Politique nationale de l’eau 2026-2035 : Sécuriser l’or bleu

Invité sur le plateau de l’ORTM, le directeur national de l’Hydraulique, Sékou Diarra, a présenté les ambitions de la nouvelle Politique nationale de l’eau. Entre accès universel à l’eau potable, protection des ressources et mobilisation des investissements, cette stratégie décennale veut répondre aux défis hydriques du pays

Publié jeudi 10 septembre 2026 à 08:59
Politique nationale de l’eau 2026-2035 : Sécuriser l’or bleu

Des enfants en joie après la mise en service d’un forage dans leur quartier

«L’eau est indispensable à la vie, au développement et à la stabilité des sociétés ». C’est autour de cette conviction que s’est articulé l’entretien accordé par le directeur national de l’Hydraulique, Sékou Diarra, à l’Office de radio et télévision du Mali (ORTM). Reçu sur le plateau de la chaîne nationale pour évoquer la nouvelle Politique nationale de l’eau 2026-2035, le responsable a détaillé les enjeux, les priorités et les ambitions de cette feuille de route adoptée récemment par le gouvernement.

Dans un contexte marqué par le changement climatique, la croissance démographique et l’augmentation des besoins des secteurs agricole, industriel et minier, la gestion de l’eau est devenue un enjeu stratégique pour le Mali. Pourtant, le pays dispose d’un potentiel considérable. Selon Sékou Diarra, le Mali possède une réserve en eau estimée à 2.700 milliards de mètres cubes, avec un potentiel de développement annuel d’environ 6 milliards de mètres cubes. « Il y a suffisamment d’eau pour tous les Maliens », a-t-il affirmé, précisant que le véritable défi ne réside pas dans la disponibilité de la ressource, mais dans sa mobilisation, sa protection et sa distribution équitable à l’ensemble des populations.

Car, malgré cette richesse naturelle, l’accès à l’eau potable reste encore une préoccupation dans plusieurs localités. Certaines communautés rurales continuent de faire face à des difficultés d’approvisionnement, tandis que les besoins augmentent dans les centres urbains. C’est pour répondre à ces défis que les autorités ont adopté la Politique nationale de l’eau 2026-2035, un cadre stratégique qui place l’accès universel à l’eau potable au cœur des priorités nationales. Pour le directeur national de l’Hydraulique, cette politique traduit une vision portée au plus haut niveau de l’État. Elle s’inscrit également dans l’esprit de la Constitution de 2023 qui consacre l’accès à l’eau potable comme un droit fondamental pour tous les Maliens. La nouvelle stratégie repose sur quatre grands programmes qui constituent les piliers de cette ambition. Le premier est le Programme national d’accès à l’eau potable (PNAEP). Il représente le volet le plus important de la politique puisqu’il concentre près de 90% des financements prévus. Son objectif est d’accélérer la réalisation des infrastructures hydrauliques sur l’ensemble du territoire national.

Selon Sékou Diarra, il ne s’agit plus seulement de multiplier les forages, mais de moderniser profondément l’hydraulique rurale.

INDISPENSABLE POUR PLUSIEURS USAGES- La nouvelle approche consiste à rapprocher davantage l’eau des populations en développant des adductions d’eau potable et des systèmes hydrauliques villageois améliorés. À terme, l’ambition est d’amener l’eau jusque dans les concessions, mais également dans les écoles et les centres de santé, afin d’améliorer durablement les conditions de vie des populations. Le deuxième programme concerne les aménagements hydrauliques. Le Mali dispose de plusieurs grands cours d’eau, notamment le fleuve Niger, le fleuve Sénégal et le Sourou, mais une partie importante de cette richesse est encore insuffisamment valorisée. Chaque année, une quantité considérable d’eau issue des pluies se perd faute d’ouvrages adaptés. La politique prévoit donc la réalisation d’infrastructures permettant de mieux retenir l’eau et de renforcer sa disponibilité tout au long de l’année. Barrages, petits barrages, ouvrages de stockage, protection des berges et réhabilitation des zones humides font partie des actions envisagées. L’objectif est de faire de l’eau un véritable moteur du développement agricole, pastoral et économique.

Le troisième pilier est consacré à la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Cette approche repose sur un principe simple : l’eau est une ressource unique qui doit répondre à plusieurs usages. Agriculture, élevage, pêche, industrie, mines et consommation humaine ont tous besoin de cette ressource.


L’enjeu est donc de trouver un équilibre entre les différents utilisateurs, afin d’éviter les conflits et préserver les réserves pour les générations futures. Dans ce cadre, le directeur national de l’Hydraulique a insisté sur la nécessité d’une meilleure organisation et d’une plus grande implication des acteurs locaux.

La protection des ressources constitue également une priorité. Les autorités entendent lutter contre les différentes formes de pollution, notamment celles liées à certaines activités comme l’orpaillage traditionnel et le dragage qui affectent plusieurs cours d’eau. La politique prévoit aussi une réforme du financement du secteur à travers notamment l’instauration de redevances liées à certains usages de l’eau. Les grands consommateurs, comme certaines industries et sociétés minières, pourraient ainsi contribuer davantage à la préservation de la ressource. Les fonds générés permettraient de financer des actions de protection, d’entretien et de gestion des crises.

 

BIEN-ÊTRE POUR TOUTES LES GÉNÉRATIONS- Le quatrième axe porte sur la gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement. Il vise à renforcer la coordination entre les différents intervenants, améliorer la transparence dans la gestion des projets et garantir une meilleure répartition des investissements entre les régions. Pour le directeur national de l’Hydraulique, la réussite de cette politique dépendra également de la capacité des acteurs à travailler ensemble. L’État, les collectivités, les communautés et les partenaires doivent conjuguer leurs efforts pour assurer une gestion durable de la ressource.

La question agricole occupe aussi une place importante dans cette stratégie. Premier secteur consommateur d’eau, l’agriculture représente environ 90 % des usages. Le défi sera donc de développer la production agricole tout en améliorant les techniques de gestion de l’eau, afin d’éviter le gaspillage et la dégradation des ressources.

Reste désormais le défi majeur du financement. La mise en œuvre de cette politique nécessitera d’importants investissements. L’État entend mobiliser ses ressources propres, mais aussi compter sur l’accompagnement des partenaires techniques et financiers ainsi que sur la contribution des différents acteurs économiques.

Au terme de cet entretien sur l’ORTM, une conviction se dégage : le Mali dispose d’un immense potentiel hydrique, mais son avenir dépendra de sa capacité à préserver et à mieux gérer cette richesse. À l’horizon 2035, l’ambition est de faire de l’eau non plus seulement une ressource disponible, mais un véritable facteur de progrès, de souveraineté et de bien-être pour toutes les générations. Car protéger l’eau aujourd’hui, c’est préparer le Mali de demain.

Mariam A. TRAORÉ

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Le projet vise à renforcer la participation socio-économique des personnes déplacées internes, des réfugiés et des communautés hôtes vulnérables, notamment à travers la formation professionnelle et l’appui à l’entrepreneuriat.

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Les artisans dédiés à cette tâche sont confrontés à des exigences souvent contraignantes dans l’exercice de leur profession. Pourtant, ils font partie intégrante de l’univers des métiers qui sont régulièrement sollicités.

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Affairées autour de leur commerce, des braves dames attirent la clientèle qui passe à motos, dans des véhicules ou à pied en leur proposant leurs produits; à savoir du poisson local frais toutes espèces confondues et tout format. Ce commerce, depuis belle lurette, est florissant et occupe une.

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