RFI Afrique enfonce le clou : « Les journalistes désormais contraints de suivre une formation militaire ». Des titres accrocheurs. Un seul problème : ils ne correspondent pas à la réalité vécue sur le terrain.
Les faits, rien que les faits- Du 9 au 14 août 2026, 44 professionnels des médias issus de 44 rédactions nationales ont pris part à la première édition de l’Immersion patriotique des professionnels des médias, organisée à l’Académie de Police de Pabré, sous l’égide du ministère de la Sécurité en collaboration avec le ministère de la Communication.
Nous étions là. Info Mobile du Zondoma en faisait partie (https://www.infomobileduzandoma.net/2026/08/15/yaadga-medias-patriotisme-immersion-patriotique-des-professionnels-des-medias-2026-info-mobile-du-zondoma-repond-present/) .
Et pouvons témoigner avec clarté : cette participation était volontaire, contrairement à ce qu’affirment les médias impérialistes: « Plus de 40 journalistes burkinabè ont participé à une formation militaire au «patriotisme» pendant plusieurs jours près de Ouagadougou, une nouvelle obligation de la junte autoritaire au pouvoir dans ce pays confronté aux violences djihadistes.
Le régime militaire, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré depuis un coup d’État en 2022, qui dit mener une «révolution progressiste populaire», obligera désormais chaque année les médias publics et privés à participer à cette «immersion patriotique».
Les médias représentés se sont inscrits librement dans le cadre de cette initiative. Aucun journaliste n’a été contraint, aucune rédaction n’a été forcée. À l’issue de la formation, les participants ont reçu des attestations officielles de reconnaissance, une réalité que Le Figaro et RFI Afrique ont curieusement omis de mentionner.
Et la raison est très simple, ces médias n’y étaient pas. Ce sont des faits constitués dans un salon feutré de Paris sans un principe simple du journalisme, la collecte de l’information sur le terrain. Une désinformation qui révèle ses propres biais
Dans le cadre de la Révolution progressiste populaire, cette tentative de reframing de l’information pimenté par une dose néocoloniale, n’est ni nouvelle ni innocente.
Elle s’inscrit dans un schéma désormais bien connu : présenter systématiquement toute initiative des autorités burkinabè sous l’angle de la coercition, sans chercher à recueillir la parole de ceux qui ont vécu les événements.
Cette immersion n’avait rien d’une opération clandestine. Ses objectifs étaient clairs et assumés : renforcer la compréhension du contexte sécuritaire national, développer le sens du patriotisme, mieux connaître les réalités vécues par les forces engagées dans la défense du territoire, et responsabiliser les professionnels des médias face aux défis du terrorisme.
Il est légitime que des organisations de défense de la liberté de la presse posent des questions sur les rapports entre médias et pouvoir.
La liberté de la presse est un principe non négociable au Burkina Faso comme ailleurs.
Mais défendre la liberté de la presse ne peut pas signifier décrire des faits que l’on n’a pas vécus, au détriment de la parole de ceux qui y étaient.
Le journaliste burkinabè n’a pas besoin qu’on parle à sa place
Notre patriotisme ne nous retire pas notre plume. Notre immersion ne nous retire pas notre esprit critique. Et notre engagement aux côtés de notre peuple ne signifie nullement que nous avons renoncé à notre devoir d’informer.
Le journalisme, qu’il soit burkinabè, français ou international doit rester ce qu’il est : un métier fondé sur les faits, la vérification, le recoupement et la parole de ceux qui ont réellement vécu les événements.
À ceux qui veulent raconter notre histoire depuis leurs bureaux de Paris ou d’ailleurs, une chose simple peut être dite : » Laissez aussi les journalistes burkinabè raconter leur propre expérience. »
Nous sommes journalistes. Nous sommes Burkinabè. Et nous sommes suffisamment responsables et patriotes pour choisir nous-mêmes les combats auxquels nous décidons de participer.
La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons!
Info Mobile du Zondoma-Rédaction
Rédaction Lessor
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