Des patients en attente de consultation médicale
Ils
sont éminemment utiles à la communauté, notamment dans la prise en charge des
maladies. Ils ont pris l’engagement (serment d’Hippocrate) d’être fidèles à
l’éthique et la déontologie dans l’exercice de leur profession qui, soit dit en
passant, est un sacerdoce. Ils se sont les médecins. Malheureusement, certains
d’entre eux ont des comportements qui jurent avec cet engagement.
Ceux-ci,
habités par le démon du gain, semblent se faire une spécialité d’envoyer les
malades et autres usagers des établissements publics de soins (hôpitaux et centres
de santé de référence) vers les structures privées pour des analyses
biomédicales ou de radiographie. La formule consacrée est : «Les résultats des
analyses ou des radios de telle structure sont plus fiables que ceux des
établissements publics». Qu’est-ce qui explique ce phénomène ? Pourquoi
ces pratiques cupides continuent-elles de perdurer ?
Abdoul Karim Sangaré, chauffeur de son état, a du mal à comprendre les raisons qui poussent des médecins à orienter systématiquement les patients vers les structures privées qui utilisent très souvent les mêmes compétences que les établissements publics. Il explique avoir vécu au moins deux fois cette situation au Csref de Kalabancoro. Et d’ajouter que cette pratique incongrue n’a aucune explication claire dans la prise en charge d’une pathologie. Elle impose des surcoûts aux malades et leurs familles. Or, il est admis par tous que pour faire face au coût du traitement de certaines maladies dans notre pays, le Malien moyen est contraint très souvent de battre le rappel de la parentèle.
PROPENSION-
Comme Abdoul Karim Sangaré, d’autres aussi s’interrogent et veulent comprendre
pourquoi pour même un simple examen d’échographie dans un Centre de santé de
référence (Csref), certains praticiens ont la propension d’envoyer les patients
dans les structures privées. L’esprit mercantiliste n’est pas loin. Un
comportement inadmissible car les médecins sont des professionnels qui
travaillent sur une matière extrêmement sensible : l’humain.
Un
doctorant sous le couvert de l’anonymat explique que la pratique jure avec
l’éthique et la déontologie de la médecine. Bien sûr il condamne la pratique,
mais tente d’y trouve une explication. Pour lui, c’est généralement une
pratique du personnel qui n’est pas recruté, autrement des bénévoles qui
officient dans les structures de soins.
Beaucoup de malades et usagers des
établissements publics ne sont pas d’accord avec ce point de vue et estiment
c’est bien «une problématique réelle et généralisée». Pour eux, le médecin qui
s’adonne à cette pratique le fait simplement à cause de l’appât du gain. Les
usagers des établissements de santé en appellent à la réaction vigoureuse des
autorités compétentes et de tous ceux qui ont un pouvoir de décision au niveau
des Centres hospitalo-universitaires (CHU) et autres établissements
hospitaliers.
Aujourd’hui,
les malades se bousculent aux portillons de certaines structures privées sur
recommandation des médecins, habités par l’appât du gain. Ces médecins trompent
les malades et autres usagers sur la qualité de l’arsenal de diagnostic des
établissements publics. Malheureusement les pannes récurrentes de certains
équipements de pointe comme le scanner ou l’imagerie par résonance magnétique
(IRM), y contribuent aussi.
Notre doctorant reconnaît que dans certains cas, le médecin requiert un examen comparatif entre les résultats de deux structures pour s’orienter dans son protocole thérapeutique. à l’en croire, certains examens médicaux ne sont pas faisables dans les services publics. Il parle aussi de l’insuffisance de compétences dans certains domaines.
Les
ristournes- Un spécialiste en cardiologie qui consulte dans une clinique privée
à Kalabancoro explique clairement que son établissement accorde des ristournes
aux médecins qui lui envoient des malades pour faire leurs examens. Il pousse
l’analyse plus loin et parle même de collaborateurs. Et de dire que ceux-ci
bénéficient parfois d’autres avantages en nature à l’occasion des fêtes par
exemple. Il soutient que les médecins des structures publiques méritent plus en
matière de rémunération. Pour gagner plus, certains s’engagent dans la
collaboration avec les établissements privés.
Vêtu
d’une veste bleue, la barbe touffue, le médecin chef du district sanitaire de
la Commune IV de Bamako, Dr Abdoul Razak Dicko, ne passe pas par quatre chemins
pour dénoncer la pratique. Il reconnait que le secteur de la santé compte des
brebis galeuses à extirper des rangs par tous les moyens. Il fustige le
phénomène qui nuit gravement à notre système de santé. Il rappelle que le système
de santé a été conçu pour rendre plus accessibles les services de soins aux
populations.
Ce
spécialiste en santé publique estime que la pratique engendre une baisse de
recettes au niveau des structures publiques et crée des difficultés de
fonctionnement. Elle contribue aussi à la paupérisation des usagers. Le patron
du district sanitaire de la Commune IV nourrit la conviction que les agents de
santé qui orientent les patients vers les établissements privés reçoivent des
ristournes au prorata des malades envoyés. Il explique avoir eu à sanctionner
un agent qui s’était rendu coupable d’une telle pratique au détriment de
l’intérêt de sa structure. Selon lui, ce business permet aux structures privées
de faire des recettes.
Notre
interlocuteur explique clairement que les médecins peuvent demander aux
patients d’aller faire les analyses ou les examens dans le privé lorsqu’un
appareil connaît une panne technique ou si la structure n’est pas en mesure de
réaliser le travail, faute d’équipement ou de compétences. Dr Dicko invite le
personnel de santé au respect du serment d’Hippocrate, en intégrant la notion
de sacerdoce de la médecine. Il conseille aux malades et autres usagers de
dénoncer ces actes.
Pour sa
part, le médecin chef du district sanitaire du Cercle de Kati, Dr Issa Guindo,
explique que ces pratiques peu orthodoxes se passent à l’insu des gestionnaires
des établissements publics. Il assure que chaque fois qu’il a été informé d’une
pareille situation, il a sévi par des sanctions disciplinaires. Il assure que
dans son établissement l’échographie est faisable 24/24 par une équipe
professionnelle et des appareils de dernière génération.
Ceux
qui s’adonnent à cette pratique ne pensent pas aux malades mais plutôt à
l’argent, déplore le médecin. Il faut mettre le holà à ces pratiques au regard
des efforts accomplis par les autorités de la Transition pour rendre plus
performants les hôpitaux et autres structures publiques de soins de santé,
plaide-t-il.
Notre interlocuteur souligne que le 8 septembre dernier, les responsables des administrations hospitalières ont signé avec le ministère de la Santé et du Développement social des contrats de performance. Ces contrats ont été initiés pour améliorer le fonctionnement des hôpitaux publics de 2è et 3è références et renforcer la qualité des soins de santé au bénéfice des populations.
Mohamed DIAWARA
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