À l’ère où les données sont devenues une ressource stratégique, celui qui contrôle les infrastructures et les technologies contrôle aussi, en partie, le pouvoir. C’est le message fort qui s’est dégagé du Keynote consacré au thème : « Souveraineté numérique dans l’espace AES : stratégie et coopération régionale ». Animée par Ousmane Bamba, expert en droit des technologies de l’information et de la communication (TIC) et en régulation des télécommunications, la conférence a réuni des agents d’institutions, des professionnels du numérique, des développeurs et des étudiants venus de différents horizons. D’entrée de jeu, l’expert a placé le débat au cœur d’une réalité devenue incontournable : un État qui ne maîtrise ni ses données, ni ses infrastructures numériques, ni ses choix technologiques reste vulnérable aux influences extérieures.
Pour Ousmane Bamba, la souveraineté numérique désigne précisément la capacité d’un État à exercer un contrôle effectif sur ses infrastructures numériques, ses données et ses choix technologiques afin de préserver son indépendance dans le cyberespace. Il ne s’agit donc pas seulement de développer des outils numériques, mais de disposer de la capacité de décider, de produire, de protéger et de maîtriser son propre environnement technologique. Dans cette perspective, l’expert a présenté les grandes lignes d’un modèle de souveraineté numérique adapté à l’espace AES. Une communauté numérique sahélienne résiliente, a-t-il expliqué, « ne se décrète pas, elle s’édifie ». Cette construction doit reposer sur quatre piliers stratégiques et interdépendants : la souveraineté des infrastructures, la souveraineté des données, la souveraineté juridique et la souveraineté sécuritaire.
La première bataille est celle des infrastructures. Réseaux, centres de données, plateformes et équipements constituent l’ossature du système numérique. Sans une maîtrise suffisante de ces outils, les États restent dépendants de solutions conçues et contrôlées ailleurs. Vient ensuite la question particulièrement sensible des données. Données administratives, économiques, financières ou personnelles constituent aujourd’hui une véritable richesse stratégique. « La gestion des données est un moyen efficace de domination par le numérique », a averti Ousmane Bamba, soulignant l’urgence pour les États de mieux protéger et valoriser leurs propres données.
La souveraineté juridique doit, elle aussi, accompagner cette transformation afin que les États puissent disposer de règles adaptées à leur environnement numérique. Enfin, la dimension sécuritaire est devenue incontournable face à la multiplication des cybermenaces et aux risques qui pèsent sur les infrastructures critiques. Mais aucune ambition de souveraineté numérique ne peut être durable sans ressources humaines qualifiées. Pour l’expert, la formation du capital humain constitue la véritable base de cette indépendance. « Celui qui forme ces talents maîtrise son avenir », a-t-il martelé. Cette conviction traduit l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les États de l’AES : réduire leur dépendance aux compétences et aux solutions technologiques venues de l’extérieur. Il ne suffit plus de consommer le numérique. Il faut désormais être capable de le concevoir, de le développer, de l’adapter et de le sécuriser.
Ousmane Bamba a ainsi appelé à un investissement beaucoup plus important dans le secteur numérique, estimant que les États doivent progressivement sortir d’une logique de dépendance technologique. L’enjeu est d’autant plus important que les solutions importées ne répondent pas toujours aux réalités et aux besoins locaux. « Contrôler les infrastructures numériques, les données et avoir la possibilité de faire des choix technologiques qui nous reviennent, c’est cela la souveraineté numérique », a-t-il expliqué. À l’inverse, un pays qui ne possède pas cette capacité risque de voir ses choix technologiques déterminés par d’autres.
L’expert a également rappelé que la souveraineté numérique constitue désormais une ambition mondiale. Tous les États cherchent à renforcer leur autonomie technologique, mais tous ne disposent ni des mêmes moyens, ni des mêmes infrastructures, ni du même niveau de développement. Pour les pays de l’AES, l’enjeu consiste donc à définir une stratégie réaliste, fondée sur leurs propres besoins et leurs capacités, tout en renforçant la coopération régionale.
Au terme de la présentation, les participants ont salué la pertinence des échanges. Pour Bamoussa Koné, enseignant et développeur de logiciels, la question de l’indépendance numérique doit désormais être placée au cœur de toute ambition de souveraineté étatique. Le développeur estime que les professionnels locaux ont un rôle majeur à jouer dans cette bataille. « Qui parle de logiciel parle de souveraineté numérique », a-t-il souligné, plaidant pour une implication accrue des développeurs et des acteurs locaux dans la construction de solutions adaptées aux réalités des pays de l’AES.
Au-delà des discours, le défi est donc immense : produire localement, stocker localement, protéger localement et décider localement. Car dans un monde où les données sont devenues une nouvelle matière première et où la technologie influence désormais l’économie, la sécurité et même la capacité de décision des États, la souveraineté numérique n’est plus un luxe. Elle devient une condition de l’indépendance.
NFamoro KEITA
La salle de conférence du centre Jean Bosco de Sévaré a abrité le vendredi 24 juillet 2026 dernier, l’atelier régional de validation du plan de contingence multirisques 2026-2027 de la Région de Mopti..
À l’instar des autres régions du Mali, celle de Bandiagara a officiellement lancé, samedi 25 juillet, la 32è Campagne nationale de reboisement couplée à la 2è édition des Journées citoyennes autour du reboisement et de la lutte contre la dégradation des terres..
Les Forces armées maliennes (FAMa) poursuivent leurs actions de soutien aux populations vivant dans les zones confrontées à des difficultés d'approvisionnement..
Après deux jours de travaux, le séminaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à l’intention des journalistes économiques de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) s’est achevé sur une note de satisfaction. Les participants ont salué la qualité des éc.
La cérémonie d’ouverture de l’atelier régional d’information et de sensibilisation sur les réformes politiques, institutionnelles, administratives et territoriales a été présidée, samedi par le directeur de cabinet du gouverneur de la région, Bernard Coulibaly. C’était en présence.
Les femmes raffolent de perruques pour des raisons économiques et esthétiques. Les mèches brésiliennes qui ne sont pas forcement accessibles à la bourse de la Malienne moyenne sont les plus prisées.