Le
ministre Alousséni Sanou (c) a appelé à une gestion plus rigoureuse des
ressources
Le
défi est désormais de traduire la richesse du sous-sol malien en améliorations
concrètes dans le quotidien des populations. Réuni hier au ministère de
l’Économie et des Finances, le Comité national de suivi du Fonds minier de
développement local (FMDL) a examiné et validé les projets d’investissement
soumis par les comités régionaux. Une étape décisive dans l’opérationnalisation
de ce mécanisme destiné à faire des revenus miniers un véritable levier de
développement des territoires.
Les
travaux étaient présidés par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des
Finances, Alousséni Sanou, en présence du ministre de l’Administration
territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le
Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly et du ministre des Mines, Pr Amadou
Keïta. Cette deuxième session ordinaire intervient après celle du 2 mars 2026
au cours de laquelle le Comité avait validé la situation des ressources mobilisées
au titre de l’exercice 2025, pour un montant de 18,435 milliards de Fcfa, ainsi
que sa répartition entre les collectivités territoriales. Avec l’examen des
projets soumis par les régions, le Fonds entre désormais dans sa phase la plus
attendue : celle des réalisations sur le terrain.
Pour
Alousséni Sanou, il s’agit d’un tournant majeur. «Nous franchissons une
nouvelle étape : celle du passage de la répartition des ressources à la
validation des projets structurants destinés à répondre aux besoins prioritaires
de nos populations», a-t-il déclaré. Le ministre d’État a insisté sur la
nécessité de faire en sorte que les ressources issues de l’exploitation minière
se traduisent par des réalisations « concrètes, visibles et durables » dans les
communes bénéficiaires. L’ambition affichée est claire : faire du potentiel
minier un moteur de développement local. Les retombées de l’exploitation des
ressources naturelles ne doivent pas être appréciées uniquement à travers les
volumes de production ou les recettes versées au budget national. Elles doivent
également se mesurer à travers les écoles construites, les centres de santé
réalisés, l’accès à l’eau potable et à l’électricité, les infrastructures
économiques et les opportunités créées pour les jeunes et les femmes. Institué
dans le cadre de la réforme du secteur minier, le FMDL repose sur une
gouvernance encadrée. Selon le décret n°2025-0179/PT-RM du 11 mars 2025, le
Comité national de suivi est chargé notamment de définir les orientations
stratégiques du Fonds, d’approuver les budgets et les projets structurants
proposés par les comités régionaux, mais aussi de veiller à leur bonne
exécution.
Pour
garantir l’impact attendu, le ministre d’État a appelé à une gestion rigoureuse
des ressources, fondée sur la transparence, une sélection objective des projets
et un suivi régulier de leur mise en œuvre. Car derrière les montants
mobilisés, se trouvent les attentes des communautés qui espèrent voir les
richesses minières contribuer davantage à leur développement. Le ministre de
l’Administration territoriale et de la Décentralisation a précisé que les
projets retenus répondent directement aux besoins exprimés par les communes.
Selon le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, chaque collectivité a
identifié ses priorités en fonction des ressources qui lui ont été attribuées.
Les
investissements concernent notamment la réalisation de forages pour améliorer
l’accès à l’eau, la construction de salles de classes, l’équipement des centres
de santé ou encore la fabrication de tables-bancs pour les établissements
scolaires. Ces choix traduisent une volonté d’orienter les ressources minières
vers des secteurs ayant un impact direct sur les conditions de vie des
populations.
À travers le FMDL, l’enjeu dépasse donc la simple redistribution financière. Il s’agit de créer une nouvelle dynamique dans les zones minières, où les richesses extraites du sol doivent contribuer à bâtir des territoires plus attractifs, capables de générer des activités économiques et des emplois durables. La véritable réussite du Fonds se mesurera à sa capacité à transformer les milliards issus des mines en services essentiels, en opportunités pour les populations et en progrès visibles dans les communes bénéficiaires. Car, l’or du Mali ne prendra pleinement sa valeur que lorsqu’il participera à améliorer durablement la vie des populations locales.
Fatoumata KAMISSOKO
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