Une vue du présidium lors de la cérémonie d’ouverture de la session
La maladie à virus Ebola (MVE) demeure l'une des maladies à potentiel épidémique les plus redoutables en raison de sa forte létalité, de son impact sanitaire, socio-économique et sécuritaire, ainsi que de sa capacité à perturber durablement les systèmes de santé. Depuis son identification en 1976, plusieurs flambées ont été enregistrées en Afrique. Ces épidémies ont démontré que les mouvements transfrontaliers des personnes, les échanges commerciaux et la mobilité régionale favorisent la propagation rapide de la maladie au-delà des frontières nationales.
Bien que le Mali ait interrompu avec succès la transmission des cas importés d'Ebola en 2014, cette expérience a souligné l'importance de maintenir un niveau élevé de préparation, afin d'assurer une détection précoce, une notification rapide et une riposte coordonnée face à toute menace sanitaire.
C'est dans ce contexte que l'Institut national de santé publique (INSP), à travers le Département des opérations d'urgences de santé publique (DOUSP), en collaboration avec l’ONG FHI 360, dont les zones d’intervention sont Kayes, Sikasso, Ségou, Mopti et le District de Bamako, a organisé du 24 au 26 août 2026 dans un hôtel de la place, un atelier de formation des acteurs multisectoriels de la santé des points d’entrée de Bamako et de Koulikoro sur la préparation et la surveillance de la maladie à virus Ebola (MVE).
Cette session se situe dans le cadre du Programme EpiC sécurité sanitaire mondiale (GHS), sur financement du gouvernement des USA, et qui intervient principalement dans trois domaines stratégiques : la prévention, la détection et la réponse.
Le représentant de l’INSP, étienne Coulibaly a précisé que «la mise en place des sentinelles (cordons sanitaires), pour une meilleure surveillance des maladies comme MVE, Covid-19, traduit la volonté du ministère de la Santé et du Développement social d’œuvrer en faveur de la santé et du bien-être des populations».
«Face aux menaces sanitaires, la réponse nationale se devrait d’être plus cordonnée. C’est pourquoi, cet atelier s’inscrivant dans les directives du RSI-2005, répond à l’approche intégrée -Une seule santé- afin de toucher tous les secteurs qui concourent à la lutte contre ces épidémies», a évoqué étienne Coulibaly. Il a aussi rappelé que «l’objectif recherché à travers cet atelier, c’est de renforcer les capacités des acteurs en première ligne dans la préparation et la prise en charge efficace et dans les meilleurs délais. Et, cet atelier jouera un rôle important dans le renforcement des capacités des acteurs techniques et scientifiques, afin de comprendre, surveiller et gérer les risques sanitaires potentiels.
La représentante du ministère en charge de la Santé, Pr Fatou Diawara, a expliqué que les points d’entée (aéroports internationaux, postes frontaliers terrestres et fluviaux) représentent la première ligne de défense contre l’introduction des maladies à potentiel épidémique, notamment la maladie à virus Ebola. «Cette épidémie a été déclarée comme une urgence de santé publique de portée internationale. De ce fait, les points d’entrée jouent un rôle stratégique dans la surveillance sanitaire des voyageurs, pour la détection et la notification des cas suspects de maladie à virus Ebola, ainsi que la mise en œuvre des premières mesures de santé publique conformément aux capacités essentielles prévues par le règlement sanitaire international (RSI, 2005), a-t-elle rappelé.
Et Pr Fatou Diawara de souligner que le renforcement des compétences de ces acteurs est essentiel pour assurer une surveillance efficace, la détection précoce et la notification rapide des cas suspects, la mise en œuvre des mesures de prévention et de contrôle des infections. Mais aussi la gestion sécurisée des voyageurs suspects ainsi qu’une coordination multisectorielle. Enfin, elle a salué les efforts inlassables que déploie FHI 360 pour le financement de cette activité.
Sinè TRAORE
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