#Mali : Déplacés internes à Senou : Les réalités du site

Pouvoirs publics, organisations non gouvernementales et bonnes volontés leur apportent des appuis multiformes. L’éducation et l’épanouissement de leurs enfants sont également pris à bras le corps afin de leur réserver un avenir radieux

Publié jeudi 11 avril 2024 à 06:00
#Mali : Déplacés internes à Senou : Les réalités du site

Ces déplacés ont été admis à la suite d’un tri effectué sur la base de critères bien définis (photo d’archives)


 

L’éducation est un droit reconnu par la Constitution. L’article 10 de la Loi fondamentale le consacre. C’est dans cet esprit que l’État et les organisations non gouvernementales multiplient les actions et les initiatives pour la scolarisation des enfants des déplacés internes à Sénou.

Au total 368 ménages ont fui leurs terres natales de Mopti, Gao, Tombouctou, Bankass, Boni, Ségou, Niono et Macina pour trouver gîte et couvert à Sénou dans un site de 5 hectares. Ce camp de déplacés internes abrite une école de cinq classes pour un effectif total de 181 élèves.

À la date d’ouverture de cet établissement en 2019, il comptait deux classes. En plus des enfants déplacés, cette école accueille des mômes dont les parents n’ont pas assez de moyens pour les envoyer dans des écoles privées. Kadiatou Bengaly, enseignante au camp des déplacés internes de Sénou, déclare que cet établissement a été ouvert à priori pour la scolarisation des enfants déplacés afin de les soustraire à la tentation de devenir des délinquants. À l’école, dit-elle, la discipline est de rigueur. «Pas de sévices corporels parce que ces enfants sont déjà sous le traumatisme du passé. Nous privilégions toujours le dialogue avec eux parce qu’ils sont si heureux de suivre les cours», explique la pédagogue.

 Et d’indiquer que les enfants reçoivent aussi une formation sur leurs droits, la gestion des conflits, la coiffure, le tatouage, la fabrication du savon (gabakourouni), etc. L’enseignante explique aussi que les élèves ont accès à la cantine scolaire où ils déjeunent. Ils bénéficient aussi des objets ludiques de la part des ONG. Sa collègue Awa Maïga salue plutôt l’engagement du gouvernement et des organisations qui mettent tout en œuvre pour soutenir ces personnes vulnérables.

Abdoul Karim Togola, élève, affirme qu’ils étudient du lundi au vendredi de 8 à 13 heures. Pour lui, les cours de l’après-midi sont facultatifs. Sa camarade de classe, Awa Sidi Barry, impressionne par sa maturité précoce. Elle apprécie les efforts faits pour les héberger, mais rend surtout hommage à l’État et ses partenaires. «C’est une chance pour nous d’être scolarisés», se réjouit-elle. Sans cette initiative de l’État, «on ne serait pas scolarisé parce que nos parents n’ont pas les moyens». L’apprenante n’oublie pas les ONG qui les accompagnent à bien des égards.

 

LE GOUVERNEMENT FAIT DE SON MIEUX- Ibrahim Hamadou Sarré, l’une des personnes déplacées internes du camp de Sénou, explique avoir traversé plusieurs localités pour rallier Bamako et se retrouver sur le site de Sénou. Il y a des ménages de 23 membres et d’autres de 2 à 3 membres simplement. On vit en harmonie et en famille dans ce camp. Tous ont été admis à la suite d’un tri effectué sur la base de critères bien définis. Le règlement intérieur du camp interdit les querelles. La personne qui les a accueillis sur le site est à remercier pour son patriotisme, mais surtout pour son amour du prochain, soutient Ibrahim Hamadou Sarré. Selon lui, le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour leur venir au secours.

Des ONG comme l’Association des jeunes pour la citoyenneté active et la démocratie (Ajcad), le Portail d’accompagnement des professionnels de santé (Paps), l’Organisation des Nations unies, l’Association pour le développement et l’appui aux communautés (Adac) et d’autres réalisent des actions et offrent très souvent des dons qui représentent une réelle bouffée d’oxygène pour les déplacés. L’Adac, une ONG qui œuvre dans le domaine de l’éducation, fournit chaque année des kits scolaires aux élèves et du matériel de travail à l’école.

Elle offre aussi des formations aux enseignants sur la bienveillance, le droit de l’enfant, et sur d’autres thématiques. Le projet prend en charge aussi les enfants victimes de violence. Le gouvernement est décidé à lutter contre l’analphabétisme et la déscolarisation des enfants. C’est pourquoi il a été décidé de leur épargner les longues distances qui séparent le camp des écoles en créant sur le site une école publique où sont affectés cinq enseignants.

200 enfants ont eu des actes de naissance (des jugements supplétifs), confie Kassim Dagnioko, assistant au projet au compte de l’Adac. Une ONG accorderait à la fin de chaque mois un peu d’argent à chaque ménage pour soutenir les enfants. Ces personnes vivent aussi la problématique de l’insécurité et les coupures d’électricité. Certaines d’entre elles gardent encore à l’esprit des images des conflits qu’elles voyaient à la télévision. Elles ont encore du mal à penser vivre une qualité de personne déplacée interne parce que pour elles ça ne concernait que les autres.

Le site de Sénou est l’un des les plus grands et équipé de sept forages pour l’approvisionnement en eau potable sur financement de l’Unicef, World Vision, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), etc. Mme Nagnouma Coulibaly, chargée de la gestion de ce camp de déplacés par le ministère de la Santé et du Développement social, est une femme très disponible. Toujours accueillante, avec un large sourire sur les coins des lèvres, elle se confond parfois aux pensionnaires du camp, et jouit d’une bonne réputation auprès des déplacés, mais aussi des partenaires.

Myriam DIOMA    

Rédaction Lessor

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Communiqué du conseil des ministres du mercredi 25 mars 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 25 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée AssimiGOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 25 mars 2026 à 22:15

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 MARS 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 18 mars 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 23:29

Bamako: Arrivée de 780 citernes ce mercredi

Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, ce sont plus de 780 camions-citernes qui sont arrivés ce mercredi 18 mars 2026 dans les parkings à Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 18 mars 2026 à 16:40

Service national des jeunes : Plusieurs activités réalisées en 2025

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, a présidé, hier, dans la salle de conférences du stade Mamadou Konaté, l’ouverture des travaux de la 9ᵉ session ordinaire du conseil d’administration de la direction du Service national des jeunes (SNJ), dont il assure lui-même la présidence..

Par Rédaction Lessor


Publié vendredi 13 mars 2026 à 10:20

Mali-États-Unis : Pas encore de coopération dans le domaine militaire

Dans le cadre du dialogue politique régulier entre les deux pays, le Mali et les États Unis d’Amérique ont eu des échanges directs, tant avec la représentation diplomatique américaine au Mali qu’avec des Hauts Fonctionnaires américains en provenance de Washington..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:46

Enseignement supérieur : Le Professeur Abdoulaye Djimdé nommé au sommet de la science mondiale

Le Professeur Abdoulaye Djimdé, éminent chercheur à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), rejoint officiellement le prestigieux Comité scientifique consultatif du Secrétaire général des Nations unies..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 11 mars 2026 à 08:27

Journée internationale de la femme : Zoom sur deux amazones aux parcours exemplaires

A l’occasion de la commémoration du 8 mars, journée internationale de la femme, nous nous sommes intéressés à deux femmes dont le parcours peut inspirer d’autres..

Par Rédaction Lessor


Publié dimanche 08 mars 2026 à 12:20

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner