«Je me rends compte que j’ai fait le bon choix parce que j’ai connu tellement de belles choses dans cette aventure que je rends grâce au bon Dieu pour m’avoir aidé à l’embrasser et à l’exercer pendant tout ce temps», déclare-t-il. Comment est-il devenu magistrat ? Depuis tout petit, Issa Traoré rêvait de porter la robe noire, car «viscéralement opposé à l'injustice».
«Pour moi, la meilleure façon d’œuvrer pour un peu plus de justice dans la vie, c’est de devenir un acteur de la justice», soutient Issa Traoré. Toute chose qui le poussera à embrasser ce métier. Ainsi, après l'Institut national de formation judiciaire, Issa Traoré a été affecté au Tribunal de première instance de Sikasso comme juge au siège où il a passé trois ans. «De là-bas, j’ai été muté au Tribunal de première instance de Tombouctou comme juge d’instruction», souligne-t-il. L’homme servira par la suite à Kangaba comme juge de paix à compétence étendues, avant de venir au Tribunal de première instance de la commune V du District de Bamako comme juge au siège.
«De la commune V, j’ai été transféré à Bougouni comme juge de paix à compétences étendues», rappelle-t-il. Dans la foulée, Issa Traoré retourne à Tombouctou pour un deuxième séjour, mais cette fois-ci, entant que président du tribunal de première instance de la ville. «À mon retour de Tombouctou, j’ai été affecté au tribunal de la commune I du District de Bamako comme président, où j’ai passé huit ans», indique-t-il.
Après, l’homme fera un premier séjour à la Cour d’appel de Bamako en tant que conseiller, où il passera trois ans et demi. De 2017 à 2020, il a été nommé premier président de la Cour d'appel de Mopti. Il revient ensuite à la Cour d’appel de Bamako comme conseiller pour deux ans. Issa Traoré a été également conseiller à la Cour suprême avant de devenir président de la section judiciaire de la même institution judiciaire, poste qu’il occupe jusqu’à ce jour. L’homme fut également membre élu du Conseil supérieur de la magistrature et président du Syndicat autonome de la magistrature. Il a également participé à plusieurs rencontres régionales et internationales, notamment à la conférence de l’Union international des magistrats à Erevan (Arménie).
Issa Traoré rend grâce à Dieu, à ses parents, à sa femme et à ses enfants pour le choix porté sur sa modeste personne par rapport à cette distinction. Pour lui, il s’agit de la plus importante chose qui puisse arriver à un fonctionnaire dans sa carrière. «Je suis le porte-étendard de cette décoration, mais c’est en fait la récompense pour toute une équipe», fait savoir celui qui est magistrat de grade exceptionnel. D’après lui, cette distinction est intervenue pour reconnaître le travail abattu par la section judiciaire de la Cour suprême.
«Une performance qui est une première dans la vie de la Cour suprême», se réjoui Issa Traoré. Il dira que la section judiciaire est pratiquement essentielle de la Cour suprême, signalant qu’elle est destinatrice de presque toutes les procédures de l’ensemble du pays. Issa Traoré qui fait valoir ses droits à la retraite cette année, se dit très satisfait de ce qu’il a pu faire dans sa carrière. «Je m’en vais très rassuré par la présence des cadets qui n’ont rien à envier à leurs devanciers», se félicite-t-il. Pour lui, cette décoration va être un moyen pour galvaniser les générations futures, car «dans ce pays, on avait habitué les gens à reconnaître leur mérite à titre posthume».
«Avec cette nouvelle dynamique qui consiste à reconnaitre devant la nation toute entière les fils du pays méritants, je crois que c’est une très bonne chose parce que ça va donner une idée aux jeunes de toujours doubler d’efforts pour mériter cette confiance», signale le président de la section judiciaire de la Cour suprême. Issa Traoré invitera par la suite ses cadets à avoir l'amour du travail bien fait. «C’est avec cet amour qu'on va tendre vers la perfection», ajoute-t-il, avant d’exhorter également à faire tout pour avoir le mérite de la place qu'on occupe.
Rédaction Lessor
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