Six ministres ont pris part à l'évènement
A l’instar des autres pays africains, le Mali a célébré, hier, la Journée africaine de la décentralisation et du développement local (JADDL) que consacre le 10 août. La cérémonie a eu lieu au gouvernorat du District de Bamako sous la présidence du ministre de l´Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly. C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement et du Conseil national de Transition ( CNT ) ainsi que des partenaires techniques et financiers (PTF).
Le thème retenu pour l'édition de cette année au niveau continental est : «Autonomisation des autorités locales pour une eau et un assainissement durable : faire progresser des villes et des territoires résilients, inclusifs et durables vers l'agenda 2063». Le thème national est : «La participation des femmes, des jeunes et de la communauté à la gouvernance locale de l’eau et de l’assainissement». La célébration de l’édition 2026 de cette journée vise à valoriser le rôle des collectivités territoriales dans l’accès durable à l’eau et à des systèmes d’assainissement sûrs à travers une participation accrue des jeunes et des femmes, tout en renforçant l’importance de l’urbanisation et du développement territorial dans l’Agenda 2063.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a rappelé que notre pays a choisi la décentralisation en tant qu’option politique de développement harmonieux, équilibré et inclusif des territoires. Pour le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, sa mise en œuvre s’est traduite par un transfert volontariste et progressif des compétences et des ressources de l’État aux collectivités territoriales. «Parmi les 21 domaines de compétences transférées de l’état aux collectivités territoriales, les sous-secteurs eau et assainissement occupent une place prépondérante», a souligné le ministre Coulibaly. D'après lui, ces sous-secteurs disposent de documents de politiques nationales adoptées par le gouvernement afin de garantir la souveraineté hydrique et de promouvoir une gestion durable des ressources.
Selon le ministre, le financement durable de la décentralisation reste une question d’actualité malgré les efforts consentis par l’état avec un transfert annuel d’environ 400 milliards de Fcfa, soit 17% des ressources budgétaires de l’état aux collectivités territoriales pour la prise en charge des compétences transférées. «à ces ressources s’ajoutent les taxes et impôts transférés aux collectivités territoriales pour un montant global d’environ 85 milliards de Fcfa par an, contribuant ainsi à l’amélioration de l’accès des populations aux services sociaux de base», a précisé Issa Ousmane Coulibaly, avant de saluer la décision du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, d’instituer le Fonds minier de développement local au profit des collectivités territoriales. Cela, en vue de renforcer davantage leurs capacités d’intervention pour répondre aux besoins prioritaires des populations.
Parlant des progrès réalisés dans le domaine de la décentralisation et du développement local, le Général de brigade a cité, notamment la réorganisation administrative et territoriale intervenue en 2023, ayant consacré la création de 815 communes, 19 régions et un district, la réalisation de près de 4.000 projets d’infrastructures de proximité et d’équipements pour un montant de plus de 60 milliards de Fcfa. S’y ajoutent l’opérationnalisation du Fonds minier de développement local avec l’allocation et la répartition de plus de 18 milliards de Fcfa au profit des communes, au titre de l’exercice 2025.
«Il est important de relever avec fierté que spécifiquement dans les sous-secteurs eau et assainissement, les collectivités territoriales à travers le Fonds national d’appui aux collectivités territoriales ont mobilisé environ 21 milliards de Fcfa pour la réalisation de 579 ouvrages hydriques et 647 ouvrages d’assainissement de 2002 à 2022», a relevé Issa Ousmane Coulibaly. Pour lui, ces progrès sont le fruit de l’engagement des autorités administratives, des élus locaux, des agents territoriaux, des organisations de la société civile et de la confiance renouvelée de nos partenaires au développement. En dépit de ces progrès, a-t-il nuancé, notre pays reste confronté à des défis parmi lesquels on peut citer le financement durable des actions de développement des collectivité territoriales et l’effectivité des transferts de compétences et de ressources de l’état aux collectivités territoriales.
Pour relever ces défis, le ministre a invité les autorités administratives, les élus locaux, les responsables du secteur privé et les organisations de la société civile à renforcer davantage la participation des femmes, des jeunes et des populations dans la gouvernance des services sociaux de base, en particulier ceux de l’eau et de l’assainissement, qui demeurent des piliers essentiels du développement durable.
De son côté, le président de l’Association des municipalités du Mali, Yacouba Traoré, a souligné que cette journée ne constitue pas seulement une célébration annuelle. Pour lui, elle marque aussi l’entrée dans une nouvelle étape de l’action collective en faveur d’un accès durable, équitable et résilient aux services d’eau, d’hygiène et d’assainissement.
«Elle traduit la convergence des engagements continentaux de l’Union africaine et des orientations de la vision Mali Kura 2063», a-t-il ajouté. Pour sa part, le représentant résident de l’Unicef, Mohammad Fayyazi, a signalé que l’Agenda 2063 se concrétisera lorsque chaque enfant aura accès à l’eau potable et grandira dans un environnement sain avec des services inclusifs et résilients face aux chocs, notamment ceux climatiques. La cérémonie a été couplée avec la remise des médailles d’honneur de l’Administration du territoire à une douzaine des membres du CNT.
Bembablin DOUMBIA
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