Le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mamadou Samaké a piloté la rencontre
Cet évènement parallèle était l’une des activités phares du Mali qui s’est tenue lundi dernier, dans un pavillon spécialement aménagé à cet effet, pour sa participation à la Conférence des Nations-unies sur le climat, ouverte le 30 novembre dernier dans la capitale des Émirats arabes-unis. Elle était pilotée par le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mamadou Samaké, en compagnie de ses collègues de la Santé et du Développement social, le colonel Assa Badiallo Touré, de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines de l’État, de l’Aménagement du territoire et de la Population, Imirane Abdoulaye Touré. L’invité d’honneur de ce grand évènement était la directrice régionale pour l’Afrique du Programme des Nations unes pour le développement (Pnud), Mme Ahunna Eziakonwa. Ont pris part aux travaux, les ministres burkinabé, guinéen, mauritanien, tchadien en charge de l’Environnement. On notait également la présence de plusieurs personnalités dont le vice-président du Conseil économique, social et culturel du Mali, Amadou Sanoussi Dafé, l’ambassadeur du Mali aux Émirats arabes unis, Mamadou Camara, les chefs de services rattachés du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, les représentants de la société civile malienne du domaine de l’environnement et de nombreux curieux intéressés par le thème.
«Nous devons réclamer notre plein droit, à un traitement favorable dans le financement climatique, car nous sommes victimes d’une situation à laquelle nous ne sommes pas responsables, sinon à moins de 0,1%», a martelé, d’entrée de jeu, le ministre Samaké à l’attention de ses pairs et de l’assistance. Après avoir planté le décor, il a exposé le document de la «Déclaration de Bamako», issue des recommandations des travaux du Forum régional climat, paix et sécurité au Sahel, tenu du 9 au 11 novembre dernier dans notre capitale. Cette rencontre avait servi de cadre de réflexion stratégique entre les pays du Sahel sur la sécurité climatique qui fait référence à l’insécurité et aux conflits induits directement ou indirectement, par l’influence du changement climatique, en combinaison avec d’autres facteurs de vulnérabilité. Éloquemment détaillé par l’orateur du jour et suivi par toute la salle sur des petits écrans accrochés aux parois des murs du pavillon, ce document souligne que l’Afrique qui n’émet que moins de 4% des gaz à effet de serre, subit les dommages les plus importants et reçoit les niveaux les plus bas des financements dédiés à la réponse aux impacts négatifs du changement climatique.
solutions locales-Sans occulter les efforts nationaux, régionaux et internationaux entrepris pour faire face à la problématique climat, paix et sécurité, la Déclaration réaffirme que les effets du changement climatique, les conflits et l’insécurité ne connaissent pas de frontières et ne seront pas résolus exclusivement par des solutions locales ou nationales. Il alerte avec vigueur sur la spirale de violence alimentée par les crimes organisés, les luttes pour l’accès aux ressources naturelles, l’extrémisme violent et le terrorisme qui persistent dans la Région du Sahel. Les pays de la région sont préoccupés par la multiplication des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes qui exacerbent l’insécurité et compromettent les efforts de consolidation de la paix tant au niveau national que régional. Le ministre Samaké a déploré l’impact néfaste de ces crises climatiques et sécuritaires sur les femmes, les filles, les enfants ainsi que les jeunes du Sahel qui sont sous-représentés dans les instances de prise de décisions et les réponses liées à l’adaptation au changement climatique et la consolidation de la paix.
Selon lui, le nexus (lien) climat, paix et sécurité est une priorité à intégrer dans les politiques et plans de développement socio-économiques nationaux et régionaux au Sahel. Dès lors, il est nécessaire de disposer d’un agenda climat, paix et sécurité spécifique au Sahel pour garantir que les communautés locales, notamment dans les zones reculées ou transfrontalières puissent bénéficier de programmes cohérents pour le développement et la paix. Le cadre a servi de tribune pour les ministres présents, d’affirmer l’engagement des peuples des pays du Sahel pour la collaboration régionale et internationale en faveur de la sécurité climatique qui reconnaît et valorise le caractère unique et les spécificités de la région du Sahel. Ils ont souligné la nécessité d’élaborer et d’opérationnaliser des stratégies nationales et régionales inclusives pour renforcer la résilience climatique, la paix et la sécurité dans le Sahel. Ce «side event» a été aussi un espace de plaidoyer et d’engagement en faveur des financements et actions liées au climat, la paix et la sécurité au Sahel, basés sur des mécanismes d’investissements structurants, portés par les institutions sahéliennes, à partir des priorités nationales et régionales.
Appelant à l’adaptation des conditions d’accès au financement climatique pour les pays nécessitant un appui urgent, compte tenu des fragilités et des crises, les ministres ont, aux noms de leurs autorités respectives, affirmé ensemble leur volonté de transformer les défis du Sahel en opportunités pour un avenir prospère, paisible et durable. En réponse à ces préoccupations, Mme Ahunna Eziakonwa, a assuré que l’accompagnement de son organisation ne fera pas défaut. En tant qu’Africaine, elle s’est dite personnellement sensible à cette « injustice climatique que subissent les pays africains, particulièrement ceux du Sahel. La patronne régionale du Pnud a salué cette initiative du Mali qui, selon elle, servira de tremplin pour les négociations futures, afin de remettre l’Afrique dans ses droits en matière de changement climatique. C’est dans cette dynamique que le ministre Samaké et ses collègues multiplient les rencontres tous azimuts avec les partenaires (organismes internationaux, institutions financières, entreprises multinationales et Ong internationales), avec comme seul objectif, rentrer à la maison avec le maximum de moisson dans l’escarcelle, en termes de partenariat et de mobilisation des ressources pour le financement des projets structurants dans notre pays.
Envoyé spécial
Cheick Amadou DIA
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