Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Kayes et Bougouni entrent en scène
Après deux nuits de compétitions, les troupes de Kayes et Bougouni étaient devant le jury, dimanche dernier, au terrain municipal de Tombouctou. La troupe de Kayes a ouvert la soirée avec son Ensemble instrumental qui a pour thème la paix. C’est l'appel pour un Mali reconcilié et uni autour d’un intérêt commun. Elle est suivie de la pièce de théâtre intitulée : « La recherche de la pitance ».
A travers cette présentation, la Région de Kayes dénonce l’incivisme, l’absence du train et la malhonnêteté de certaines personnes. C’est le récit d’une société en perte de sa référence au profit de la recherche du pain quotidien. La pièce alerte sur le non-paiement des taxes et les pratiques frauduleuses comme la vente des armes et des matériels volés. Son solo, chanté en langue Khassonké est : «Hommage aux pupilles de la Nation ».
C’est l’histoire d’une jeune femme mariée, qui a perdu son mari, à peine quelques années de leur union au cours d’une violente bataille contre les terroristes. Cette composition musicale évoque le devenir d’un petit garçon du jeune couple. Ainsi, la perte brutale de l’époux a mis la femme dans un état troublant, le choc était très dur à supporter. Elle sera conseillée par une autre femme, sage. Enfin, la chanson rend hommage aux autorités de la République pour leur soutien aux pupilles de la Nation. Et de saluer les efforts des mères de pupilles pour leur rôle après la disparation d’époux. Ainsi, plusieurs spectateurs estiment que le Solo de chant Kayes peut bien influencer le jury en s’alignant parmi les meilleurs de la Biennale de Tombouctou. Il a été suivi de la danse traditionnelle, intitulée «le Worso», une danse traditionnelle du milieu Soninké composée de trois rythmes à savoir le Worso, le Tinguinta et le « Lemunu Légué ».
Le «Worso » est une danse traditionnelle populaire qui permet l’apparition sur scène de quelques hommes de castes. Le « Tinguinta » est populaire et exécuté par tout le monde y compris les nobles et les castes. Pour le « Lemunu Légué », c’ est un rythme de danse des jeunes. Ce rythme est populaire et ouvert à tout le monde (jeunes, adultes, nobles, hommes de caste, esclaves).
La deuxième prestation de la soirée a été celle de la troupe de Bougouni qui a débuté avec son Solo de chant intitulé :« le cri de l’oiseau orphelin». Ce Solo de chant chanté en douceur rappelle la mort et pourquoi faut-il avoir peur de la mort ? Il rend hommage aux Présidents indépendantistes des pays de la Confédération des États du Sahel et les invite à s’unir davantage pour bâtir un Sahel fort et uni. La danse traditionnelle monte en deuxième position, titrée : « Fiilenin» ou la calebasse.
C’est une danse originaire de Wassoulou et pratiquée exclusivement par les jeunes filles, caractérisée par le maniement de la calebasse comme instrument de rythme et de grâce. C’est également une forme d’expression culturelle qui affirme l’identité culturelle de la jeune fille de Wassoulou. Elle symbolise la maturité et la solidarité féminine, en gardant une place particulière dans le patrimoine culturel de Wassoulou. Et la pièce du théâtre intitulée « Socle de la vie de notre village », met en évidence les bases d’une société, notamment les éléments indispensables pour la survie d’un village. Elle a été suivie de l’Ensemble instrumental qui est titré sur la paix et la cohésion sociale. Bien avant cette soirée, les orchestres de Dioila et Mopti avaient presté devant le jury dans la salle Ali Farka Touré. Le programme de ce lundi prévoit le passage des Régions de Nara et Sikasso.
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