Les hélicoptères qui quadrillaient le ciel du périmètre du siège des Nations unies sont au sol, les vedettes des gardes côtes américaines qui surveillaient tout mouvement suspect sur les eaux du fleuve qui longe la clôture du bâtiment ont quitté les lieux. L'effervescence de la semaine des travaux qui a perturbé la circulation urbaine est retombée. Assurer la couverture médiatique des travaux de la session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York est un sacerdoce. Certes, l'animation visible dans les allées et couloirs ouverts à la circulation dans l'enceinte de l'imposant bâtiment du siège des Nations unies s'est estompée. Les espaces verts qui étaient squattés par l'armada de reporters, d'envoyés spéciaux de divers horizons venus des quatre coins du monde ont retrouvé leur calme. L'herbe verte a retrouvé sa sérénité piétinée qu'elle était du matin jusqu'aux environs de 20 heures locales chaque jour de travaux par les hommes et femmes de presse à l'affût de la moindre information à piocher pour sa rédaction. Les reporters télé sous des tentes aménagées par leurs soins ou sur l'esplanade, ou dans les couloirs, les allées ou portions d'espaces verts ou à côté de monuments, bref tout décor est bon à prendre pourvu que le reportage soit enregistré en contexte réel et envoyé à la Rédaction. Les grosses chaînes de télévision, elles, ont apporté leur armada d'équipements chargés à bord de véhicules adaptés stationnés sur le troittoir pour assurer avec les antennes paraboliques montées les reportages en direct. Bien évidemment la sécurité veille. Les forces de l'ordre et de sécurité étaient omniprésentes partout. À l'intérieur comme à l'extérieur du bâtiment et positionnées dans les 7 rues adjacentes qui conduisent au bâtiment, il faut montrer patte blanche pour être admis. Les portiques de sécurité s'assurant que personne ne transporte un objet prohibé et la fouille corporelle achevait la vérification. Ce n'est pas tout. Les chiens renifleurs sont dirigés vers toute personne portant un sac en vue de détecter toute présence suspecte de matériels interdits ou stupéfiants. Mieux, les caméras et leurs trépieds et les appareils photos ne sont pas exempts de reniflement par ces animaux. Un stick de sécurité et de sûreté est apposé sur chaque équipement contrôlé.
RETOUR À LA CASE DÉPART- Malgré ces précautions, la circulation dans les allées, couloirs et l'accès aux différentes salles de travaux sont strictement réglementés. Chaque badge est fourni, selon le statut et qui détermine les accès possibles. Ces badges sont soient scannés sur les différents portiques de passage et de portes qui vous donnent l'accès en fonction de votre statut ou ne s'ouvrent pas quand vous n'êtes pas habilité à être sur cet espace. Là où, il n'y a pas de portiques de sécurité, les agents de sécurité veillent scrupuleusement et sans discrimination aucune à autoriser le passage, selon le statut affiché sur le badge. Ils orientent gentiment et poliment les participants vers les zones où leurs badges leur permet l'accès. L'accès des salles où se tiennent les travaux est aussi réglementé selon les statuts. La presse n'a pas les mêmes accès, selon que l'on soit reporter, photographe ou caméraman. Seuls les photographes officiels des Nations unies ont accès à la grande salle de conférences. Les autres doivent se contenter des balcons aménagés qui offrent une vue plongeante sur la salle. Pour la presse, l'accès aux salles des travaux est conditionnée à l'accompagnement jusque sur les sites d'un agent de Media accreditation and unit de liaison (Malu) ou l'accréditation des médias et unité de liaison. Tous les journalistes étrangers doivent s'adresser à ces desks prépositionnés à différents niveaux et s'assurer de l'accompagnement d'un de ses agents pour accéder à la salle des travaux ciblée. Il n’y a aucun moyen de contourner le dispositif ainsi mis en place. Tout est verrouillé et les malins sont obligés de revenir à la case départ pour assurer la couverture médiatique des travaux et prendre toutes les précautions pour glaner le maximum d'informations possibles, sinon leur présence sera rapidement écourtée d'une minute à l'autre.
La presse passe ainsi toute la journée à courir de salles en salles et à guetter le moindre espace propice pour travailler. Une pression qui va crescendo et ne retombe qu'avec la fin de votre présence sur les lieux. Au dehors, il faut se frayer un passage entre les brouhaha des manifestants de tous ordres qui occupent les espaces et qui sont strictement encadrés par les forces de l'ordre. Toute la semaine des travaux, ces derniers n'ont pas démordu. Par groupes compacts, ils ont chantonné leurs revendications à gorges déployées ou ont brandi des banderoles, pancartes, bouts de cartons ou tous supports disponibles pour faire passer leurs messages de colère. Les travaux terminés, les manifestants ont rangé leurs pancartes et rendez-vous est pris pour l'année prochaine pour récidiver lors de la tenue annuelle des travaux de l'Assemblée générale des Nations unies. Le moment des perturbations de la circulation dans les parages immédiats des Nations unies est passé et entre temps, New York a retrouvé rapidement à son rythme habituel des mouvements pour une mégapole qui ne dort jamais.
Envoyé spécial Moriba COULIBALY
Moriba COULIBALY
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