Occasion
pour le président de la structure Aguibou Bouaré d’aborder les questions relatives
à la protection, la promotion des droits de l’Homme, la prévention de la
torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants.
Le Mali vit dans une crise multidimensionnelle qui le
plonge dans une situation d’insécurité due à la perte de l’autorité de l’Etat
sur certaines parties du territoire national. Cela a eu pour conséquences les
attaques contre les personnes et leurs biens, le déplacement massif des
populations et la destruction des villages et des services sociaux de base. C’est
pourquoi, le président Bouaré a, lors de son intervention, mis l’accent sur les
réalisations de la CNDH.
S’agissant de la protection de la personne humaine,
il a souligné que la CNDH organise chaque année le symposium national sur les
droits de l’Homme, des ateliers de
renforcement des capacités des acteurs gouvernementaux et de la société civile
œuvrant dans le domaine des droits de la femme, de l’enfant et des personnes
handicapées.
Abordant la prévention de la torture, il dira que rien
qu’en 2021, la CNDH a effectué103 visites régulières et inopinées, réparties
dans 41 établissements pénitentiaires sur
63 que compte le pays. Il s’agit,
dit- il, de quatre centres pénitentiaires agricoles, 46
unités d’enquête dont 28 brigades de
gendarmerie et 18 commissariats de police. A ceux-ci s’ajoutent les 12
investigations faites dans les lieux de privation de liberté sur les
allégations de violations et d’évasion.
Concernant les abus des droits de l’Homme, il a expliqué
que la CNDH a mené également des missions d’investigation sur les allégations
de violations des droits de l’Homme dans les zones de conflits et les lieux où
sévit l’esclavage par ascendance. Dans un passé récent, il a rappelé que
l’organisation qu’il dirige avait dénoncé l’assignation de certaines
personnalités.
Le président Aguibou Bouaré a évoqué l’importance du
« statut A » en termes de légitimité et de crédibilité. Il s’est
réjoui que le fait pour un Etat d’avoir une institution accréditée de statut A
témoigne de son engagement pour respecter les obligations du droit
international des droits de l’Homme. Pour lui, cela prouve également que la Commission agit de façon indépendante
en matière de droits de l’Homme.
«Nous devons mériter de la confiance de la
population », a-t-il martelé avant de poursuivre que le rôle de la CNDH
est d’encourager l’Etat à respecter ses engagements. En clair, la société
civile et les pouvoirs publics peuvent s’appuyer avec confiance sur les institutions nationale de Statut A. Cette
consécration permettra désormais à ladite commission de voter dans les réseaux
des institutions nationales avec à la clé la possibilité de siéger dans les
organes de gouvernance et de participer aux sessions du conseil des droits de
l’Homme.
Réagissant sur la note trimestrielle de la division
droits de l’Homme de la Minusma, le président Bouaré dira qu’il n’est pas
l’auteur de ce rapport, donc ne peut dire qu’il se reconnaît dans ce document.
« Si nous avions fait conjointement, nous serions obligés de reconnaître
la teneur du rapport », a-t-il conclu.
Namory KOUYATE
Rédaction Lessor
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