Par un nouvel arrêté conjoint des ministres de l’Intérieur et des Finances daté du 10 août 2026 et publié le 12 août au Journal officiel de la République française, le gouvernement a prolongé pour une période supplémentaire de six mois le gel des avoirs et des biens économiques de l’universitaire et essayiste Franklin Nyamsi. Cette décision intervient alors que le dispositif initial, prononcé le 10 février 2026 sur le fondement du code monétaire et financier, arrivait à échéance. Pour le professeur et ses conseils juridiques, cette prorogation s’apparente à une « décision arbitraire » et à « une atteinte grave à la liberté de pensée, à la liberté d’expression et au pluralisme des idées ».
Arrivé en France en juillet 2000 pour y mener des études doctorales et poursuivre une carrière d’enseignant entamée dès 1993 au Cameroun et en Côte d’Ivoire, Franklin Nyamsi affirme avoir bâti son patrimoine légalement «à la sueur de son front». Dans un communiqué diffusé à la suite de la publication de l’arrêté ministériel, il déplore l’impact direct de cette mesure administrative sur sa situation familiale et ses quatre enfants scolarisés, dont deux étudiants à l’université et deux autres en scolarité primaire et secondaire. Il souligne que ses critiques récurrentes du néocolonialisme français ne sauraient constituer une infraction ou une menace légitime pour l’ordre public.
L’universitaire, figure active de la contestation de la politique africaine de la France, soutient faire l’objet d’un suivi ciblé et constant des services de renseignement français depuis mai 2021. Ancien professeur agrégé de l’enseignement secondaire, fonction qu’il indique avoir volontairement quittée en septembre 2025 pour s’établir en Afrique afin de subvenir aux besoins des siens, il estime que ces mesures de rétorsion visent à étouffer ses prises de position souverainistes et ses analyses géopolitiques relatives au continent africain. Il met également en cause l’influence des tensions diplomatiques actuelles entre Paris et plusieurs États partenaires de la région (tels que le Mali, le Burkina Faso ou le Niger) dans l’aggravation de sa situation personnelle.
Malgré ces restrictions financières et administratives, et alors que la voie des recours juridiques reste ouverte devant les instances compétentes, Franklin Nyamsi réaffirme sa détermination à poursuivre ses activités intellectuelles et ses engagements militants en faveur de la souveraineté des peuples africains. Avec le soutien du collectif des avocats de son institut, il annonce son intention d’épuiser toutes les voies de droit pour contester cette mesure qu’il qualifie de persécution politique.
Souleymane SIDIBE
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