Procès «avion présidentiel et équipements militaires» :Les avocats de la défense demandent l’acquittement de leurs clients pour faute de preuves

Le procès dans l’affaire «achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires» tend vers sa fin. Après le réquisitoire du parquet général jeudi dernier, c’était hier le tour des avocats de la défense de faire leurs plaidoiries.

Publié mardi 08 juillet 2025 à 08:17
Procès «avion présidentiel et équipements militaires» :Les avocats de la défense demandent l’acquittement de leurs clients pour faute de preuves

 La Cour lors de l’audience

 

Durant plusieurs heures, les conseils de la défense composés de Me Dianguiné Tounkara, Me Mamadou Bobo Diallo, Me Arouna Keïta, Me Bernard Takoré, Me Mamadou Tounkara, ont plaidé la non culpabilité de leurs clients, à savoir Mme Bouaré Fily Sissoko, Mahamadou Camara, le Général Moustapha Drabo et le Colonel-major Nouhoum Dabitao.

Selon Me Dianguiné Tounkara, l’avocat de Mme Bouaré Fily Sissoko, sur toute la procédure utilisée, sa cliente n’a commis aucune irrégularité. «Mme Bouaré Fily Sissoko n’a commis aucune faute pénale», a-t-il dit. Cela, dans la mesure où le fait d’avoir ordonné les paiements des factures avant ordonnancement «est un principe connu et reconnu comme régulière en matière de finances publiques». Mieux, selon l’avocat, les dépenses ont été régularisées à travers un correctif budgétaire dans la Loi de finances rectificative.

 En résumé, Me Dianguiné Tounkara demande à la Cour d’acquitter sa cliente pour absence de preuves suffisantes. «Pendant plusieurs semaines, nous n’avons entendu que
des doutes et des approximations de la part de l’accusation sans apporter de véritables preuves matérielles», a-t-il affirmé, ajoutant que la garantie autonome n’a jamais été donnée à Guo-Star car elle avait un caractère holistique en ce sens qu’elle pouvait couvrir d’autres contrats du ministère de la Défense qui bénéficiait d’un budget de 100 milliards de Fcfa par an, selon les prescriptions de la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM). 

 Dans sa plaidoirie, Me Bernard Takoré a, lui aussi, demandé l’acquittement de son client Mahamadou Camara, pour l’absence d’infractions commises par ce dernier. «En tant que directeur de cabinet du Président de la République, Mahamadou Camara a agi dans ses prérogatives», a-t-il soutenu. Il a évoqué l’article 28 du Code pénal qui indique que la culpabilité d’un agent n’est pas constituée lorsqu’il obéit aux ordres d’une hiérarchie légitime. Ce qui, d’après l’avocat, était bien le cas des instructions qu’il reçues du Président de la République dont il était le directeur de cabinet.

Dans sa prise de parole, Me Mamadou Bobo Diallo qui défend le Général Moustapha Drabo, a invité le président de la Cour et ses conseillers à ne pas suivre la logique du parquet qui consiste à «décharger Mahamadou Camara et à maintenir les charges contre les autres accusés». Pour lui, tous les deux contrats controversés sont partis du mandat donné par Mahamadou Camara à Sidy Mohamed Kagnassi, ancien conseiller spécial du Président Ibrahim Boubacar Keïta chargé des questions d’équipements militaires.

La défense du Colonel-major Nouhoum Dabitao, Me Alassane Diallo a indiqué que son client n’a commis aucune irrégularité dans ses agissements. Pour cela, il s’appuie sur la mise à la disposition de la Cour du bon de commande des équipements militaires livrés. Selon l’avocat, l’ancien directeur du Commissariat des Armées n’a été impliqué, à aucun moment, dans les questions de finances dans l’exécution du contrat des équipements militaires. Après avoir vanté les qualités morales et professionnelles de son client, il a invité la Cour à renoncer aux poursuites contre le Colonel-major Nouhoum Dabitao.

En définitive, la défense demande la libération pure et simple des quatre accusés pour manque de preuves à la lumière des «suppositions et allégations infondées» avancées par l’accusation qui a été induite en erreur par le «rapport biaisé du Vérificateur général» et l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation de la Cour suprême.

Dans son réquisitoire du jeudi dernier, le substitut général Kokè Coulibaly avait requis le maintien de Mme Bouaré Fily Sissoko, du Général Moustapha Drabo et du Colonel-major Nouhoum Dabitao dans les liens de l’accusation. Par conséquent, il avait demandé à la Cour de les condamner à la «peine maximale». Par contre, Kokè Coulibaly avait sollicité l’abandon des poursuites contre Mahamadou Camara dont il estime la responsabilité minime dans le dossier.

Aboubacar TRAORE

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