Dans le sillage de ces «grands maîtres», des pépites comme Dr Aminatou Koné se sont engagées à hisser plus haut le flambeau. Celle qui a commencé à bâtir sa carrière à partir de 2002 est maître de conférences en biologie moléculaire à la Faculté de pharmacie (Faph) et chercheure au Centre de recherche sur les microbes et les parasites (PMRTC).
La native de Bamako a choisi de travailler sur le paludisme par pur hasard. «Au cours d’un stage, j’ai rencontré une dame en France. Elle m’a mise en contact avec feu Pr Ogobara Doumbo», se souvient-elle. De retour au bercail, elle décide de rencontrer celui-ci qui lui ouvre les portes du MRTC (actuel PMRTC), un centre de recherche sur le paludisme.
Dès lors, elle commence à développer de la passion pour la recherche en utilisant les outils de biologie moléculaire. Sa persévérance finira par payer et notre chercheure est auréolée d’une riche expérience dont on peut s’enorgueillir. Au nombre de ses travaux, on relève des enquêtes sur les différentes molécules utilisées pour traiter le paludisme, des projets de recherches dans notre pays et en collaboration avec des chercheurs américains, européens et suédois.
Cela pour produire des données visant à améliorer les différents protocoles de traitement au Mali en utilisant des médicaments de plus en plus efficaces et en faisant des enquêtes sur le développement de résistance sur ces thérapies en collaboration étroite avec le Programme de lutte contre le paludisme (PNLP).
Ces prouesses ont été réalisées en dépit d’obstacles majeurs. L’enseignante chercheure de la Faph cite le défi de mener la recherche dans un pays en voie de développement. «Nous avons peu d’accès aux dernières technologies de pointe», avoue-t-elle, invitant les femmes à croire en leurs propres capacités et à se donner les moyens pour relever les défis. La biologiste dit avoir bénéficié de l’accompagnement et de la rigueur morale de ses parents.
Le parcours académique de Dr Aminatou Koné est exemplaire. Après ses études secondaires au lycée Notre Dame du Niger, elle a accroché plusieurs diplômes supérieurs à son arc. Maîtrise en Sciences biologiques en 2000 à la Fast puis en biologie cellulaire à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar et un DEA de biologie animale à l’Université Blaise Pascal en France. Elle couronne le tout avec un doctorat de troisième cycle en sciences médicales, obtenu en Suède.
Mohamed DIAWARA
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