Exposition : Abdou Ouologuem parle de l’âge d’or du Mali

Une exposition exceptionnelle de l’artiste plasticien-comédien, metteur en scène et collectionneur, Abdou Ouologuem, intitulée : «L’âge d’or du Mali» se tient, depuis la semaine dernière dans la salle polyvalente du Musée national.

Publié mardi 13 janvier 2026 à 09:41
Exposition : Abdou Ouologuem parle de l’âge d’or du Mali

Une scène représentant la période de l'âge d'or au Mali

 

 Cette exposition, constituée d’œuvres et d’objets d’art de plusieurs périodes du Mali est une véritable merveille qui montre que notre pays est une terre bénie aux multiples richesses.  Cet événement se poursuivra jusqu’en fin février prochain. Elle suscite un grand engouement en témoigne la présence d’une dizaine de membres du gouvernement dont le ministre chargé de la Culture, Mamou Daffé, au vernissage et les nombreux visiteurs anonymes.


L’or du Bourré, le sel de gemme de Taoudéni et de Bourem, le coton, le beurre de karité du Mandé et les produits de cueillette qu’on retrouve presque partout au Mali constituent de la matière pour l’artiste. Pour Abdou l’âge d’or, c’est l’histoire, le savoir-faire du Mali. «Ce n’est pas de l’or, mais quand on parle de l’âge d’or d’un pays c’est le moment où il a atteint une certaine apogée en termes de richesses et de prestige. Pendant cette période faste de notre pays, les autres nous ont envié et nous les avons attirés comme des mouches et des abeilles», explique l’artiste Pour Abdou ouloguem, le Mali c’est le Ghana, le Mandé,  le Songhaï. Et d’exprimer sa volonté de montrer ce pays de savants, de grands hommes politiques, notamment l’empereur Kankou Moussa qui a transporté beaucoup d’ors à la Mecque pour son pèlerinage.


«Il y a trente ans, j’ai fait une exposition sur l’épopée mandingue dont les toiles sont faites de bogolan. J’ai jalousement gardé les œuvres en refusant de les vendre». Après avoir reçu une proposition d’exposition de la part du ministère chargé de la Culture, l’artiste a ressorti ces œuvres pour les exposer».


Ainsi donc cette exposition est un véritable patchwork d’œuvres sur l’histoire du Mali, des œuvres inspirées par l’âge d’or, mais aussi des objets issus de sa collection comme des poteries datant de plusieurs siècles. L’une des véritables attractions de cette exposition est le trône doré de Kankou Moussa. Il attire les visiteurs qui tiennent à se faire photographier sur ce siège royal. Des photos tirées en petit format, tout comme les billets de banque de plusieurs nationalités constituent différents «murs» ou des cimaises. Le constat de l’artiste est que l’argent change de couleur en fonction des pays d’origine. Mais, la couleur de sa principale référence qu’est l’or ne varie pas. Une référence est faite au travail de l’historien et anthropologue malien Youssouf Tata Cissé. Ce dernier a révélé les idéogrammes de la société secrète bambara, notamment le Komo. Ces idéogrammes permettent à l’homme de s’exprimer totalement ses idées et pensées ? Ils représentent notre écriture qui est plus vieille que l’alphabet arabe ou romain.


Selon Ismaël Diadié Haïdara, chercheur malien installé en Espagne, qui a produit le texte introductif de l’exposition, si Soujdata Keïta est fondateur du Mali et lui a donné la Charte du Kurukanfuga, reconnue par l’Unesco en 2009 comme la première Constitution du continent africain et l’une des premières au monde, Kankou Moussa par l’or, l’encre des savants et la pierre de ses architectes donna au Mali son plus grand rayonnement international.  Il ressort de ses explications que c’est sous son règne que naquit la littérature écrite malienne au XIV siècle. À la même époque Pétrarque vivait en Italie, Geoffrey Chaucer connu pour les Contes de Canterbury en Angleterre, et Hafiz en terre perse. Et c’est encore par lui que les premiers manuscrits arabes commencèrent à circuler le long de la boucle du Niger. 


Avec l’or, Kankou Moussa donna un essor nouveau au commerce transsaharien en ouvrant le Mali aux espaces économiques de l’Orient et de l’Occident musulmans. Ses largesses en or firent que la valeur de l’or s’échangea à 2 dhirhams pour 1 mithqal. La route de l’or en son temps se joignait à la route de l’argent européen qui passait par Séville, les routes germaines et Gênes pour rejoindre la route asiatique de la soie. La révolution urbaine prend son essor avec la construction des palais et des mosquées, de Gao et Tombouctou à Niani. En fait, après son pèlerinage, Mansa Moussa voulut amener avec lui des hommes doués dans les lettres et l’architecture afin de donner un nouveau visage à son empire. C’est ainsi qu’il revint de la Mecque avec le plus grand poète de langue arabe d’Andalousie, Abu Ishaq Es-Sahili (Granada 1290-Tombouctou 15 octobre 1346). Par cette volonté de renouveau, Kankou Moussa changera le visage des villes en les dotant de mosquées et de palais et par là même d’une représentation administrative qui permettra une gestion décentralisée de son vaste empire. Le chercheur malien insiste sur le fait que Kankou Moussa maintint des relations diplomatiques avec l’Orient et l’Occident. Il fut la plus grande de l’Afrique au XIV siècle.


Une exposition qui appelle aussi à des questionnements. Pour l’artiste, notre pays a connu des heures de gloire avec des richesses matérielles comme l’or, le sel gemme, et les produits de cueillette, mais aussi intellectuelles. Comment notre génération n’arrive pas à exploiter ces richesses ? Pourquoi nous ne profitons pas suffisamment de ce passé ? Quelles capacités devons-nous mettre en place pour nous réinventer afin d’assurer notre souveraineté ?  Et de faire siens les propos d’un ancien président de la République qui aimait rappeler que «Nous fûmes quand beaucoup n’étaient pas». 

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : Culture, artisanat et tourisme : Les acquis de la Transition en cinq ans

Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a présenté, ce mardi 23 juin 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les principales réalisations enregistrées dans ses secteurs au cours des cinq années de la Transiti.

Lire aussi : #Mali : C’est parti pour la 2è édition du « Festi-Ciné UCAO »

Le rideau s'est levé, ce vendredi 19 juin 2026, sur la deuxième édition du Festi-Ciné UCAO, le Festival du cinéma de l'Université Catholique de l'Afrique de l'Ouest – Unité universitaire à Bamako (UCAO-UUBa). Jusqu'au 23 juin prochain, l'événement ambitionne de faire de l'université un .

Lire aussi : #Mali : Les Journées du patrimoine culturel s’achèvent sur « 14 recommandations majeures »

Les Journées nationales du patrimoine culturel ont pris fin ce vendredi 19 juin 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sous la présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en présence du ministre d’Ét.

Lire aussi : Festival international du cinéma documentaire : L’amitié Mali-Russie célébrée

L’Association Perspective sahélienne, en partenariat avec l’Association initiative Russie-Afrique, a organisé, mardi dernier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), la première édition du Festival international du cinéma documentaire..

Lire aussi : Patrimoine culturel immatériel : Les «Danbe Kolosibaw» mobilisés pour la transmission des valeurs sociales

Les personnes ressources chargées de promouvoir et de transmettre les valeurs sociétales maliennes appelées «Danbé Kolosibaw» ont eu une rencontre d’échanges, mardi dernier au Centre international de conférences de Bamako..

Lire aussi : Cinéma : UCECAO, Un nouveau bureau provisoire en place

L'Union des créateurs et entrepreneurs du cinéma et de l'audiovisuel de l'Afrique de l'Ouest (UCECAO) a organisé la semaine dernière à son siège une assemblée générale extraordinaire pour renouveler son bureau dont le mandat a expiré..

Les articles de l'auteur

Moussa Bagayogo : le maître artisan donne une nouvelle dimension à l’indigo

Dans son atelier à Attbougou en Commune VI du District de Bamako, Moussa Bagayogo est très occupé à tester les couleurs ou les variantes du bleu sur différents morceaux de tissus en cotonnade..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:20

Sidy Diabaté : Le réalisateur du film "Da Monzon la conquête de Samagnana" tire sa révérence

La mort viient d'arracher à notre affection le réalisateur "Da Monzon la conquête de Samagnana", Sidy Fassara Diabaté. La nouvelle de son décès est tombée comme un couperet dans la nuit de lundi à mardi. Il avait fait valoir ses droits à la retraire en 2012 après de bons loyaux services rendus à la nation...

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mercredi 13 mai 2026 à 08:30

Information et Télécommunications : L’ancienne ministre Mme Gakou Fatou Niang n’est plus

C’est à travers le communiqué de presse du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, que l’opinion nationale a été informé du rappel à Dieu de Mme Gakou Fatou Niang, ancienne ministre de l’Information et des Télécommunications..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 09 avril 2026 à 08:39

Musique : Youssou N’Dour donnera une autre image du Mali

Certainement une première à Bamako depuis le début de la crise. La star de la musique africaine, Youssou N’dour, animera un bal à l’hôtel de l’Amitié le 25 avril prochain..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mercredi 08 avril 2026 à 07:53

Patrimoine musical : Le Centre d’art Miéruba de Ségou propose «The Lost Maestras»

C’est une collection féminine qui met en lumière les cantatrices dont les talents et les œuvres ont été peu mis en valeur.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 03 avril 2026 à 08:35

Groupe Kôrè art et culture de Ségou : La nouvelle saison est lancée

L’ouverture des activités a été marquée par des conférences-débats, une prestation théâtrale et un grand concert dans la Cité des Balanzans.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 31 mars 2026 à 11:19

Journée mondiale de la marionnette : Le malien Yaya Coulibaly à l’honneur

Le marionnettiste malien, Yaya Coulibaly, est l’invité d’honneur de l’édition 2026 de la Journée mondiale de la marionnette. L’événement est organisé par l’Union internationale des marionnettes (UNIMA) et se poursuit jusqu’au 24 mars à Charles-ville-Mézières en France..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 24 mars 2026 à 08:57

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner