Notre pays traverse actuellement une crise diplomatique. Les
autorités de la Transition en sont conscientes et s’emploient, depuis de longs
mois, déconstruire la mauvaise lecture de la situation du pays par la
Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Une mauvaise
lecture qui est d’ailleurs à la base des sanctions illégales, injustes et
inhumaines infligées à notre pays par l’organisation sous régionale et l’Union
économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). La posture de ces partenaires
nécessitait la promotion d’une diplomatie de crise pour expliquer la réalité
des faits et éviter que notre histoire ne soit racontée par les autres. Et
surtout défendre la dignité et la souveraineté du peuple malien.
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération
internationale, Abdoulaye Diop, est revenu, dimanche dernier à la faveur de
l’émission «Mali kura taasira», sur la stratégie diplomatique adoptée par notre
pays pour se faire entendre. Il a fallu exposer à la face du monde la relation
fonctionnelle entre la sécurité et le développement.
Le Mali a surtout procédé
à une prise de contact avec des pays amis comme le Maroc, la République
démocratique du Congo, l’Union africaine, l’Union européenne, les émirats
arabes unis. Une visite a été également effectuée dans certains pays voisins,
comme l’Algérie, la Mauritanie, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le
Sénégal et la Guinée.
Aussi, les positions maliennes ont été affirmées, clarifiées et défendues par notre diplomatie devant les Nations unies. Pour clarifier les positions du Mali sur des thèmes majeurs de sa situation politique, des discours ont été faits cette année aux sessions du Conseil de sécurité des nations unies par le chef du département des Affaires étrangères ou par notre ambassadeur auprès des Nations unies. L’occasion a été mise à profit pour réaffirmer notre demande d’un mandat robuste pour la Minusma et répondre de façon vigoureuse à des accusations non fondées sur les Forces armées maliennes (FAMa) suite aux évènements de Moura.
NOUVELLE IMPULSION- S’agissant de la levée des sanctions
infligées à notre pays, le ministre Diop a expliqué que le président de la
République du Togo, Faure Gnassingbé, a été sollicité afin d’apporter une
nouvelle impulsion aux pourparlers avec la Cedeao. «Aujourd’hui, nous sommes
plus proche d’une solution que nous ne l’avons jamais été», a dit Abdoulaye
Diop. Et d’ajouter qu’une solution est toujours possible mais pas à n’importe
quel prix.
Désormais, rien ne se fera sur le dos de notre pays, a-t-il martelé.
Les choses vont bien, c’est juste la
question de la durée de la Transition qui demeure. La Cedeao planche sur 16 à
18 mois, alors que la partie malienne tient à 24 mois, a détaillé le ministre
Diop.
L’effort diplomatique a permis d’engranger des résultats
significatifs avec une meilleure compréhension de la situation et des positions
du Mali par la majorité des partenaires. Le chef de la diplomatie malienne
rappelle le soutien favorable de plusieurs pays africains à la levée des
sanctions illégales et illégitimes des organisations sus mentionnées. Et
surtout le soutien et la mobilisation de certains pays frontaliers (Guinée,
Mauritanie et Algérie) qui ont également refusé d’appliquer lesdites sanctions
en maintenant leurs frontières ouvertes avec le Mali.
Ce, en vue de permettre
l’approvisionnement régulier et permanent du pays. Grâce à sa diplomatie
éclairée, notre pays a pu obtenir le soutien de pays amis (Chine et Russie à
l’Onu, l’Algérie, l’éthiopie, le Rwanda à l’Union africaine). Ces soutiens
historiques ont abouti à faire échec aux différentes actions d’isolements
politiques et économiques du Mali au niveau international.
Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères note la
diversification et le renforcement du partenariat stratégique, particulièrement
dans les domaines de la sécurité et la défense (Russie, Chine, Turquie). Les
actions diplomatiques ont également contribué à la mise en place des groupes de
travail de haut niveau technique et politique et de rapprocher les positions
entre notre pays et la Cedeao.
Abdoulaye Diop annonce que la dynamique amorcée
à travers la diversification des partenariats pour trouver une solution durable
à la crise multidimensionnelle va se poursuivre. Sur la base des priorités du
pays, à savoir la sécurité, les réformes politiques et institutionnelles et les
élections.
Oumar DIAKITE
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