#Mali : Assaïta Sall : La promesse du meilleur pour l’agroéconomie

Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître. Ainsi, on pourrait qualifier la réussite exceptionnelle de la première expérience de la fondatrice de la start-up «Kodol», Assaïta Sall, à la Semaine du numérique.

Publié jeudi 04 juillet 2024 à 14:54
#Mali : Assaïta Sall : La promesse du meilleur pour l’agroéconomie

En tout cas au regard de l’innovation proposée par la start-up, les observateurs n’auront aucun mal à conclure simplement à une promesse pour le futur de l’agroéconomie dans notre pays. Tant la jeune dame reflète le visage de l’impérieuse évolution dans le domaine de l’agroéconomie.

Sa solution innovante, faite d’un collier intelligent, a accaparé l’attention du jury lors du rendez-vous du numérique, initié par le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration. «Son invention» fonctionne à l’aide de piles.

L’appareil, équipé de capteur, détecte les anomalies qui tuent les animaux. Kodol permet aussi de mesurer la température, le battement cardiaque et le nombre de pas de l’animal pendant la journée. Dès que le collier détecte des anomalies ou que la bête a passé la journée allongée et n’a pas mangé, explique sa créatrice, il le signale à l’éleveur dans la langue qu’il parle.

La jeune agroéconomiste précise que chaque collier est connecté à une application. «Pour ceux qui n’ont pas un téléphone androïde, on a pensé au système de message robotisé. Dans ce cas, l’alerte est fait sous forme d’appel», renchérit-elle. Le bonheur ne vient pas seul. Kodol a également reçu le prix de l’entrepreneuriat féminin. Il y a un mois, ce collier innovant remportait le premier prix dans la catégorie impact à Marrakech à la première édition des «African chiefs  information officer (CIO) awards», en français «Récompense des dirigeants africains responsables de la gestion des technologies de l’information».

La sortante de l’Université de Ségou souhaite que l’État ou des partenaires subventionnent le collier pour le vulgariser à grande échelle. Cela permettra à nombre d’éleveurs de l’utiliser pour réduire considérablement les pertes de bétail. Selon Assaïta Sall, ce fléau fait perdre 30% à 40% du bétail des éleveurs chaque année.

Elle explique que le choix dans ce domaine relève simplement d’une passion nourrie depuis l’enfance. Quant à l’idée de créer cette solution innovante, elle a pris corps  à partir de 2020, après les études universitaires. «J’étais fréquemment sur le terrain avec des éleveurs et des agriculteurs. J’ai remarqué que des bétails mourraient régulièrement lors de nos visites. Quand je leur ai demandé les raisons de ces pertes, ils ont dit que ces animaux souffrent de maladies qu’ils n’ont pas la possibilité de détecter à l’œil nu», se souvient encore cette brillante intelligence.

Celle qui aime repousser ses limites face à l’adversité et au défi, balaie d’un revers de la main les stéréotypes dont les femmes sont victimes. «Des gens ne nous font pas confiance parce qu’on est une femme. Face à cela, je ne me suis pas découragée. Je voulais leur montrer que je ne vais pas laisser tomber aussi facilement», assure-t-elle, avant de saluer la bonne collaboration avec ses partenaires.  La lauréate de la Semaine du numérique ambitionne de mettre son produit à la disposition des éleveurs de notre pays et du monde en vue de créer une entreprise. Cela pour offrir beaucoup d’emplois aux jeunes.

La jeune startupeuse a évolué dans plusieurs domaines d’activités notamment l’analyse économique des filières agricoles, l’évaluation des politiques agricoles, la planification et gestion de projets agricoles, le développement rural et la sécurité alimentaire. Y compris le conseil et la formation en agroéconomie. La championne de l’édition 2024 de la Semaine du numérique  continue de forger son destin à la force de son mental d’acier, de son génie créateur. Elle a su trouver sa voie  et offre ses services à plusieurs structures, notamment le Conseil et appui pour l’éducation à la base (CAEB), l’Institut d’économie  rurale (IER), la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), le  service m-Agri  d’Orange Mali.

Comme il n’est pas très souvent intéressant de parler de soi, nous avons voulu recueillir l’avis de Fatoumata Sarr, une amie de la lauréate,  pour nous parler du caractère admirable d’Assaïta Sall.  Elle résume la personnalité de la créatrice de Kodol à la détermination à se battre pour relever les défis. «C’est une personne de bien, généreuse et engagée avec la conviction de réussir», conclue-t-elle.

Mohamed DIAWARA

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Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

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Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

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