Une vue des responsables des services techniques concernés lors de la conférence de presse
Après l’effondrement d’un immeuble R+4 à Sogoniko en Commune VI du District de Bamako qui a coûté la vie à cinq personnes et fait une vingtaine de blessés il y a presque deux mois, les autorités tentent de rassurer. Entre enquête en cours et mesures d’urgence, la question du respect des normes de construction revient au cœur du débat. Face à la gravité de la situation, le directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, Mahamadou Ouologuem, est monté au créneau, mercredi 6 mai, lors d’une conférence de presse, pour éclairer l’opinion et annoncer des mesures destinées à prévenir de nouveaux drames.
Quelques minutes après l’effondrement de l’immeuble de Sogoniko, les services de secours et de sécurité ont été mobilisés pour porter assistance aux victimes. Malgré cette intervention rapide, le bilan est lourd : cinq morts et une vingtaine de blessés. Un drame qui, selon le directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, rappelle avec acuité que la sécurité des constructions doit être une exigence absolue. Pour faire toute la lumière sur les circonstances de cet accident, une commission d’enquête indépendante a été mise en place.
Pour le conférencier, les investigations se poursuivent et, à ce stade, aucune hypothèse n’est écartée. «Qu’il s’agisse de défaillances techniques, du non-respect des normes ou de manquements dans la chaîne de contrôle, toutes les pistes sont examinées», a précisé Mahamadou Ouologuem. Il a également tenu à rappeler que le Mali dispose de textes clairs encadrant les études de sol, les procédures techniques, la délivrance des permis de construire et le suivi des chantiers. «Leur respect n’est pas facultatif, mais une obligation légale», a-t-il insisté.
Au-delà de l’enquête, les autorités annoncent une série de mesures fortes : renforcement immédiat des contrôles sur les chantiers, lancement d’une opération nationale d’identification des bâtiments à risque, réforme du système de délivrance des permis de construire pour plus de rigueur, et intensification de la sensibilisation des acteurs du secteur. « Construire est un acte technique, mais aussi un acte de responsabilité. Chaque négligence peut avoir des conséquences humaines irréversibles», a averti le directeur. Même son de cloche du côté des professionnels.
Le président de l’Ordre des architectes du Mali, Hassoum Dicko, reconnaît que les normes existent et sont suffisamment complètes. Le véritable problème, selon lui, réside dans leur application. «Trop souvent, des maîtres d’ouvrage obtiennent un permis de construire, puis écartent les architectes et ingénieurs du suivi des travaux. Or, les services d’urbanisme ne peuvent contrôler chaque chantier individuellement», a-t-il déploré, rappelant le rôle clé des ordres professionnels dans ce dispositif.
Au-delà du choc, ce drame met en lumière les failles d’un système où les règles sont connues, mais encore trop peu respectées. Et pose une question centrale : celle de la responsabilité collective face à la sécurité urbaine.
Fatoumata KAMISSOKO
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