Une vue des participants aux travaux
Bamako subit une pression urbaine sans précédent. Déchets solides qui s'accumulent, dépôts sauvages, caniveaux obstrués, eaux usées et boues de vidange mal gérées, inondations récurrentes, dégradation du cadre de vie. Face à ces multiples problèmes
environnementaux, la Direction régionale de l'assainissement, du contrôle des
pollutions et des nuisances du District de Bamako (DRACPN) a ouvert, hier au
Palais de la culture, des concertations régionales de quatre jours pour
renforcer le dialogue et les échanges
entre les acteurs du sous-secteur de l’assainissement en vue d’une meilleure
gouvernance et d’une amélioration durable du cadre de vie des populations.
L’objectif de
ces concertations est de contribuer à l’opérationnalisation de la Politique
nationale d’assainissement (PNA) dans le District de Bamako à travers son
appropriation par les acteurs et le renforcement du rôle stratégique de la DRACPN-DB dans la coordination, le
contrôle et le suivi du sous-secteur.
L’ouverture des travaux a enregistré la
présence du représentant de la ministre de l'Environnement, de l'Assainissement
et du Développement durable, Sékou Koné,
du gouverneur du District de Bamako,
Abdoulaye Coulibaly, du représentant des partenaires techniques et
financiers, Issa Sissoko, des autorités administratives, des légitimités
traditionnelles et de l'ensemble des acteurs du sous-secteur de
l’assainissement.
Adoptée par
Décret N°2026-0187/PT-RM du 10 avril 2026, la nouvelle PNA constitue désormais
le document stratégique de référence. Elle est alignée sur la Constitution du
22 juillet 2023, la Vision Mali Kura 2063, la Stratégie nationale pour
l’émergence et le développement durable
(SNEDD 2024-2033) et porte une ambition claire à l'horizon 2045 : tous les
Maliens ont accès à un service d'assainissement durable.
Dans son
discours d'ouverture, le représentant de la ministre de l’Environnement, de
l’Assainissement et du Développement durable, Sékou Koné, a été on
ne peut plus clair : «l'assainissement n'est plus une simple question de
salubrité publique. Il constitue un impératif de santé, de dignité humaine, de
sécurité environnementale, de résilience climatique et de développement
économique». Pour lui, les problèmes ne viennent pas seulement du manque
d'infrastructures, mais aussi d'insuffisances de coordination, de financement,
d'entretien et de clarification des responsabilités, et qu’il faut dépasser les
interventions isolées pour construire un système cohérent, intégré et durable.
Sékou Koné a
aussi rappelé que la nouvelle PNA s'inscrit sous le leadership éclairé du
Général d'armée Assimi Goïta, Président de la Transition. Cette nouvelle
politique, soulignera-t-il, veut impulser une transformation basée sur la
gouvernance, la prévention des pollutions, la valorisation des déchets, les
financements innovants et la participation citoyenne. «Une politique ne produit
de résultats que traduite en décisions, investissements et actions concrètes
sur le terrain, d'où l'importance de ces concertation», a-t-il insisté.
Il a mis un accent particulier sur la
gouvernance territoriale, précisant que
la DRACPN-DB doit jouer pleinement son rôle stratégique de coordination
technique, de contrôle des pollutions, d'appui-conseil aux collectivités et de
production de données ; pas pour se substituer, mais pour organiser la
complémentarité et renforcer la redevabilité.
Pour le
Directeur du programme Mali Saniya de la GIZ Allemande, représentant des
partenaires techniques et financiers, même les plus gros investissements ne dureront
pas sans coordination efficace. Issa Sissoko a réaffirmé le soutien et l’appuie
des PTF au renforcement institutionnel et la coordination à travers le Projet
de résilience urbaine de Bamako (Pruba), soutenu par la Banque mondiale et le
Programme Mali Saniya de la GIZ allemande.
Toutefois, il a prévenu que la durabilité des
investissements doit être pensée dès leur conception et non au moment de leur
clôture.
De son côté,
le gouverneur du District de Bamako, Abdoulaye Coulibaly, a déclaré que l'assainissement
est l'affaire de tous et qu’aucune
institution ne peut, à elle seule, relever les défis complexes de
l'assainissement urbain.
Pendant quatre
jours, les participants vont établir un diagnostic partagé, clarifier les rôles
de chaque acteur et proposer des solutions réalistes.
A l’issue des travaux, il est attendu des recommandations fortes, une feuille de route régionale 2026-2028 avec actions prioritaires, indicateurs, financement et mesures de durabilité, ainsi qu'un mécanisme permanent de suivi.
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