Alousséni Sanou dans Mali Kura Taasira 3 : «Les indicateurs de croissance sont au vert»

Cette assurance a été donnée par le ministre de l’Économie et des Finances lors de son passage dans le programme Mali Kura Taasira 3

Publié lundi 02 juin 2025 à 07:29
Alousséni Sanou dans Mali Kura Taasira 3 : «Les indicateurs de croissance sont au vert»

Tribune d’expression des membres du gouvernement, la 3è édition de l’émission Mali Kura Taasira, qui vise à informer les citoyens sur les grandes réformes en cours et à venir dans chaque département ministériel, a reçu comme invité de la presse nationale, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou.

Pendant une heure d’échanges francs, le ministre Sanou n’a esquivé aucune question. Il a évoqué les principales réformes entreprises au sein de son département ainsi que les projets en cours. Dès l’entame de ses propos, il a affirmé que l’économie malienne se porte bien et que tous les indicateurs sont orientés dans une tendance positive. Selon lui, le Mali est actuellement dans une situation économique assez confortable. «Le taux de croissance, qui est un indicateur important mesurant la création de richesses d’année en année, était en récession il y a peu. Nous étions à moins de 1,2 %. En 2024, il est de 5%, et nous attendons 6% en 2025. La tendance est régulièrement à la hausse», a-t-il déclaré.

Le ministre chargé de l’Économie a également souligné que le Mali affichait l’un des meilleurs taux d’inflation de la sous-région, avec un taux de 3,2% en 2024. Il a rappelé qu’en 2022, en pleine crise russo-ukrainienne, ce taux avait grimpé à 9,7% en raison de la flambée des prix des denrées. «Nous avons réduit l’inflation à 5% en 2023, puis à 3,5% en 2024. Nous attendons 3,2% en 2025», a-t-il précisé. Un autre indicateur en nette amélioration, selon Alousséni Sanou, est le taux de chômage.

 «Il est passé de 6,5% en 2020 à 3,5 % aujourd’hui, alors qu’il est en moyenne à 6,7% dans la sous-région», a-t-il indiqué. Concernant le déficit budgétaire, il a affirmé que le Mali est parvenu à le ramener à 2,6% en 2025, respectant ainsi les critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), qui exigent un plafond de 3%.

Dans un contexte de réduction de l’aide budgétaire extérieure, le patron des Finances publiques a salué la capacité du Mali à mobiliser des ressources sur le marché régional. «Depuis 2020, le Mali n’a pas eu plus de 5% d’appui budgétaire. Pourtant, nos émissions sur le marché régional sont couvertes à plus de 120%, avec des taux parmi les plus bas de la sous-région», a-t-il souligné.

Le ministre Sanou a également évoqué les discussions avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) à Washington, où, selon lui, les principes du Mali sont désormais mieux compris et respectés. «Et nous sommes en train de signer beaucoup d’accords aujourd’hui. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui le Mali est vraiment un pays qui a su bien naviguer en se faisant respecter et tout en restant dans le concert des nations», a-t-il insisté.

 

relance d’entreprises- En ce qui concerne la relance économique, Alousséni Sanou a mis l’accent sur le soutien apporté à la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), qui avait beaucoup de difficultés en 2020. «Il a fallu nommer un mandataire judiciaire. Nous avons également payé les 69 milliards de Fcfa d’impôts de la filière», a-t-il précisé, ajoutant que 70 milliards de Fcfa ont été mobilisés en décembre dernier, en plus de 20 milliards de Fcfa de subventions. «En décembre dernier, l’État a injecté 90 milliards de Fcfa dans la filière coton pour soutenir sa contribution à la croissance nationale», a-t-il confié.

L’invité du jour a aussi cité la relance d’entreprises comme la Compagnie malienne des textiles (Comatex) et l’Usine malienne des produits pharmaceutiques (UMPP). «Pour Comatex, nous avons déjà injecté 796 millions Fcfa, et une deuxième tranche d’un milliard est en cours de négociation. L’UMPP, la première tranche, c’était 1,253 milliard de Fcfa qu’on a payé l’année dernière pour la relance, et une deuxième phase est prévue cette année. Nous sommes en train de négocier pour l’extension et pour que l’UMPP puisse produire localement les 14 produits qui font partie de l’Assistance maladie obligatoire», a expliqué le patron de l’hôtel des Finances.

Concernant le Fonds de garantie pour le secteur privé, le ministre chargé de l’Économie a indiqué qu’il est passé de 20 à 28 milliards Fcfa, ce qui a permis de générer plus de 150 milliards de crédit et créer 17.000 emplois. Le programme Pafeem, financé par la Banque mondiale, a aussi permis de financer de nombreuses ONG et micro-entreprises dans le centre du pays, créant 17.286 emplois. Il a également annoncé un contrat de trois ans avec les cimenteries, occasionnant un manque à gagner de 75 milliards Fcfa pour l’État. Quant à l’EDM, la subvention de l’État s’est élevée à 461 milliards Fcfa entre 2021 et 2024. «L’année dernière, on a subventionné plus de 55 milliards de Fcfa. Cette année, ça va être 60 milliards. En 2023, c’était plus de 100 milliards de Fcfa», a-t-il détaillé.

Sur le plan fiscal, le ministre Alousséni Sanou a expliqué que les produits de première nécessité bénéficient de réductions sur la base taxable à l’importation (blé, farine, huile, graines de coton), afin de contrôler l’inflation et protéger le pouvoir d’achat. Ces mesures ont permis d’entreprendre de nombreuses réformes, notamment la relecture des six grands codes : douanes, impôts, mines, investissements, domaine et foncier. Il a aussi cité les réformes judiciaires (création de pôles économiques, relecture du code pénal, lutte contre le blanchiment). Et dans le cadre de la digitalisation de l’administration, il a indiqué que les recettes sur certains axes sont passées de 826 millions à 1,21 milliard de Fcfa, soit une hausse de 46,6%.

 

62.630 milliards de Fcfa pour Mali Kura taasira- Avec le nouveau code minier entré en vigueur en 2024, selon lui, les recettes issues des sept principales sociétés minières sont passées de 235,5 à 767,4 milliards de Fcfa, soit un gain de 531,9 milliards de Fcfa. Concernant la mine de Goulamina, il a précisé que l’État a acquis 35% des parts pour 20 milliards de Fcfa. Une première exportation de 85.000 tonnes a déjà été effectuée. Il a estimé que les retombées vont vraiment permettre à l’État du Mali d’engranger des ressources très importantes. En outre, l’invité a aussi justifié le prélèvement de 10% sur les appels téléphoniques et de 1% sur le mobile money comme une contribution de solidarité. «Nous avons consulté les associations de consommateurs avant l’adoption. Les fonds sont gérés par un comité de pilotage présidé par le secrétaire général de la Présidence», a-t-il affirmé.

Le ministre chargé des Finances a rassuré que le Trésor public est suffisamment liquide pour assurer les dépenses régaliennes de l’État, dont le paiement des salaires et le remboursement de la dette. Et s’agissant du plan d’action du gouvernement, chiffré à 1.671 milliards de Fcfa, il a estimé qu’il est tenable. «Comparé à un budget de plus de 3.000 milliards de Fcfa, avec 2.550 milliards de recettes, nous sommes en mesure de réaliser les objectifs du PAG», a-t-il confié.

Par ailleurs, il a révélé que «Mali Kura taasira ka ben san 2063 ma» (le Mali nouveau vers 2063) portée par le Président de la Transition, vise une croissance annuelle de 10% sur dix ans, appuyée sur les recommandations des Assises de la refondation, les potentialités du pays ainsi qu’un nouveau code minier générateur de financements. Des objectifs chiffrés ont été fixés dans les secteurs clés, comme les infrastructures, l’énergie ou les transports. Le coût total de la vision est estimé à 62.630 milliards de Fcfa, dont seulement 10% seront recherchés auprès des bailleurs. 

En conclusion, le patron de l’Hôtel des Finances a rassuré les Maliens sur la bonne santé de l’économique du pays, affirmant que les indicateurs sont au vert et en constante amélioration, tant sur le plan historique que comparé aux autres pays de la sous-région. 
Il a souligné que le Mali est aujourd’hui attractif grâce à l’engagement des citoyens qui ont soutenu leur gouvernement et leur Président. Alousséni Sanou a remercié la population pour ce soutien et a appelé à continuer dans cette dynamique pour renforcer la place du Mali dans la sous-région.


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Taux de chômage au Mali : Pas de polémique et attention à la manipulation !

Il est tout d’abord salutaire de constater l’intérêt que les citoyens accordent à l’émission «Mali Kura Taasira», un exercice de redevabilité auquel sont soumis l’ensemble des membres du gouvernement pour informer et expliquer aux Maliens et aux partenaires du Mali, les mesures, décisions et actions du gouvernement.

Ainsi, lors de son entretien diffusé samedi soir, le ministre de l’Économie et des Finances a révélé plusieurs chiffres pour soutenir ses propos sur les efforts consentis par le gouvernement dans divers domaines. Dans le dessein de détourner l’opinion de l’essentiel des annonces faites par le ministre Sanou, des personnes mal intentionnées ont très vite tenté de jeter l’opprobre sur le chiffre relatif au taux de chômage.

Pas de polémique, ce chiffre est purement technique et officiel, vérifiable auprès de l’Institut national de la statistique (Instat) et du Bureau international du travail (BIT).

Que faut-il retenir de l’explication du ministre ? Il est essentiel d’analyser le faible taux de chômage au Mali en tenant compte des spécificités structurelles de son économie et de sa méthodologie de mesure. Le chiffre de 3,5% en 2024 (données de l’Institut national de la statistique- Instat) est effectivement bas, et son explication réside principalement dans le reflet d’une économie dominée par le secteur informel et l’agriculture de subsistance, qui absorbent une grande partie de la main-d’œuvre, même si les emplois générés sont souvent précaires et peu rémunérés. Il est crucial de ne pas confondre ce faible taux avec une situation de plein emploi ou de travail décent pour tous.


Le défi pour le Mali n’est pas tant de réduire le chômage tel que mesuré, mais d’améliorer la qualité et la productivité des emplois existants, de développer le secteur formel et de créer des opportunités pour une jeunesse en croissance. En clair, dans un contexte de forte informalité (secteur informel), beaucoup de personnes qui travaillent dans des conditions précaires ou qui sont sous employées ne se déclarent pas comme «activement à la recherche d’emploi» car elles ont déjà une activité, même insuffisante ou ont perdu espoir de trouver un emploi formel. Elles ne sont donc pas comptabilisées comme chômeurs.


MEF/INSTAT

Amadou GUEGUERE

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