Les
acteurs ont salué la volonté du ministre d’apporter une réponse structurelle
Conformément aux
instructions du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta,
qui fait de la satisfaction des besoins fondamentaux des populations une
priorité, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a
rencontré, hier, à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), les
acteurs de la filière bétail-viande. Objectifs : établir un diagnostic de
la situation et dégager des pistes de sortie de crise.
Dès son
propos introductif, le ministre a posé les principaux facteurs à l’origine de
cette hausse, diagnostic partagé par les professionnels. Au premier rang,
figure l’insécurité, qui entrave la mobilité pastorale dans les bassins du
Centre, favorise le vol de bétail et complique l’acheminement des animaux vers
Bamako. À cela, s’ajoutent les taxes informelles, les pertes en cours de route
et l’augmentation des coûts de transport.
Le
ministre a également relevé la désorganisation des bassins pastoraux et des
marchés à bétail, la hausse du prix de l’aliment bétail et des hydrocarbures,
ainsi que l’augmentation des charges logistiques. L’érosion du cheptel et
l’exportation excessive du bétail constituent d’autres facteurs de tension sur
l’offre nationale.
Au cours
des échanges, les acteurs ont proposé plusieurs pistes, notamment le
renforcement de la sécurité dans les zones de production pastorale et sur les
principaux axes routiers. Ils ont aussi préconisé l’ouverture et la
sécurisation de marchés à bétail à l’intérieur du pays, afin de faciliter
l’approvisionnement régulier des différents centres de consommation.
Pour le
ministre, l’urgence est double : garantir un approvisionnement régulier
des marchés de Bamako et des capitales régionales et obtenir une baisse
effective du prix de la viande. L’ambition affichée est de dépasser la seule
gestion de la crise actuelle pour engager une restructuration durable de la
filière bétail-viande, stratégique pour l’économie et la sécurité alimentaire
du pays.
Le
président de la filière bétail-viande, Mamoudou Abdoulaye Diallo, a salué
l’écoute du ministre et sa volonté d’apporter une réponse structurelle. Il a
notamment souhaité la subvention de l’aliment bétail par l’État ainsi que
l’interdiction de son exportation, afin de préserver l’offre destinée au marché
national. Les acteurs et le département de l’Industrie et du Commerce se sont
donnés rendez-vous dans une semaine pour approfondir les propositions et
arrêter les modalités de leur mise en œuvre.
Au-delà du prix de la viande, c’est donc toute la chaîne bétail-viande qui se trouve aujourd’hui au cœur des préoccupations, avec un même impératif : sécuriser l’offre pour rendre la viande plus accessible aux ménages.
Anne Marie KEITA
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