Du 15 juin au 14 juillet, les deux centres de la ville de Sikasso ont reçu plus de 4.800 dossiers
Conformément au communiqué du ministère des Transports et des Infrastructures N° 02-MTI-2026, relatif à l’opération spéciale d'immatriculation des engins à deux et trois roues sur toute l'étendue du territoire national, Sikasso a entamé ses activités, le lundi 15 juin 2026. Selon le communiqué, la direction générale des transports, ses services régionaux et subrégionaux ainsi que les centres dédiés sont mobilisés pour ladite opération. Ainsi, dans la 3è région administrative, l’opération se tient à trois niveaux : dans le Cercle de Kadiolo, dans la ville de Sikasso, où l’opération se déroule à la direction régionale des Transports et au centre secondaire qui se trouve à la direction régionale des routes (celui-ci a été créé sur initiative de la direction régionale des Transports, celle des routes et de l’Agence nationale pour la sécurité routière).
Ce mercredi du mois de juillet, il est environ 10 heures dans la cour de la direction régionale des Transports de Sikasso. Sous un soleil de plomb, cette cour communément appelée «ONT» est prise d’assaut par les propriétaires des engins à 2 et 3 roues. Au fond et à gauche, sous des manguiers, des hommes et des femmes attendent leur tour pour faire immatriculer leurs motos. Sur place, l’impatience se lit sur le visage des uns et des autres. Chacun est pressé d’avoir sa plaque d’immatriculation et sa carte grise. Ainsi, des tricycles et des motos sont rangés dans la cour en attendant leur immatriculation.
«Cette opération d’immatriculation des engins à 2 et 3 roues est une très bonne initiative de la part des plus hautes autorités du pays. Depuis 4 heures du matin, je suis ici. J’ai tout laisser tomber pour pouvoir immatriculer ma moto», déclare Abdoulaye Maïga. Il appelle la direction régionale des Transports de Sikasso à étoffer le personnel qui s’occupe de la délivrance des plaques d’immatriculation. À l’en croire, cette direction doit tout mettre en œuvre pour mener à bien cette opération de haute envergure.
Daouda Koné du quartier Bougoula hameau vient de recevoir sa plaque. «Nous devons immatriculer nos engins car, le défi a été lancé par les autorités de la Transition. Depuis le lancement de l’opération à Sikasso, j’ai entamé la procédure pour mes motos. Aujourd’hui, je suis vraiment comblé de joie. Cela permettra à mes proches de croire à la réalité de cette opération», s’exprime-t-il avec joie. «Diamana kola, anw makan ka to ko», signifiant en langue française «Pour le bien-être du pays, on ne doit pas rester en marge». Il saisira l’occasion pour inviter la population à tout faire pour adhérer pleinement à l’initiative.
CONNEXION MOBILE INSTABLE- Selon le propriétaire de tricycle Amadou Diassana, cette opération est venue à point nommé. Elle permettra non seulement d’identifier, mais de sécuriser nos engins. «Je viens de recevoir les plaques d’immatriculation de mes deux motos. Je suis soulagé et en même temps rassuré d’avoir fait mon devoir. Je salue les autorités de la Transition pour leur clairvoyance», confie Amadou Diassana. Pour lui, chaque bon citoyen doit immatriculer sa moto pour son propre bien-être et celui du pays. De son côté, Aldjouma Touré déplore la lenteur des activités. Il propose la création d’un site où les dossiers scannés des usagers seront déposés. S’y ajoutent le remplissage des formulaires, les paiements, etc.
«L’opération spéciale d’immatriculation des engins à 2 et 3 roues se passe bien à Sikasso. Du début de l’opération, le 15 juin au 14 juillet, les deux centres de la ville de Sikasso ont reçu plus de 4.800 dossiers», affirme la directrice régionale des Transports Mme Traoré Lydie M. Fatoumata Jocoue. Ces centres travaillent chaque jour de 7h30 à 17h, voire 18h et même les samedis. S’agissant de l’affluence, celle qui coordonne les activités laissera entendre que sa direction pouvait enregistrer 200 à 300 dossiers par jour. Ici, l’usager se contente de déposer ses dossiers et de s’acquitter du coût de l’opération qui est fixé à 12.000 Fcfa, les agents se chargent du reste des procédures.
À la confection de la plaque, les agents informent l’usager qui vient récupérer sa plaque. Comme la population ne recevait pas de reçu avant la confection de la plaque, elle s’est plainte. C’est pourquoi, à présent, les agents ont changé de mode opératoire. Avec ce changement, les agents ne peuvent enregistrer qu’une quarantaine de dossiers par jour au niveau des deux centres. Avec le nouveau système, il faut notamment établir le procès-verbal de réception, établir la facturation, procéder au paiement au choix par Sama money, Orange money ou Moov money. Ainsi, l’argent est directement crédité sur les comptes du Trésor public grâce à ce paiement électronique. Là encore, la population se plaint de la lenteur de cette procédure. En termes de défis, l’opération est confrontée au manque de ressources humaines au niveau de la division carte grise (division chargée de l’opération d’immatriculation des engins à 2 et 3 roues). Là-bas, ce sont les stagiaires et les bénévoles qui constituent la cheville ouvrière. Ils remplissent les formulaires et s’occupent des enregistrements dans le registre. À cela s’ajoutent les coupures d’électricité, la perturbation des réseaux de téléphonie mobile ce qui rend difficile le paiement électronique. Il faut signaler que la connexion constitue la colonne vertébrale de cette opération.
DIFFICULTÉS TECHNIQUES- Pour sa part, le chef du centre de l’opération spéciale d’immatriculation non moins le chef de la division carte grise de la direction régionale des Transports de Sikasso, Cheickna Hamalla Siby précise qu’à son niveau l’opération est fréquemment confrontée à un certain nombre de difficultés. À savoir, les rejets de dossiers notamment pour motif : «moto déjà immatriculé», «dépassement de numéro de séries», « marques de motos qui n’existent pas dans la base de données de la direction régionale des Transports», etc. Face à ces situations, la population s’impatiente, mais le chef de la division carte grise joue à l’apaisement en l’appelant au calme tout en rappelant que sa structure est là pour la satisfaire.
En outre, la directrice régionale des Transports Mme Traoré Lydie M. Fatoumata Jocoue saisira l’occasion pour inviter les propriétaires des engins à 2 et 3 roues à venir faire immatriculer leurs engins. Toute chose qui contribuera à identifier le propriétaire, mais, surtout, à faciliter les enquêtes en cas de vol ou d’infraction.L’immatriculation de ces engins est tout à fait pertinente compte tenu de la situation sécuritaire qui prévaut dans notre pays. Cette initiative permettra de déjouer les malversations et a pour but surtout d’instiller le sentiment de méfiance des délinquants à vouloir s’emparer des engins d’autrui. Il est utile de rappeler que les dossiers à fournir pour avoir accès à la plaque d’immatriculation des engins à 2 et 3 roues sont la facture d’achat de la moto ou la vignette de l’année en cours, la carte d’identité biométrique, le passeport ou la carte NINA, le certificat de résidence et s’acquitter des frais qui s’élèvent à 12.000 Fcfa.
Mariam DIABATE / AMAP - Sikasso
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