Côté finance, elle ne se plaint point. Cette dame est employée dans une structure qui paye bien ses salariés. Cependant, la vie de Kady est façonnée depuis sa tendre enfance par un contraste impensable. à commencer par un fait inimaginable dans le contexte social de notre pays.
Kady est célibataire et vit seule dans une bâtisse cossue qu’elle a réalisée à lasueur de son front. Cette vie solitaire serait la conséquence de ce qu’elle dit avoir vécu durant son enfance. Une période qu’elle qualifie elle-même de difficile.
Son enfance aurait été marquée par des remarques dont certaines très « désagréables » et elle en fut très marquée.
Certaines de ces remarques lui auraient laissé des cicatrices indélébiles. Elles ont marqué son adolescence et continuent à la hanter jusqu’à ce jour. Durant son évolution personnelle, il lui serait souvent passé par la tête de se suicider. « Je souffre aujourd’hui encore lorsque je me rappelle de certains mots qui m’ont été adressés », dit-elle avec amertume.
Elle enchaine les qualificatifs haineux du genre. Et ce qui l’a surtout touchée, c’est le fait que ces remarques venaient de ses propres frères et/ou sœurs. Ces derniers ne cessaient de la comparer toujours à une de ses petites sœurs qu’ils trouvaient plus élégante, plus belle, plus intelligente et plus sociable qu’elle. Les proches de Kady lui auraient tellement chanté ces qualificatifs désagréables à l’oreille durant des années à la maison, qu’elle les a pris à son compte comme de l’argent comptant.
Pis, à l’école c’était pratiquement le même scénario. Certains de ses camarades de classes passaient tout leur temps à se moquer d’elle. Ils parlaient mal de son physique au point que même si une tierce personne lui adressait un compliment, elle la considérait comme de la moquerie. Conséquences, psychologiquement et psychiquement, la jeune dame fut blessée et peine à se remettre de ces remarques désagréables dont elle fut l’objet depuis sa tendre enfance.
Cependant, la jeune dame relativise. Pour elle, bien que certaines de ces remarques, soient considérées comme de l’amusement à l’enfance, elles continuent toujours à faire leurs effets sur elle à l’âge adulte. « Elles sont devenues des souvenirs difficiles à jeter dans les oubliettes pour moi », dit-elle d’une voix basse et pleine de chagrin. Lorsqu’elle évoque le cas de ses camarades de classe, Kady l’associe à un véritable harcèlement. Toutefois, elle regrette le fait que ce sont ses propres parents qui soient à l’origine de ce rejet et de ce désamour vis-à-vis d’elle, et ce depuis son enfance.
Partant de cette réalité dure qu’elle dit avoir vécue du fait des siens, elle a pris son courage à deux mains. Elle a ainsi bossé comme une folle aussi bien à l’école que dans la vie, afin d’être autonome et vivre loin des regards qu’elle qualifie de jaloux. C’est ainsi qu’après ses études, la chance lui sourira. Elle a décroché son premier boulot qui lui assure un bon salaire.
Le temps passant, Kady économisa assez d’argent avec un objectif clair : construire sa vie et vivre de façon autonome. Comme elle était décidée, elle parvint à atteindre cet objectif sans grande peine. La jeune dame s’acheta une parcelle à Bamako, sur laquelle elle construisit sa propre maison. Quelques mois avant, elle avait décidé de quitter les siens pour emménager dans un appartement qu’elle avait loué pour y vivre seule. La même vie solitaire qu’elle poursuit jusqu’à ce jour dans son propre logement sans compagnon encore moins d’époux.
Même là, elle a affirmé voir des difficultés pour effacer les mauvais souvenirs que lui ont laissé ses proches et ses camarades de classe pendant son évolution personnelle. Dans sa vie du quotidien, les voix de ses « détracteurs » proches ou lointains continuent de résonner dans sa tête. Et elle refuse, ou parvint pas à oublier ce dont elle a été victime durant son enfance de la part des siens.
Aujourd’hui, Kady se réjouit de cette vie qu’elle mène malgré elle-même. Toutefois, elle pense qu’il est difficile pour une autre personne de comprendre réellement ce qu’elle a enduré durant tout ce temps et ce qu’elle ressent dans le plus profond de son âme.
Pour elle, il ne s’agit pas de vivre, mais plutôt d’être entouré par des personnes qui la comprennent et qui l’acceptent comme telle. Ainsi, en dépit des biens matériels dont elle dispose la jeune dame, vit un véritable calvaire moral et psychologique. Des blessures qui lui ont été infligées depuis sa tendre enfance.
Assitan Kimbiry
Rédaction Lessor
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