À la date
du 10 septembre 2026, les réalisations d’emblavures dans la région sont
estimées à 410.778 hectares, soit 90,79 % des objectifs de 2026 contre 467.740
hectares enregistrés l'an passé à la même période.
Malgré
cette volonté affichée des producteurs, l’encadrement technique et les partenaires
qui accompagnent la région pour honorer son engagement de production, la
campagne est à la croisée de multiples défis qui risquent de bouleverser les
résultats attendus. Ces difficultés ont pour noms, l'insuffisance et la
mauvaise répartition des pluies dans le temps et dans l'espace, la faible crue
au niveau des fleuves, la réticence de certains gros fournisseurs retenus pour
la Région dans le cadre de la subvention par rapport à la livraison des
intrants, et la crise des hydrocarbures.
Ces facteurs
ayant entraîné un retard dans l’installation des pluies avec des poches de sécheresse qui ont
affecté les semis et leur développement, la Région de Mopti a observer un
démarrage peu favorable de la campagne partout dans la circonscription. Cette
situation déjà critique et qui continue d’influencée négativement la campagne
est exacerbée par un déficit de la crue avec un niveau d’eau largement
inférieur à la précédente campagne.
Le
démarrage tumultueux de la campagne dû à l’irrégularité prolongée des pluies,
des poches de sécheresse enregistrées partout dans la région et aux moments
cruciaux d’installation et de développement des cultures ont certainement
compromis les résultats escomptés concernant les cultures sèches (mil, maïs,
sorgho, fonio) et les légumineuses. C’est le constat établi par le directeur
régional de l’agriculture de Mopti, Yéhiya Alhousseini Maïga à l’issue d’une
mission de supervision effectué, le 9 septembre.
La mission
de supervision s’est rendue à Sofara et dans les villages de Barbé, Ornion et
Barigo-Daga dans le Cercle de Mopti. Elle a visité des champs et échangé avec
les producteurs et l’encadrement de proximité. Selon Yéhiya Alhousseini Maïga,
la Région de Mopti est une zone de riziculture par excellence qui occupe
environ 75% de la production céréalière. Pour la campagne 2026 en riziculture,
la région a un objectif de 221.938 ha pour une production attendue de 617.782
tonnes.
Au 10
septembre 2026, les réalisations de riz, tous systèmes confondus, s'élèvent à
190.647 ha, soit un taux d'exécution de 85,90 % des objectifs fixés. À la même
période de la campagne précédente (2025), les superficies réalisées étaient de
200.549 ha, représentant un taux de 93,90% des objectifs. Au dire du directeur
régional de l’agriculture, si ces emblavures bénéficient de la clémence de la
crue, de l’offre de la subvention des fertilisants et de la disponibilité du
carburant pour une irrigation idoine des périmètres, la campagne du riz sera
sauvée.
Selon le
bulletin décadaire de suivi des cultures d’hivernage du 1er au 10 septembre
2026, le cumul pluviométrique saisonnier enregistré depuis le 1er mai, a été
inférieure au niveau des Cercles de la région par rapport à celui de l’an passé
à la même période, sauf à Toguéré-Coumbé où il a été supérieur. Il a été
largement déficitaire à Djenné, Korientzé et Youwarou.
ACCES AUX
INTRANTS- Il est de nos jours révélé que les intrants jouent un rôle
prépondérant dans l’amélioration de la production agricole. Malgré les efforts
de l’état, leur acquisition est toujours un parcours de combattant. Pour la
campagne 2026, la région a, dans le cadre de la subvention, reçu une allocation
de 7 798,40 tonnes d'engrais.
Les
fournisseurs retenus au nombre de 6 pour la région sont : TOGUNA Agro-Industrie
qui détient la plus grosse part des attributions régionales avec 3.591 tonnes
(58,8 %), suivi de SOSAMAT, Maïga Alhousseini, Planète Distribution, Riz Lac
Débo et DPA. Pour l’initiative de subvention, les inscriptions des
bénéficiaires au niveau de la région ont porté sur 219.355 producteurs dont
47.125 femmes soit 21,48 %.
Malgré les notifications des quotas et la mise
en place des mécanismes de gestion des engrais, les efforts de l’état manquent
de soutien des fournisseurs entraînant des difficultés d’approvisionnement des
producteurs.
Selon la note technique de la DRA, seul le fournisseur SOSAMAT a constitué des stocks à ce jour, à hauteur de 217 tonnes d’Urée (17 t à Konna et 200 t à Youwarou). Les distributions effectives s’élèvent à 86,25 tonnes d’Urée au niveau régional, réparties entre Youwarou (69,25 t) et Konna (17 t). Cette situation fait que la région enregistre un très faible taux global de distribution d’engrais minéraux.
Dramane COULIBALY / Amap - Mopti
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