L'objectif était de renforcer leurs relations de coopération et de bon voisinage et surtout de mettre en place un Comité d’experts chargé d’identifier les obstacles persistants dans les relations bilatérales et de proposer des solutions concrètes pour leur levée. Le Comité qui est composé des représentants de plusieurs ministères va ainsi passer au peigne fin tous les obstacles qui bloquent la réouverture de la frontière entre les deux pays, fermée depuis le 30 juillet 2023. Cette fois, les choses se précisent et s’accélèrent même du coté de Niamey qui prépare activement à la réouverture de la frontière du Niger avec le Bénin. Moins de trois (03) jours après la décision annoncée par les deux pays, de la mise en place d’un Comité d’experts pour examiner les obstacles à la levée des obstacles maintenant sa fermeture, les autorités nigériennes ont joint l’acte à la parole. Vendredi dernier, le Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine a présidé à son cabinet, la cérémonie d’installation du Comité chargé d’étudier dans un délai de quinze (15) jours les conditions de la réouverture de la frontière Bénin-Niger.
15 JOURS POUR FORMULER DES PROPOSITIONS CONCRèTES AUX CHEFS D’éTAT- Comme l’a rappelé le Premier ministre lors de la cérémonie d’installation du Comité, cette initiative procède de la volonté exprimée par les Chefs d’état des deux pays, d’impulser une nouvelle dynamique à leur relation bilatérale et surtout de lever les obstacles qui freinent la réouverture de la frontière commune. La décision a été prise lors de la visite effectuée ,le mardi 02 juin à Niamey, par le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, une semaine après son investiture. à cette occasion et à l’issue des échanges avec son homologue nigérien, le Général d’armée Abdourahamane Tiani, des priorités ont été définies pour renforcer la coopération politique, économique, scientifique et culturelle. Dans ce cadre, les deux Chefs d’État ont instruit la tenue régulière de la commission mixte Niger-Bénin.
Comme indiqué dans le communiqué final, les deux Présidents qui se sont félicités des relations anciennes de fraternité, d’amitié et de coopération qui lient le Niger et le Bénin, ont réaffirmé « leur commune volonté de dynamiser la coopération bilatérale, pour la hisser à la hauteur de leurs ambitions et des attentes légitimes de leurs peuples respectifs, qui aspirent à la paix, à la sécurité et au développement ». Niamey et Cotonou ont aussi exprimé leur engagement à œuvrer à « la levée de tous les obstacles au renforcement de la coopération entre les deux pays, notamment la réouverture de la frontière Bénin-Niger ». à cet effet, un comité d’experts chargé de recenser et de lever lesdits obstacles a été mis en place à cet effet. Il dispose d’un délai de quinze jours pour rendre son rapport aux deux Chefs d’État.
Pour rappel, au lendemain des évènements du 26 juillet 2023 et l’embargo imposé au Niger avec menace d’intervention de la Cédeao pour réinstaller le président déchu, Bazoum Mohamed, l’ancien régime béninois de Patrice Talon, a ordonné le 30 juillet 2023, la fermeture de la frontière entre les deux pays. Rouverte en février 2024 du côté béninois, le Niger a maintenu son blocus sur cette frontière pour des raisons de sécurité, une position réitérée et prolongée par les autorités nigériennes qui accusent le pays de servir de relais à l’ancienne puissance coloniale, la France, pour mener des tentatives de déstabilisation au Niger et dans les autres pays de la Confédération des états du Sahel.
Depuis, et malgré les coûts économiques pour les deux pays ainsi que les populations qui en souffrent des deux côtés, la frontière reste fermée du côté nigérien. En dépit des assurances données par les autorités béninoises et des médiations menées de part et d’autres, la situation n’a guère évoluée.
Avec l’arrivée d’un nouveau régime à Cotonou, les choses semblent pourtant bougé. Avant cette visite officielle du Président Wadagni à Niamey, qui lui a déroulé le tapis rouge, une importante délégation nigérienne conduite par le Premier ministre, Ali Mahamane Lamine Zeine et composée de plusieurs membres du CNSP et ministres, a pris part, le 24 mai dernier, à l’investiture du nouveau chef d’état. Un geste qui a été fort apprécié des deux côtés et qui participe à augurer une nouvelle ère de coopération entre les deux pays, ce qui passe par une normalisation des relations bilatérales et surtout la réouverture de la frontière.
Ce n’est pas la première fois, depuis le début de la crise, qu’une telle initiative est annoncée, mais renvoyé aux calendes grecques. Cependant, avec le nouveau vent qui souffle entre les autorités nigériennes et béninoises, l’espoir est de nouveau permis pour qu’enfin, la frontière soit ouverte conformément aux vœux des populations des deux pays. La fermeture de la frontière, outre son coût économique pour les deux pays, a également engendré de graves conséquences pour les populations frontalières et surtout les opérateurs économiques ainsi que la cohésion entre les communautés.
actuniger.com
Rédaction Lessor
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