Edito: Entendre le souffle du Mali profond

La fin de la semaine dernière a été bien remplie pour le gouvernement, non pas en raison de la nature des activités menées mais par leur symbolique. C’est une symbolique de l’action dans la résilience. En tête d’affiche, le Chef du gouvernement qui a été au plus près des populations, en action sur le terrain, dans les Régions de Ségou et Dioïla.

Publié mardi 18 février 2025 à 07:32
Edito: Entendre le souffle du Mali profond

Les secteurs socio-économique, sportifs et culturels ont eu une place de choix dans le programme. Le lancement des travaux du Projet d’irrigation de N’Débougou IV, dans la zone office du Niger, avec l’accompagnement de la coopération allemande, démontre la vitalité de notre diplomatie. Elle qui permet de maintenir à nos côtés les vrais amis du Mali, notamment l’Allemagne, le premier pays à reconnaître l’indépendance du Mali en 1960.

 Ce privilège forgé par l’histoire vaut à l’Allemagne et au Mali de regarder leur partenariat avec des lunettes de lucidité. Et ça marche tant que les trois principes constitutionnels qui encadrent le partenariat bilatéral et multilatéral sont respectés. Les 33 milliards de Fcfa du projet de N’Débougou vont permettre à cette amitié maliano-germanique de faire des émules. Le temps sera juge.  
Autre activité significative du Premier ministre, c’est la visite à l’usine CMDT de Dioïla qui permet de jauger l’état satisfaisant du moral des cotonculteurs dont le secteur reste un pilier de notre économie.


Stade rénové, pose de la première pierre de la Maison des légitimités, conférences des cadres à Ségou et Dioïla sont des actes qui permettent de mesurer le niveau de dynamisme du gouvernement, donc de l’action publique. En ces temps où la grisaille entend l’emporter sur l’espoir, le ton du gouvernement le week-end dernier est de mobiliser le pays et de savoir garder l’esprit au travail. Et ce n’est pas le travail qui manque dans un pays qui se construit, jeune de seulement 65 ans, avec autant de potentialités hydriques et hydrauliques, animales, végétales, minières, agricoles, etc.

Le message du gouvernement à l’issue de ce voyage d’un week-end dans deux régions, c’est le Général de division Abdoulaye Maiga lui-même qui l’a réaffirmé à Ségou : «Nous sommes en Transition. Il n’y a pas de majorité, ni d’opposition. Tout le monde doit regarder devant. Nous sommes condamnés à bâtir le Mali kura de nos mains et de nos pensées». La formule est bien trouvée et si un sondage était fait, à la suite de ce discours du Premier ministre, il se trouverait une bonne majorité de Maliens à convenir que c’est cela l’état d’esprit de nos compatriotes depuis les évènements de la rectification de la Transition en mai 2024.

Les Maliens et Maliennes, d’Andramboucane à Keniéba et de Kadiolo à Taoudéni restent scotchés à l’esprit et à la lettre des changements profonds intervenus au Mali sous le leadership du Général d’armée Assimi Goïta et ses compagnons ainsi que de tous les acteurs de l’architecture institutionnelle actuelle de notre pays. Nos compatriotes sont inéluctablement avec la gouvernance actuelle, savent que gouverner n’est pas une sinécure mais attendent également beaucoup d’assurance de leurs héros au quotidien, ceux qui ont sonné la révolte, qui ont fait plier l’ex-puissance coloniale et toute une idéologie impérialiste et prédatrice. Ceux par qui le Mali et l’Afrique ont repris confiance en eux-mêmes, par qui le cœur d’une autre Afrique se met à battre dans le sable, la latérite, le gravier du Liptako-Gourma, partant de la Confédération des États du Sahel (AES).

 

LA COMMUNICATION, LEVIER DE GOUVERNANCE. Les Maliens n’ont jamais baissé le rythme du soutien à la Transition et à la marche actuelle de notre pays. C’est en cela que le gouvernement devrait poursuivre la dynamique de ce week-end des 14, 15 et 16 février 2025. Avec plus de descentes sur le terrain, dans toutes les régions, pour entendre le souffle du Mali profond, avec plus d’actions concrètes de développement. La résilience des Maliens est un ferment de dynamique gouvernementale pour trouver les bonnes réponses aux grands problèmes. La crise énergétique est un bon indicateur d’osmose dans la résilience entre gouvernants et gouvernés. En cela, le discours du Chef de l’Etat lors des vœux aux forces vives a donné lieu, certes à des interprétations, mais il n’en demeure pas moins que la volonté des autorités à trouver des réponses durables a été bien perçue.

Reste à maintenir la dynamique de recherche de solutions, dans un langage de vérité permanent, dans une communication publique fluide, anticipée et maitrisée. Et le Gouvernement entend rester sur ce cap avec l’annonce lors du Conseil des ministres du 03 janvier dernier, de la tenue d’un atelier sur le renforcement de la communication gouvernementale. C’est dire que le Président de la Transition, le Premier ministre ainsi que les membres du Gouvernement ont à cœur la maitrise de la parole de l’Etat à travers son exécutif et de ce que la communication doit devenir un véritable levier de gouvernance. Qui mieux que le Président de la Transition pour en être le premier commanditaire, lui qui rappelle si souvent que le «le Peuple est le centre de gravité de la gouvernance».

Les Maliens croient en la parole de leurs gouvernants et cette confiance réciproque doit résister aux intempéries politiques, économiques, sociales, géostratégiques. C’est au gouvernement de maintenir le lead avec plus d’actions sur le terrain, avec le discours encore plus près de la compréhension de l’opinion publique. La flamme de transformation du Mali, dans le corps et l’esprit de chaque Malien, doit être entretenue par une action publique cohérente. C’est le secrétaire général de la Présidence de la république, vendredi lors de la cérémonie de présentation de vœux au Chef de l’État, qui a eu les mots pour résumer l’État d’esprit qui doit animer chacun de nous : «À travers ces vœux, nous vous rassurons de notre engagement à vos côtés, tous les jours pour le triomphe d’un Mali émergeant, fort et prospère».

Alassane Souleymane

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Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

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