Le membre de la Commission défense du CNT est revenu sur les évènements douloureux qui ont secoué notre pays le 25 avril dernier. Moussa Ag Acharatoumane de dire que les attaques coordonnées et inédites qui ont frappé nos populations et nos Forces de défense et de sécurité sur l'ensemble du territoire national ont été d'une violence inouïe.
« Aujourd'hui, la situation sécuritaire est en train progressivement de s'améliorer », a-t-il souligné, ajoutant que dans les régions du Nord, hormis la ville de Kidal et celle de Tessalit, les Forces armées maliennes ont opéré une organisation qui consiste à s'implanter notamment à Aguelhok et à Anefis. Il a relevé que les groupes armés terroristes ont tenté de déstabiliser la ville de Ménaka.
« Les attaques et les assauts de l'état islamique ont été repoussés pendant trois ou quatre jours », s'est réjoui le membre de la Commission défense du CNT, tout en rendant un vibrant hommage aux FAMa et à l'ensemble de la population de Ménaka pour la résilience et la force dont elles ont fait acte pour repousser cette organisation terroriste. Pour Moussa Ag Acharatoumane, c'est un plan de déstabilisation qui a été élaboré malheureusement avec la complicité de certains de nos concitoyens autour de Kidal, en passant par Gao, Tessit, Sevaré, Bamako jusqu'à Kati.
A son avis, ce qui est déplorable et condamnable, c'est le fait que cette organisation terroriste a bénéficié de la complicité de certains membres des Forces de défense et de sécurité en activité et à la retraite qui ont ouvert la porte conduisant à ce désastre et la perte de notre ministre d'état, ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Général d'armée Sadio Camara ainsi que la mort de beaucoup d'autres compatriotes. «Malgré tout, les FAMa ont fait acte de courage et de bravoure. Elles se sont battues partout sur le territoire national pour repousser ce plan funeste grotesque de ces organisations terroristes qui pensaient mettre en 24 heures ou 48 heures notre pays à genou », a-t-il indiqué. Avant de saluer la réponse appropriée donnée aux ennemis de la paix par les FAMa.
Se prononçant sur l'attitude de la communauté internationale face à l'alliance entre le FLA et le Jnim, Moussa Ag Acharatoumane a noté qu'il faut connaître l’histoire de ceux qui les composent et ne pas se perdre dans leurs cycles. « Une bonne partie des éléments cités ont des parcours connus. Ils sont souvent de la même famille », a-t-il fait savoir, soulignant que de 2012 à maintenant, la plupart d'entre eux ont tous été proches de la nébuleuse Al-Qaïda. Moussa Ag Acharatoumane a rappelé qu'à un moment donné, c'était Ançar dine, après c'est devenu, Mua, Hcua et aujourd'hui c'est le FLA. Il a dénoncé le comportement de ses frères qui pensent avoir un avenir avec Al-Qaïda ou avec Daesh.
« Je leur dirai qu'ils sont en train de se tromper, de se mettre une balle dans la tête parce qu'Al-Qaïda ou Daesh n'ont pas un projet d'avenir », a-t-il dénoncé, précisant que ces organisations terroristes visent à semer la peur, la terreur, le désordre et opposer les Maliens les uns contre les autres.
Concernant la cabale médiatique des occidentaux contre le Mali, le membre de la Commission défense du CNT dira que ceux qui soutiennent ces organisations terroristes à travers ces médias essayent de démoraliser les FAMa, de diviser la population et de décourager les Maliens pour leur plan funeste.
Se prononçant sur l’amalgame, Moussa Ag Acharatoumane soutient que le terrorisme n'a pas d'ethnie, ni de couleur, ni de communauté. Pour lui, un terroriste peut être issu de toutes les communautés. « Nous avons l'illustration parfaite dans le Sahel. En réalité, le terrorisme ne se nourrit que de la division et des amalgames », a-t-il souligné. Il reste convaincu que notre force réside dans notre capacité de mettre à côté toutes nos contradictions et rejeter avec la plus grande fermeté toute idée d'instrumentalisation de nom et de couleur.
En s'adressant aux différentes communautés vivant dans le Nord, Moussa Ag Acharatoumane a mis l'accent sur la dangerosité du terrorisme. « Il faut que l'on sache que la lutte contre le terrorisme n'est pas réservée uniquement aux FAMa qui font un travail extraordinaire », a-t-il dit. « Nous devons tous nous mobiliser comme un seul homme pour faire face à cette situation parce que le terrorisme que nous vivons n'est pas un terrorisme armé seulement », a indiqué le parlementaire.
D’après lui, aux problèmes dits militaires, il faut des solutions militaires, aux problèmes politiques, des solutions politiques et aux politiques communicationnelles, d'information, les mêmes réponses. Il donne comme recette aussi l'offensive diplomatique, communicationnelle et idéologique. Moussa Ag Acharatoumane exhorte à bannir l’amalgame. Il invite les populations à appeler les Forces de défense et de sécurité lorsqu’on arrête des individus car c’est à l’Etat de rendre justice.
Namory KOUYATE
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