Hydrocarbures : Le Mali à l’abri d’une pénurie

La fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial, ravive à tort ou à raison les inquiétudes sur les marchés internationaux. Il est ressorti d’une réunion entre le ministre du Commerce et de l’Industrie, Moussa Alassane Diallo, et les opérateurs d’hydrocarbures que notre pays dispose d’une marge de manœuvre suffisante pour anticiper sur d’éventuelles perturbations

Publié vendredi 12 juin 2026 à 08:20
Hydrocarbures : Le Mali à l’abri d’une pénurie

Une vue de la salle lors de la rencontre

 

Le rendez-vous hebdomadaire consacré à la situation des hydrocarbures s’est tenu, hier dans la salle de conférence du département en charge du Commerce. Présidée par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Moussa Alassane Diallo, la rencontre a réuni les principaux acteurs de la chaîne d’approvisionnement, afin d’évaluer l’état des stocks, les difficultés rencontrées et les solutions à mettre en œuvre en vue de garantir un approvisionnement régulier du pays en produits pétroliers.

Une préoccupation majeure portait sur les éventuelles conséquences de la fermeture du détroit d’Ormuz, dans un contexte marqué par la recrudescence des tensions entre l’Iran d’un côté, les États-Unis et Israël de l’autre. Même si le Mali n’est pas directement connecté à cette voie maritime stratégique, certains s’inquiètent des répercussions sur les marchés mondiaux et des possibles perturbations sur les chaînes d’approvisionnement.

Faut-il alors craindre une nouvelle flambée des prix à la pompe ? Le pays dispose-t-il de suffisamment de réserves pour faire face à une éventuelle crise mondiale du pétrole ? Les autorités se veulent rassurantes. Selon le directeur général de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC), Zedion Dembélé, les stocks disponibles sont globalement rassurants. Du 1er au 7 juin, le Mali a enregistré un volume de plus de 31 millions de litres de carburant, représentant un taux de couverture de 15 %.

 Ã€ la date du 9 juin, les stocks atteignaient près de 32,9 millions de litres. Concernant l’approvisionnement de l’intérieur du pays, la Région de Mopti a reçu 26 citernes réparties entre Mopti, Bandiagara et Douentza. 18 autres citernes ont été mises à la disposition de la Région de Ségou. Toutefois, il y avait des appréhensions diffuses pour certaines localités, notamment à Nara et Dioïla.

Il est bon de préciser qu’à la date du 10 juin dernier, 622 citernes étaient recensées sur les différents corridors d’approvisionnement du pays. À ce propos, le ministre Moussa Alassane Diallo a appelé à une meilleure anticipation, afin d’éviter toute rupture dans l’approvisionnement correct et régulier du pays. Face à  la psychose des rumeurs et la fraude, les autorités ont décidé de sanctionner. Selon le ministre Diallo, l’heure n’est plus à la sensibilisation mais à la répression. «Nous n’hésiterons pas à durcir les sanctions pour mettre fin définitivement à ce casse-tête qu’est la fraude», a-t-il averti.

Et d’évoquer quelques mesures applicables telles la fermeture de stations-service en infraction, les poursuites judiciaires, voire l’emprisonnement des fraudeurs. Une autre inquiétude avait trait à une éventuelle tension sur le Super. Les professionnels du secteur parlent d’une forte demande de ce produit dont le stock disponible est actuellement de  30% dans le pays contre 70% pour le gasoil. La question de la diversification des corridors d’approvisionnement a été largement partagée.

Autre dossier sensible : la fixation des prix. Face aux divergences persistantes entre les différents acteurs, le ministre a demandé la tenue urgente d’une réunion de concertation afin de dégager des propositions consensuelles et préserver la stabilité du marché. Enfin sur la fermeture du détroit d’Ormuz, Moussa Alassane Diallo a apaisé les esprits.

Il a estimé que le Mali dispose encore d’une marge de manœuvre suffisante pour anticiper sur d’éventuelles perturbations. In fine, les autorités rassurent que le pays n’est pas menacé par une pénurie immédiate.

Mariam A. TRAORÉ

Lire aussi : Infrastructures numériques : Des avancées notables face à des défis à relever

Au lendemain du lancement officiel de la 4ᵉ édition de la Semaine du Numérique, les travaux techniques se poursuivent au Centre international de conférences de Bamako (CICB)..

Lire aussi : Semaine numérique: La jeunesse malienne s'empare des opportunités du digital

Ce mercredi 29 juillet 2026, le Centre International de Conférences de Bamako (CICB) est animé par une effervescence inhabituelle. Pour la 4e édition de la Semaine du Numérique, les couloirs sont noirs de monde : des grappes de jeunes se pressent devant les stands, casques de réalité virtuelle.

Lire aussi : Quand l’or servait comme unité de mesure

Imaginez un marchand akan, il y a plusieurs siècles. Au cœur d’un marché animé, quelque part entre les royaumes de l’Afrique de l’Ouest, il sort une petite balance. Dans sa main, quelques grains de poudre d’or. Pour les peser, il choisit un petit objet en bronze représentant un poisson-.

Lire aussi : Paiement instantané : Le grand défi reste l’usage

Dix mois après son lancement, la plateforme régionale de paiement instantané (PI-SPI) affiche des chiffres qui impressionnent : 30 millions de personnes connectées, un million de transactions et 110 milliards de Fcfa échangés. Mais derrière cette progression se cache un paradoxe : le réseau .

Lire aussi : Semaine du numérique : L’AES à la conquête de sa souveraineté numérique

Maîtriser ses données, contrôler ses infrastructures, choisir ses technologies : pour les États de l’Alliance des États du Sahel (AES), la souveraineté numérique apparaît désormais comme un enjeu de puissance, d’indépendance et de sécurité. C’est autour de cette problématique que .

Lire aussi : Atlas Ciment : 30 milliards de fcfa pour réduire le déficit et alléger la facture

Le chantier de l’usine Atlas Ciment avance à grands pas. Implantée à Dio, dans le Cercle de Kati, cette nouvelle unité industrielle devrait entrer en production dans un mois. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, s’est rendu, hier, sur le site pour constater lâ.

Les articles de l'auteur

Quand l’or servait comme unité de mesure

Imaginez un marchand akan, il y a plusieurs siècles. Au cœur d’un marché animé, quelque part entre les royaumes de l’Afrique de l’Ouest, il sort une petite balance. Dans sa main, quelques grains de poudre d’or. Pour les peser, il choisit un petit objet en bronze représentant un poisson-scie..

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 29 juillet 2026 à 08:46

Paiement instantané : Le grand défi reste l’usage

Dix mois après son lancement, la plateforme régionale de paiement instantané (PI-SPI) affiche des chiffres qui impressionnent : 30 millions de personnes connectées, un million de transactions et 110 milliards de Fcfa échangés. Mais derrière cette progression se cache un paradoxe : le réseau s’élargit plus vite que les usages. Au Mali comme dans les autres pays de l’Uemoa, le véritable test commence désormais : faire du paiement instantané un réflexe du quotidien.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 29 juillet 2026 à 08:44

Politique monétaire de l’UMOA : La Bceao prend langue avec les journalistes économiques

Après deux jours de travaux, le séminaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à l’intention des journalistes économiques de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) s’est achevé sur une note de satisfaction. Les participants ont salué la qualité des échanges et des thèmes abordés tout en formulant des recommandations visant à renforcer la collaboration entre l’institution et les professionnels des médias.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mardi 28 juillet 2026 à 09:52

COFEB : la 48è promotion du Master en Finance et Techniques Bancaires achève sa première phase de formation

Le Centre ouest-africain de formation et d’études bancaires de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest a célébré, samedi 25 juillet 2026 à Dakar, la promotion du Master en Finance et Techniques Bancaires. Trente auditeurs des huit États de l’UEMOA ont reçu leurs attestations.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié lundi 27 juillet 2026 à 08:18

Musée de la Monnaie de la BCEAO : Une immersion entre mémoire et avenir

Dakar. Il est 14 heures lorsque les portes du Musée de la Monnaie de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) s’ouvrent devant notre groupe de journalistes. Dans le vaste hall d’accueil, le silence des lieux contraste avec l’effervescence de l’avenue Abdoulaye Fadiga, au cœur du quartier du Plateau..

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié vendredi 24 juillet 2026 à 11:45

BCEAO : L’UEMOA résiste aux crises et accélère sa croissance

En dépit des tensions géopolitiques et des incertitudes qui ont marqué l’économie mondiale en 2025, l’UEMOA a enregistré une croissance de 6,7%, une inflation ramenée à 0 % et un regain du financement de l’économie.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié jeudi 23 juillet 2026 à 07:57

Politique monétaire de la BCEAO : Le pari de la stabilité dans les économies sous pression

Inflation galopante au Ghana et au Nigeria, hausse brutale des taux d’intérêt dans plusieurs économies africaines, ralentissement de la croissance mondiale… À travers une politique monétaire rigoureuse, la Banque centrale tente de concilier un impératif parfois difficile : protéger le pouvoir d’achat des populations tout en maintenant les conditions d’une croissance soutenue.

Par Mariam A. TRAORÉ


Publié mercredi 22 juillet 2026 à 08:46

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner