#Mali : Recueillement sur la tombe : Un devoir religieux ?

Les adeptes de la pratique justifient cet acte par le besoin constant de prier pour leurs morts. D’autres prétextent simplement le fait que ce recueillement consolide la foi

Publié dimanche 19 mai 2024 à 16:39
#Mali : Recueillement sur la tombe : Un devoir religieux ?

Il est recommandé de se recueillir sur la tombe des siens disparus

 

Le vendredi est un jour saint. De nombreux compatriotes choisissent généralement ce jour pour se rendre dans différents cimetières et se recueillir sur les tombes de leurs parents ou proches rappelés à Dieu. La pratique intitulée en bamanankan : «Kabourou djourali» court les rues. Pour s’en convaincre, notre équipe de reportage a fait le tour de quelques cimetières de la capitale.

Au boulevard des allongés de Sébénicoro, en Commune IV du District de Bamako, Bintou Diabaté est venue se recueillir sur la tombe de son époux. Elle répète ce rituel depuis douze ans qu’elle a perdu son mari. «Après quatre mois de veuvage, j’ai décidé d’observer ce rituel pour le repos éternel de son âme», explique la veuve. Elle se souvient de l’intense émotion qu’elle a ressentie la première fois qu’elle a visité la sépulture de son défunt conjoint. Elle explique à qui veut l’entendre, mais avec une pointe de mélancolie, qu’au fil de ses visites de recueillement, elle a fini par comprendre que son défunt avait plus besoin de ses prières que de ses pleurs et encourage sa progéniture à faire de même.

Ali Farota, commerçant, a perdu son grand-frère en 2018. Depuis lors, il se recueille régulièrement sur sa tombe. Il soutient que cette pratique permet à l’être humain de toujours garder à l’esprit qu’Allah reste le Tout-Puissant, le Clément et Miséricordieux et le Créateur de tout. «On finira tous dans un cimetière. Une fois par semaine ou chaque vendredi, nous devons prier pour le repos de nos défunts. Cela permet aussi de renforcer notre foi», plaide le commerçant. Au cimetière de Lafiabougou, en Commune IV, reposent treize membres de la famille d’El hadji Mamadou Sissoko, y compris ses parents et son épouse. C’est un devoir moral, mais surtout religieux de prier pour eux et de leur implorer le pardon et la grâce d’Allah.

«J’ai commencé la pratique, depuis le décès de mon père en 1992», explique le commerçant éprouvé par la perte de toutes ces personnes si proches. Quant à Abdoul Karim Konaté, gestionnaire d’entreprise, lui a une philosophie toute faite. Pour lui, la mort conduit de facto l’extinction des faits d’une personne.

 Pour un musulman, seules les bonnes actions qu’il a accomplies de son vivant et qui continuent à profiter à la communauté, ainsi que les prières de ses enfants, l’atteignent. Le gestionnaire affirme que ça ne coûte rien de sacrifier un peu de son temps pour se recueillir sur la tombe d’un parent décédé. 

 

SOURATES RECOMMANDÉES- Amadou Balla Moussa Traoré fait partie de ceux qui ont cultivé cette habitude religieuse. «Étant tout petit, j’accompagnais mon père qui venait se recueillir sur la tombe de mon grand-père. Aujourd’hui, c’est à mon tour d’accomplir ce rituel pour lui. Depuis son décès en 2017, je perpétue la tradition afin que tous nos morts puissent reposer en paix», déclare-t-il.

Pour le professeur d’enseignement secondaire général Nouhoum Cissé, il est culturellement important voire indispensable d’aller rendre visite à un mort au cimetière. «Je vais au cimetière pour faire des vœux à l’endroit de mes défunts parents et afin que ma postérité soit florissante. Car, entre ces morts et moi, il y a un lien affectif qui reste permanemment dans mon cœur», dit-il. Selon Mamadou Makadji, imam d’une mosquée à Banconi-Plateau, «chaque fois qu’on peut, mais avec une recommandation pour le vendredi, on doit cultiver en soi l’habitude d’aller se recueillir sur la tombe des siens disparus».


Notre interlocuteur explique qu’il y a des sourates recommandées quand on s’y rend au cimetière pour accomplir ce rituel. Dans un premier temps, explique l’érudit, il faut réciter une à trois fois la «fatiha». «Ensuite, il faut aussi prononcer 11 fois la sourate El-Ikhlass (la pureté de la foi) qui renvoie à l’unicité d’Allah. Chaque récitation de la sourate El-Ikhlass doit absolument être précédée de la «basmala», la formule qui ouvre, à l’exception de la sourate : le repentir, toutes les autres. C’est-à-dire «Bismillahi Rahmani Rahim» (Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux et le très Miséricordieux).


Puis, il faut réciter 11 fois la «Salatoul fatiha» ou toutes autres prières qui rendent hommage au Prophète Mohamed (paix et salut sur lui). Après avoir dit ces sourates, le croyant commence alors à implorer Dieu afin qu’Il accorde le paradis éternel au défunt», enseigne l’homme de Dieu, avant d’ajouter que le fidèle doit aussi prier pour lui-même afin de bénéficier de la miséricorde et de la grâce d’Allah.

Dans la foi catholique, se recueillir sur les lieux de sépulture est un acte de foi hautement recommandé à tous les fidèles. «Les défunts sont nos défunts et nous sommes en parfaite relation avec eux. Nous formons une même communion avec les personnes mortes. Donc, nous ne les abandonnons pas et nous prions pour elles. Au même titre qu’elles prient pour nous», explique l’Abbé Jean Baptiste Diarra, vicaire à la Paroisse Sacré-Cœur de Bamako.

La pratique de la visite au cimetière semble avoir de beaux jours devant elle. Surtout qu’elle puise plus ou moins sa source d’une croyance religieuse.

Sinè TRAORE

Lire aussi : Procès Paramount-Embraer : Le verdict attendu ce vendredi

À cette occasion, les 18 accusés composés de personnalités militaires et civiles et d'anciens ministres seront fixés sur leur sort après environ trois mois de procès.

Lire aussi : Immeuble effondré à Daoudabougou : Le bilan atteint 6 morts

Les opérations de fouille se poursuivent sur le site de l’immeuble de quatre étages en construction qui s’est effondré le dimanche le 22 mars à Daoudabougou, en Commune V du District de Bamako. Le lendemain du drame, la direction générale de la protection civile avait communiqué un bilan.

Lire aussi : Mali : L'Office malien des substances précieuses voit le jour

Le secteur minier continue sa mue en faveur de l'économie nationale. Ainsi, l'Office malien des substances précieuses fait son entrée dans l'arsenal visant à renforcer la souveraineté économique de l’État. Créée au Conseil des ministres du 18 mars 2026, la structure aura la mission d'assu.

Lire aussi : Cercle de Yélimané : Les FAMa portent un coup dur aux groupes terroristes

L'État-major général des Armées informe que, dans le cadre des opérations de surveillance du territoire, ce samedi 14 mars, les vecteurs aériens des Forces armées maliennes (FAMa) ont pris en filature trois motocyclistes des groupes armés terroristes qui ont rejoint d'autres individus non lo.

Lire aussi : Zantiebougou : Double frappe aérienne des FAMa contre des groupes armés terroristes

La pression militaire s'intensifie sur les groupes armés terroristes. Le 23 février 2026, les vecteurs aériens des Forces armées maliennes (FAMa) ont mené avec succès deux frappes ciblées dans la zone de Zantiebougou, dans la Région de Bougouni, selon un communiqué de l'état-Major généra.

Lire aussi : Régions de Kidal, Mopti et Ségou : D’importantes frappes aériennes neutralisent plusieurs groupes terroristes

Dans le cadre de la surveillance et de la sécurisation du territoire national, les vecteurs aériens des Forces armées maliennes (FAMa) ont mené, les 20 et 21 février 2026, des frappes de précision dans plusieurs zones clés..

Les articles de l'auteur

Ramadan Tour 2026 de Touly’s Groupe : 200 kits de vivres offerts à la communauté chrétienne de Niamakoro

La vice-présidente de Touly’s Groupe, Mme Touré Binta Niane, a procédé, dimanche dernier à l’Église de Niamakoro, à la remise symbolique de 200 kits alimentaires à la communauté chrétienne (catholique et protestante)..

Par Sinè TRAORE


Publié mardi 03 mars 2026 à 08:34

Opération «Ramadan Tour» : Touly’s groupe fait des heureux au camp de Kati

Dans le cadre de l’opération «Ramadan Tour» de Touly’s goupe, la vice présidente de l’organisation, Mme Touré Binta Niane, a procédé, mardi dernier, au Service social des armées, dans le Cercle de Kati, à la remise de kits alimentaires aux blessés de guerre, veuves et orphelins des militaires et paramilitaires..

Par Sinè TRAORE


Publié jeudi 26 février 2026 à 08:55

6è édition de Ramadan Tour de Touly’s groupe : 25.000 kits alimentaires distribués à travers le Mali

La présidente de Touly’s groupe, Fatoumata Niane dite Batouly, a respecté la tradition cette année, en décidant de distribuer 25.000 kits alimentaires, à travers le pays, au profit des familles et personnes en situation difficile..

Par Sinè TRAORE


Publié mardi 24 février 2026 à 08:40

Recherche scientifique : Le ministère en charge de l’Enseignement supérieur et l’Unicef scellent un partenariat

La cérémonie de signature de ce mémorandum était présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Bouréma Kansaye, dans ses locaux. C’était en présence du représentant par intérim du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), Noël Marie Zagre..

Par Sinè TRAORE


Publié lundi 23 février 2026 à 09:05

Forum du Collectif des investisseurs de l’Afrique de l’Ouest : Fatoumata Niane dite Batouly primée à Dakar

Le Collectif des investisseurs de l’Afrique de l’Ouest (CIAO), a organisé du 13 au 14 février dernier, à Dakar (Sénégal), le «Forum sur les investissements.» Cette organisation regroupe des investisseurs, chefs d’entreprises, banquiers, financiers, cadres d’entreprise, commerçants et opérateurs économiques..

Par Sinè TRAORE


Publié jeudi 19 février 2026 à 08:51

Hippisme : La 16è journée de la ligue de Bamako tient toutes ses promesses

La 16è journée du championnat de la Ligue de hippisme et des sports équestres du District de Bamako s’est déroulée, dimanche dernier, au Champ hippique de la capitale..

Par Sinè TRAORE


Publié mardi 10 février 2026 à 09:01

Siby : Des autorités et acteurs du développement local magnifiés par les populations

Les habitants du Cercle de Siby ont organisé, le 31 décembre dernier, une cérémonie de remise d’attestations de reconnaissance et de tableaux d’honneur, à l’endroit des autorités de la Transition et certains ressortissants du cercle ayant contribué de manière significative au développement de la localité..

Par Sinè TRAORE


Publié jeudi 08 janvier 2026 à 09:09

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner