Le ministre de l’économie et des Finances, Alousséni Sanou
Selon la situation d’exécution des crédits budgétaires au 30 juin 2026, les dotations globales atteignent 3455,2 milliards de Fcfa, pour des crédits de paiement notifiés de 2116,5 milliards de Fcfa. Les engagements s’établissent à 1809,5 milliards de Fcfa, tandis que les liquidations se situent à 1472,6 milliards de Fcfa. Ces chiffres montrent une dynamique d’exécution progressive, avec toutefois un rythme différent selon les départements ministériels.
L’Éducation nationale demeure l’un des secteurs les mieux dotés avec une enveloppe totale de plus de 474 milliards de Fcfa. Les crédits notifiés dépassent 321 milliards de Fcfa, pour des engagements de 222 milliards et des liquidations de près de 195,7 milliards de Fcfa. Ces investissements traduisent l’importance accordée au renforcement du capital humain, notamment à travers l’éducation de base, l’enseignement secondaire et la formation technique et professionnelle.
Dans le domaine de la santé et du développement social, les crédits inscrits atteignent plus de 285 milliards de Fcfa. Les engagements dépassent 180 milliards, avec des liquidations évaluées à plus de 151 milliards de Fcfa. Les programmes liés aux soins de santé primaire, à la lutte contre les maladies et à la protection sociale concentrent l’essentiel des ressources.
Le secteur agricole bénéficie également d’un effort financier important. Le ministère de l’Agriculture dispose d’une dotation globale de plus de 154 milliards de Fcfa. Les crédits notifiés atteignent 68,2 milliards, avec des engagements de plus de 50,6 milliards et des liquidations proches de 46 milliards de Fcfa. Cette orientation confirme la volonté des autorités de faire de l’agriculture un levier majeur de croissance et de souveraineté alimentaire. Les programmes d’appui au monde rural, d’aménagement et d’équipement rural absorbent une grande partie de ces ressources.
Le ministère de l’Élevage et de la Pêche bénéficie, pour sa part, d’une enveloppe de près de 28,9 milliards de Fcfa, avec des liquidations dépassant 3,7 milliards. Un effort qui vise à renforcer les filières animales et halieutiques. Les infrastructures restent un autre chantier majeur. Le ministère des Transports et des Infrastructures dispose d’une dotation de plus de 100 milliards de Fcfa. Les programmes consacrés à la construction et à l’entretien des routes concentrent la majorité des ressources.
Le secteur de l’énergie et de l’eau bénéficie également d’une enveloppe importante, avec près de 98,3 milliards de Fcfa de dotations. Les engagements atteignent plus de 34 milliards, principalement orientés vers le développement des ressources énergétiques et hydrauliques. Ces investissements interviennent dans un contexte où l’amélioration de l’accès à l’électricité et à l’eau demeure un enjeu majeur pour le développement économique et social.
Les dépenses liées aux fonctions régaliennes occupent aussi une place importante. Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation affiche une dotation de plus de 104 milliards de Fcfa, avec près de 34 milliards de liquidations. La réconciliation, la paix et la cohésion nationale disposent également de crédits destinés notamment au renforcement du processus de paix et aux actions en faveur de l’unité nationale.
Au-delà des montants mobilisés, l’analyse des données révèle des niveaux d’exécution variables. Certains programmes affichent une progression rapide des engagements, tandis que d’autres restent à un niveau plus modéré. Cette situation peut s’expliquer par plusieurs facteurs : les procédures administratives, la maturation des projets, les délais de passation des marchés ou encore les contraintes liées à la mise en œuvre des investissements publics. L’enjeu pour le gouvernement sera donc d’accélérer l’exécution au second semestre afin de transformer les crédits budgétaires en réalisations concrètes pour les populations.
À mi-parcours, le budget 2026 apparaît ainsi comme un instrument au service des grandes priorités nationales : éducation, santé, agriculture, infrastructures et souveraineté économique. Mais la performance finale dépendra de la capacité des administrations à convertir les prévisions financières en résultats visibles sur le terrain.
Mariam A. TRAORÉ
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