Remise
du Ciwara au représentant de la mairie de Kambila
La
cérémonie de clôture était présidée par
le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Boubacar Dembélé,
en présence du secrétaire général de la mairie de la Commune rurale de Kambila,
Doussou Mory Keïta, du directeur de l’Académie d’enseignement (AE) de Kati,
Soryba Koné, et beaucoup d’autres invités. Le groupement des femmes de Kambila a
donné le ton avec l’exécution de l’hymne national en bamanankan, puis il y a eu
la remise d’un Ciwara à la mairie de la localité pour ses résultats engrangés.
Les participants ont également assisté à une prestation de slam et à un sketch
consacré à l’importance de l’alphabétisation, avant un défilé des apprenantes
des trois centres de formation de femmes de Kambila, spécialisés dans le
maquillage, la transformation agroalimentaire et la couture.
Le
représentant du département en charge de l’Éducation a salué la mobilisation
des autorités, des partenaires, des acteurs de l’alphabétisation, ainsi que des
femmes, des jeunes et des apprenants, estimant que leur engagement démontre que
le droit à l’éducation ne s’arrête pas à l’âge scolaire. Le savoir, a souligné
Boubacar Dembélé, demeure à tout âge un instrument d’émancipation et de
développement. À le croire, le choix de Kambila pour abriter la cérémonie
traduit la volonté de rapprocher davantage l’alphabétisation des communautés et
de l’inscrire au cœur des réalités locales.
Et
de rappeler que «sans alphabétisation, il ne peut y avoir d’éducation
véritablement inclusive » et que le développement durable nécessite des
citoyens capables de lire et de comprendre. Il a aussi souligné que
l’alphabétisation ne saurait se limiter à l’acquisition de compétences de base.
Elle constitue « un levier de transformation sociale, économique, culturelle et
citoyenne ». Une personne alphabétisée est, selon lui, mieux outillée pour
accéder à l’information, comprendre ses droits et prendre des décisions
éclairées.
Évoquant
le patrimoine linguistique et culturel, le secrétaire général a indiqué que
notre pays a « tout à gagner en promouvant l’alphabétisation dans ses langues
officielles ». Cette orientation constitue une stratégie importante pour
valoriser la culture nationale et transmettre les savoirs aux générations
futures. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à promouvoir les langues
nationales dans l’éducation et l’alphabétisation avant d’appeler l’ensemble des acteurs à accroître l’offre
d’alphabétisation et d’éducation non formelle, à améliorer la qualité des
apprentissages, à renforcer la formation des formateurs et à développer des
programmes adaptés aux besoins des populations.
S’adressant
aux partenaires et aux acteurs de l’alphabétisation, Boubacar Dembélé les a
invités à renforcer leur engagement aux côtés de l’État à travers des actions
concrètes. Aux apprenants, le responsable éducatif a adressé des
encouragements, saluant leur courage et les invitant à poursuivre leurs
apprentissages.
Pour sa part, Doussou Mory Keita a placé
l’alphabétisation au cœur des enjeux de développement de la commune. Selon lui,
savoir lire, écrire et compter va bien au-delà de l’acquisition de simples
compétences de base. « C’est une clé qui ouvre les portes de la connaissance,
de la liberté et de l’autonomie », a-t-il déclaré. L’agent chargé d’expédier
les affaires courantes a déploré la persistance de l’analphabétisme dans les
zones rurales et les localités éloignées. Face à cette situation, il a appellé
à intensifier les actions en faveur de l’éducation non formelle et à rapprocher
davantage les centres d’apprentissage des populations.
Pour le directeur de l’AE de Kati a plaidé pour une meilleure intégration de l’alphabétisation dans les politiques d’éducation et de culture. Il a insisté sur son rôle dans l’autonomisation, la citoyenneté, la lutte contre les inégalités et la préservation du patrimoine culturel. Le thème de cette année, selon Soryba Koné, interpelle directement l’ensemble des acteurs du système éducatif. Le directeur de l’AE de Kati a également rappelé que les langues nationales constituent des vecteurs importants de l’histoire, des valeurs, des savoirs et de l’identité des communautés.
Tamba CAMARA
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