Le
Burkina Faso ne veut plus dépendre des importations pour nourrir sa population.
à l’occasion d’un panel de haut niveau organisé en marge de la 3è édition des
Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne
(JEPPC), les autorités du pays se sont réunies lors d’un panel autour du thème
: «Du champ au marché, produire et consommer burkinabè pour renforcer notre
souveraineté», pour dresser le bilan et ouvrir des perspectives d’une
transformation agricole. C’était le mardi 6 octobre 2026, à Ouagadougou.
Modéré
par le ministre d’état, ministre de l’Administration territoriale et de la
Mobilité, Émile Zerbo, ce cadre d’échanges a mis en lumière la complicité et la
collégialité de l’équipe gouvernementale.
Dans
sa communication inaugurale, Le ministre d’état, ministre de l’Agriculture, de
l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié a
rappelé qu’en 2022, le Burkina Faso faisait face à un taux d’insécurité
alimentaire touchant 19,8% de sa population, avec le sac de maïs qui se vendait
à plus de 30.000 Fcfa sur le marché. Il a révélé que l’état dépensait
annuellement 85,9 milliards Fcfa pour l’importation du riz et près de 62
milliards Fcfa pour le blé et ses dérivés.
Face
à ce qu’il a nommé de «paradoxe burkinabè», le ministre en charge de
l’agriculture a indiqué que le pays dispose d’un potentiel naturel
sous-exploité. «Neuf millions d’hectares de terres agricoles labourables, 233
500 hectares de terres irrigables et 500.000 hectares de bas-fonds
aménageables», a-t-il cité, entre autres. Le ministre d’état a confié que ce
sont ces chiffres qui ont provoqué le sursaut du capitaine Ibrahim Traoré qui a
donné l’ordre de mener une « offensive » pour inverser la tendance et restaurer
la dignité nationale. Il a rappelé que la barre des 7 millions de tonnes de
céréales produites a été franchie, permettant d’atteindre un taux de couverture
des besoins céréaliers de 124,6 %. Pour le riz paddy, la production s’est
élevée à 1.537.000 tonnes contre 426.000 tonnes en 2022, portée par
l’aménagement de près de 40.000 hectares de bas-fonds et 14.571 hectares de
périmètres irrigués.
En
ce qui concerne le maïs, la production a atteint 2.600.000 tonnes, dépassant
largement les objectifs initiaux, selon le ministre. La filière laitière, quant
à elle, a atteint une production nationale de 6.000 à 7.000 litres de lait par
jour, pour un objectif cible de 10.000 litres grâce à l’importation de vaches
performantes. Il a par ailleurs précisé que la priorité absolue pour la
deuxième phase de l’Offensive agro-pastorale est la maîtrise de l’eau tout au
long de l’année afin de sécuriser les récoltes face aux aléas de la
pluviométrie.
Quant
au Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, il a félicité le premier
responsable en charge de l’agriculture pour la tenue de ses engagements et la
rigueur de sa gestion. Il a rejeté les explications fatalistes de certaines
personnes qui attribuent la fragilité des récoltes à des causes métaphysiques.
« Nous le prenons comme un message de la nature pour nous dire qu’il faut
réagir et nous donner les pleines capacités d’être maîtres du destin du Burkina
Faso », a-t-il déclaré. Il a également averti qu’en cas de crise majeure,
chaque pays chercherait d’abord à satisfaire les besoins de sa propre
population. Le Burkina Faso pourrait alors avoir des difficultés à importer des
produits, même s’il dispose de moyens financiers, a-t-il expliqué. «Même avec
notre argent, nous n’aurons pas la possibilité d’aller chercher ailleurs »,
a-t-il laissé entendre.
Le
Premier ministre a invité tous les acteurs de la chaîne logistique, de
conservation, de transformation et d’emballage à faire de l’esthétique et de
l’excellence, la règle absolue. «Il faut que le patriotisme du consommateur
burkinabè rencontre la qualité des produits faits au Burkina », a-t-il émis
tout en assurant qu’aucun obstacle ne saurait freiner la marche de la
Révolution progressiste populaire (RPP).
Source: Sidwaya
Rédaction Lessor
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