Véhicules abandonnés et autres installations empiétant sur la chaussée ont été ciblés par cette première phase des opérations
La lutte contre l’occupation illicite du domaine public routier est entrée dans sa phase opérationnelle. Après plusieurs jours de sensibilisation, les autorités ont donné le coup d’envoi d’une campagne de dégagement des routes, à l’occasion du lancement de la 22è édition de la Semaine nationale de la sécurité routière. Objectifs : fluidifier la circulation, réduire les accidents et restaurer l’autorité de l’État sur les voies publiques.
La cérémonie, organisée au ministère des Transports et des Infrastructures, a été présidée par la ministre Dembélé Madina Sissoko, en présence du directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser), Ousmane Bah Maïga, ainsi que des représentants des services techniques et des collectivités.
Dans la foulée, des équipes mixtes regroupant l’Anaser, la Police nationale et la mairie du District de Bamako ont investi plusieurs axes de la capitale, notamment à Dar-Salam, N'Tomikorobougou et sur la route de Samé. Véhicules abandonnés, garages de fortune, kiosques, marchés spontanés et autres installations empiétant sur la chaussée ont été ciblés par cette première phase des opérations.
Selon les données de l’Anaser, le Mali a enregistré en 2025 pas moins de 7.691 accidents corporels, causant 648 décès et 8.863 blessés. Des chiffres qui illustrent l'ampleur du défi sécuritaire sur les routes. Pour le directeur général de l’Anaser, l’encombrement des voies publiques constitue aujourd’hui l’un des principaux obstacles à la fluidité du trafic. «Les routes sont obstruées par des véhicules abandonnés depuis des mois, parfois des années, mais aussi par des occupations illicites telles que les commerces, les garages improvisés ou les matériaux de construction», a-t-il constaté.
Ousmane Bah Maïga rappelle que les propriétaires des véhicules concernés avaient bénéficié d’une période d’environ dix jours pour retirer volontairement leurs engins, après l’apposition de sommations. Désormais, les autorités passent à l’action. Les véhicules encore en infraction seront systématiquement enlevés et conduits à la fourrière.
Tout au long de cette semaine, des opérations de sensibilisation, de contrôle, de sommation et de libération des emprises routières seront menées aussi bien dans le District de Bamako que dans les capitales régionales, avec l'appui des services des Transports, de la Police nationale et des collectivités territoriales.
La ministre des Transports et des Infrastructures a rappelé que, malgré le contexte sécuritaire marqué par les attaques terroristes ayant frappé le pays, la sécurité routière demeure une priorité nationale. Elle a insisté sur les lourdes conséquences des accidents de la circulation, qui affectent les familles, les entreprises, les services publics et peuvent même perturber l'approvisionnement du pays en produits essentiels.
Selon Dembélé Madina Sissoko, le comportement des usagers reste la première cause des accidents. L’incivisme, l’indiscipline et l’occupation anarchique des voies publiques traduisent un manque de respect des règles de circulation et mettent directement en danger la vie des citoyens.
La ministre a également souligné que l’occupation illégale du domaine public ne constitue pas seulement une entorse aux règles d’urbanisme. Elle représente une menace réelle pour la sécurité des usagers et compromet les investissements consentis par l’État en faveur de la mobilité et de la sécurité routière. Face à une situation devenue préoccupante, une intervention énergique s’imposait, a-t-elle estimé.
Les autorités rappellent enfin que la loi du 31 août 2023 régissant la circulation routière autorise la mise en fourrière des véhicules abandonnés sur la voie publique. Les frais d’enlèvement et de garde sont supportés par les propriétaires. Le texte prévoit également des sanctions pouvant aller jusqu’à six mois d’emprisonnement et 500.000 Fcfa d’amende contre toute personne entravant la libre circulation sur les voies publiques.
Babba COULIBALY
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