pour mesurer leur niveau réel sur la scène continentale. Terminer en tête avec trois succès est un bilan comptable très satisfaisant, mais cela confirme surtout la solidité mentale de notre groupe, même si rien ne nous a été donné facilement.
L'Essor : Justement, ce troisième match contre Madagascar (53-44) a été particulièrement serré. Qu'est-ce qui a posé problème à votre équipe durant cette rencontre ?
Moussa Cissé : C'est le piège classique des fins de phase de poules. Après deux prestations convaincantes, un certain relâchement sous-jacent s'est installé. Inconsciemment, les jeunes ont pu penser que la qualification étant acquise, la victoire viendrait naturellement sans avoir à puiser dans nos retranchements. La réalité du terrain les a rapidement rappelés à l'ordre. Madagascar a proposé un style atypique : un jeu très déstructuré, sans réelle attaque posée, mais basé sur une mobilité permanente, un rythme effréné et des courses dans tous les sens. Cette imprévisibilité a perturbé nos repères tactiques habituels. Ils ont joué leur va-tout pour nous bousculer, et cela nous a contraints à un vrai combat physique.
L'Essor : Comment avez-vous réussi à faire basculer la rencontre dans le dernier quart temps ?
Moussa Cissé : Il a fallu recadrer les priorités à la pause et réinjecter de la rigueur. Au dernier quart temps, nous avons remis l'accent sur ce qui fait notre force : l'agressivité défensive. En verrouillant l'accès à notre raquette et en imposant un rythme physique plus étouffant, nous avons provoqué des pertes de balles chez l'adversaire. J'ai dit aux jeunes de faire abstraction de l'écart au score et de se concentrer uniquement sur l'engagement défensif pour aller chercher ce résultat. L'objectif principal était d'assurer cette première place cruciale pour la suite du tableau, et les joueurs ont su répondre présents dans le money-time.
L'Essor : Les phases à élimination directe arrivent. Comment allez-vous exploiter ces deux jours de repos avant le quart de finale ?
Moussa Cissé : Ces deux journées de transition sont capitales. Sur le plan technique, nous allons effectuer les corrections nécessaires sur la gestion des attaques placées et la transition défensive. Sur le plan analytique, notre staff va décortiquer le jeu de notre futur adversaire pour affiner notre plan de match. Enfin, il y a un travail psychologique majeur : il faut régénérer les organismes et remobiliser les têtes. La phase de poules est derrière nous; désormais, chaque rencontre est un match couperet où la moindre erreur se paie cash. C'est un nouveau tournoi qui démarre, mais nous aborderons ces échéances avec la même détermination : nous nous battrons jusqu'au dernier souffle, Inshallah.
L'Essor : Un point sur l'état de santé du groupe : l'infirmerie est-elle vide avant d'aborder ces matches à couperet ?
Moussa Cissé : C'est une excellente nouvelle : le staff médical a fait un travail remarquable et tout le monde est sur pied. L'ensemble de l'effectif est à disposition, les voyants sont au vert et les joueurs sont prêts physiquement à enchaîner l'intensité des phases finales. Dieu merci.
L'Essor : Un dernier mot pour les supporters maliens qui vous poussent depuis le début de la compétition ?
Moussa Cissé : Je tiens à leur adresser nos plus sincères remerciements. Leur présence en tribune et leur soutien inconditionnel nous donnent une force énorme, surtout dans les moments compliqués comme lors du match d'aujourd'hui (dimanche contre Madagascar, ndlr). Que ce soit le public présent dans la salle ou tous les Maliens qui nous suivent de loin, sachez que nous jouons pour le Drapeau national. On est ensemble, Inshallah !
Seibou Sambri KAMISSOKO
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