Les participants examinant des questions stratégiques liées à la vie d’un fonds
La 16è session ordinaire du comité de pilotage du Fonds climat Mali s’est
tenue hier dans les locaux de l’Agence de l’environnement et du développement
durable (AEDD). L’ouverture des travaux était présidée par le ministre de
l’Environnement et du Développement durable, Mamadou Samaké. C’était en
présence du directeur général de l’AEDD, Zantigui Boua Koné, de l’ambassadrice
du Royaume de Suède au Mali, Kristima Kühnel. La session a été également suivie
en ligne par d’autres partenaires techniques et financiers du Fonds.
Au cours de la rencontre, les participants se sont penchés sur des
questions stratégiques liées à la vie d’un fonds qui contribue à promouvoir le
développement durable au Mali. En plus du rapport d’activités 2023, la session
a permis aux participants d’examiner le Plan de travail et le budget annuel
2024 et le rapport consolidé 2022. Ils se sont également prononcés sur la
gouvernance du Fonds et ont apprécié les requêtes formulées par les
soumissionnaires de certains projets et programmes, notamment en termes de
prolongation des délais de finalisation des projets qui ont connu du retard. Durant l’année dernière, a expliqué le ministre de l’Environnement et du
Développement durable, le Fonds climat Mali a dû faire face à d’énormes défis
qui ont malheureusement entravé son bon fonctionnement et sa capacité à
mobiliser des ressources. Cela afin d’aider notre pays à financer des
interventions de développement stratégiques telles que définies dans la
Stratégie nationale économie verte et résiliente au changement climatique.
À cet égard, Mamadou Samaké a souligné que son département a pris
l’initiative d’étudier en profondeur les difficultés internes liées à la
gouvernance du Fonds climat Mali afin d’en apporter des solutions durables à
son fonctionnement. Ces actions sont, notamment la nomination d’un nouveau
coordinateur pour donner une nouvelle impulsion au Fonds en termes de
mobilisation des ressources financières à travers les mécanismes financiers
existants. Cette ambition de donner un nouveau souffle au Fonds climat Mali,
vient de recevoir un coup dur par l’annonce du retrait définitif des
partenaires qui sont des bailleurs stratégiques. «Cette décision de retrait dont
nous prenons acte doit nous permettre de tirer toutes les leçons pour pouvoir
mieux organiser et développer de nouvelles stratégies afin que le Fonds puisse
continuer à financer les projets/programmes aux bénéfices de nos populations
durement impactées par le changement climatique», a expliqué le ministre.
Mamadou Samaké a rappelé que le Fonds climat Mali, opérationnel depuis
2014, a permis le financement de 28 projets, couvrant plus de 216 communes pour
un montant total de plus de 26,8 millions de dollars US soit plus de 13,4
milliards Fcfa. Les domaines d’intervention concernent l’atténuation des
émissions de gaz à effets de serre et l’adaptation des populations aux effets
néfastes du changement climatique. Pour le ministre Mamadou Samaké, au titre du
financement extérieur, les ressources mobilisées pour l’appui au fonctionnement
du secrétariat technique du Fonds climat Mali pour la période allant de janvier
à novembre 2023 s’élèvent à environ 52,1 millions Fcfa sur une prévision de
plus de 216 millions de Fcfa, soit un taux de mobilisation de 24%. Au titre de
l’exercice dernier du budget national, a-t-il poursuivi, le secrétariat
technique du Fonds climat Mali a reçu, sur les dotations initiales de 30,4
millions Fcfa, seulement environ 13,8 millions de Fcfa.
En termes de perspectives, a souligné le ministre de l’Environnement, les efforts porteront en priorité sur la création par Loi du Fonds climat Mali, l’actualisation de son plan d’investissement, l’activation de la procédure d’accès direct des entités nationales au financement, la révision du manuel de procédures. Il a aussi cité la mobilisation des ressources à travers d’autres mécanismes financiers et auprès d’autres bailleurs et l’organisation d’une Troïka afin de redynamiser les actions du Fonds. Le ministre a salué l’engagement des bailleurs traditionnels du Fonds Climat Mali, que sont les Royaumes de Suède et de Norvège. Sans oublier les partenaires stratégiques, notamment le Programme des Nations unies pour le développement, pour leurs appuis constants.
Makan SISSOKO
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