Au
cours de cette rencontre, le ministre Ag Ilyene a abordé plusieurs sujets, dont
le statut de Maliens établis de l’extérieur, la prolifération des associations
créées à l’extérieur par nos compatriotes, les migrants revenus au bercail et
leur accompagnement par l’état etc. La première question a porté sur le statut
de Malien établi à l’extérieur et la réponse du ministre Ag Ilyene a été on ne
peut plus clair.
Pour être considéré
comme Malien établi à l’extérieur, a expliqué l’invité du jour, il faut résider
à l’étranger depuis au moins six mois, conformément au décret n°2021-610/PT du
13 septembre 2021 portant détermination du statut de Maliens établis à l’extérieur
et du migrant de retour. Selon le ministre des Maliens établis à l’extérieur et
de l’Intégration africaine, ce texte permet de centrer l’assistance de l’état
et de ses partenaires sur les vrais bénéficiaires que sont les Maliens «véritablement»
établis à l’extérieur et les migrants de retour d’une période bien déterminée.
Parlant de la multiplicité des associations de nos compatriotes de l’extérieur,
le chef du département en charge de l’Intégration africaine a annoncé la tenue
imminente des états généraux des Maliens de l’extérieur pour pallier cette
situation, suivant les recommandations des Assises nationales de la refondation
(ANR). Et Alhamdou Ag Ilyene
d’afficher sa volonté de créer une nouvelle structure fédérative et représentative
de l’ensemble de nos compatriotes établis à l’étranger qui sera «l’unique
interlocutrice entre les pouvoirs publics et les Maliens de la diaspora».
Le ministre Ag Ilyene est également
revenu sur les sanctions de la Communauté économique des états de l’Afrique de
l’Ouest (Cedeao) et de l’Union économique monétaire ouest-africaine (Uemoa)
contre notre pays qui constituent, selon lui, un obstacle majeur à la mise en œuvre
de certaines activités en faveur de l’assistance et la mobilisation de nos
compatriotes établis à l’extérieur. Malgré cette situation, «passagère»,
Alhamdou Ag Ilyene a annoncé que notre pays ne renoncera jamais à l’intégration
africaine, ajoutant que «nous allons nous en sortir très bientôt».
Il a, ensuite, rappelé que le Mali, dès son accession à l’indépendance en 1960, a exprimé sa volonté de réaliser l’unité africaine, même au prix de l’abandon partiel ou total de sa souveraineté nationale. Le chef du département en charge des Maliens établis à l’extérieur a aussi rappelé l’adoption de la Politique nationale en matière d’intégration africaine qui vise à renforcer les acquis, corriger les insuffisances constatées et lever les contraintes observées sur les plans politique, économique et social.
SOUTIEN DE L’ÉTAT AUX
MIGRANTS DE RETOUR-Le ministre Ag Ilyene a, par ailleurs, indiqué que de sa
nomination à la date d’aujourd’hui, 6.399 migrants de retour ont été assistés
par l’Etat et ses partenaires à travers des opérations de rapatriement
d’urgence. Ces migrants viennent en majorité de la Libye, d’Algérie et du
Niger.«Pour accompagner les migrants de retour dans leur réinsertion socioéconomique,
le département, avec l’appui du budget d’état et des partenaires
internationaux, a financé des projets en faveur de plus de 5.000 migrants de
retour».
Concernant la problématique de l’obtention du Numéro d’identification
nationale (Nina) à laquelle les Maliens de la diaspora sont confrontés pour
l’acquisition du passeport, le ministre a indiqué que ce document a pour objet
d’individualiser chaque personne physique ou morale par un numéro unique. Il a
ensuite expliqué que la gestion de cette question ne relève pas directement de
son département, mais plutôt de celui en charge de l’Administration
territoriale.
Le ministre Ag Ilyene a en
outre rappelé que son département a pour vocation essentielle la protection et
la sécurisation des Maliens établis à l’étranger, la défense de leurs intérêts
et leur mobilisation pour le processus du développement national.
Concernant les projets, le chef du département en charge des Maliens établis à l’extérieur a annoncé la mise en œuvre des recommandations formulées en matière de migration lors des ANR et la diligence dans la réalisation de la carte d’identité biométrique Cedeao qui remplacera la carte Nina. S’y ajoute la représentation à l’Assemblée nationale de nos compatriotes établis à l’extérieur.
Bembablin DOUMBIA
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