La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le Ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou AG ILYÈNE. Elle s’est déroulée en présence du président de la Maison, de la Presse Bandiougou Danté, de la directrice de RT en français Natalia Lebedeva, des professionnels de l’information, de responsables d’institutions, de partenaires et de délégations du Burkina Faso, du Sénégal, de la Guinée, du Niger, du Togo, du Bénin et de la Russie.
Cette cinquième édition placée sous le thème « Professionnalisme des médias sociaux, viabilité économique des médias » accueille une cinquantaine de stands destinés aux les différents acteurs du paysage médiatique malien : radios, télévisions, journaux, médias en ligne, agences de presse ainsi que organisations professionnelles. « À travers ces espaces d'exposition, notre ambition est de donner à voir toute la diversité et la pluralité du monde des médias maliens, de favoriser les rencontres et de créer des opportunités de collaboration entre les professionnels » a indiqué le président de la Commission d’organisation du salon des médias du Mali, Issa Kaba Diakité.
Au-delà des expositions plusieurs panels sont également prévus autour des thématiques variées notamment l'économie des médias, la professionnalisation et la viabilité économique des entreprises de presse. Cette année le sport fait son entrée dans le programme avec un panel intitulé : « Comment construire un écosystème médiatique autour du sport local en Afrique ? »
En outre, le programme prévoit, la troisième édition de l’École du Salon qui accueille 75 apprenants pour des sessions de renforcement des capacités et des masterclass, avec notamment la participation de confrères russes de RT en français
Prenant la parole au nom de l’ensemble de la presse malienne, Bandiougou Danté a salué l’initiative du salon des médias qui s’inscrit pleinement dans la vision de la Maison de la Presse. A cet effet, il a invité les participants à prendre une part active aux travaux et aux échanges afin que les recommandations issues de cette rencontre constituent de véritables documents de plaidoyers en faveur du secteur médiatique.
De son côté, le ministre des affaires étrangères et de la Coopération Internationale a salué le choix du thème de cette 5ème édition du Salon consacré à la professionnalisation des médias sociaux.
Dans son intervention, il a notamment mis en exergue la place prépondérante des médias qu’occupent les médias dans la société, qu’il s’agisse des médias classiques ou des médias sociaux dont l’influence ne cesse de croître. Face à cette évolution, il a estimé nécessaire de mieux les encadrer et de repenser les modèles économiques du secteur médiatique. Dans cette perspective, Abdoulaye Diop a salué l’organisation du SAM Mali qui offre un cadre d’échanges constructifs sur ces enjeux.
Abordant les mutations de l’environnement informationnel international le Chef de la diplomatie malienne a attiré l’attention sur les défis liés à la désinformation à la manipulation et à la guerre informationnelle. Il a rappelé que l’information est devenue un enjeu majeur de souveraineté, de sécurité, de cohésion sociale et d’influence.
Dans ce contexte Abdoulaye Diop a appelé à une implication accrue des médias nationaux et des professionnels de la communication dans la construction d’un espace médiatique sahélien dynamique et professionnel. Il a également plaidé pour une coopération renforcée entre les acteurs des médias et les institutions diplomatiques afin de contribuer à la promotion de l’image du Mali à l’international.
Pour le ministre la visibilité internationale d’un pays dépend aussi de sa capacité à produire, à maîtriser et à diffuser son propre récit. C’est dans cette optique qu’il a salué la mise en place de Tafouk TV, la télévision de l’AES, et de Daandè Liptako, la radio de la Confédération, constitue une initiative importante.
Enfin, il a réitéré l’accompagnement de son département aux initiatives qui contribuent à une meilleure connaissance du Mali à l’étranger, à la promotion de son image et au développement des échanges entre les professionnels maliens et leurs homologues étrangers.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre AG ILYÈNE a rappelé que les batailles de notre époque ne se livrent plus uniquement sur les terrains militaires, économiques ou diplomatiques. Elles se jouent également dans l’espace informationnel, sur les écrans, sur les réseaux sociaux et dans les consciences.
« Une information peut éclairer une nation. Une désinformation peut fragiliser une société. Une parole responsable peut rapprocher des communautés. Une rumeur malveillante peut, en quelques instants, compromettre des années d’efforts en faveur de la paix et de la cohésion sociale a-t-il déclaré.
Selon lui les médias ne peuvent plus être considérés comme de simples observateurs de notre époque. Ils en sont des acteurs majeurs.
Face à la révolution numérique, le Ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration a insisté sur la nécessité d’une responsabilité collective : « La liberté de publier ne dispense pas du devoir de vérifier. La puissance d’une audience ne remplace pas la compétence. Et la recherche de visibilité ne saurait justifier le sacrifice de la vérité » a-t-il souligné.
Dans la même dynamique, il appelé à accompagner l’émergence d’une nouvelle génération de professionnels des médias sociaux, conscients de leurs responsabilités, formés aux exigences de l’éthique et capables de maîtriser les nouveaux outils numériques.
Pour Alhamdou AG ILYÈNE la professionnalisation doit devenir une ambition commune. Elle passe par la formation, par le respect de la déontologie, par la vérification des faits, par la protection des données personnelles, par la cybersécurité et par une meilleure compréhension des technologies émergentes. Dans cette dynamique, il a salué l’initiative de l’École du Salon, qui permet à de jeunes journalistes et communicateurs d’acquérir des compétences indispensables à l’exercice de leur métier.
Par ailleurs, le ministre Alhamdou AG ILYÈNE a insisté sur la question de la souveraineté informationnelle estimant que l’Afrique doit être pleinement actrice de la production, de la diffusion et de la maîtrise de sa propre information. « La souveraineté politique ne saurait être complète sans une véritable souveraineté numérique et informationnelle » a-t-il affirmé.
Il a rappelé que le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de la Confédération des États du Sahel, avancent dans la construction d’un espace de coopération fondé sur la solidarité, la souveraineté et la défense de leurs intérêts communs.
Le ministre a, en outre, appelé à la mise en place d’un cadre de dialogue les entre les pouvoirs publics, les entreprises de presse, les annonceurs, les opérateurs numériques et les partenaires techniques et financiers. Il a réitéré l’engagement du Gouvernement, à travers son département à accompagner la modernisation du paysage médiatiquemalien, le renforcement des capacités professionnelles et la recherche de solutions durables aux difficultés du secteur.
S’adressant particulièrement aux jeunes journalistes, blogueurs, vidéastes, animateurs de plateformes numériques et créateurs de contenus Alhamdou AG ILYÈNE les a invités à garder à l’esprit qu’une grande audience implique une grande responsabilité.
Pour sa part, la directrice de RT en français, Natalia Lebedeva, a évoqué les défis auxquels sont confrontées les chaînes de télévision dans un environnement médiatique marqué par la concurrence croissante des réseaux sociaux et des blogueurs, mais également par la désinformation et la guerre informationnelle.
Elle a affirmé que face à la guerre informationnelle hybride menée contre nous par les gouvernements occidentaux et leurs médias, deux options se présentent : capituler ou transformer les méthodes de travail pour les adapter aux nouvelles exigences du secteur.
Selon elle, le SAM MALI constitue une occasion exceptionnelle, non seulement de favoriser les rencontres entre professionnels, mais également de développer des approches communes pour promouvoir une information fiable et faire face aux forces qui cherchent à diviser et à discréditer nos pays.
Rappelons que les travaux de ce salon se poursuivent jusqu’au 8 novembre 2026. Cette année, la Nuit des médias fait son retour après deux éditions d’absence. Prévue le dimanche 8 novembre, cette cérémonie entend rendre hommage aux acteurs souvent peu visibles de la chaîne de production de l’information, notamment les cameramen, techniciens, réalisateurs, monteurs et correcteurs.
A cette occasion le trophée Gaoussou Drabo distinguera également un jeune talent du journalisme.
Par ailleurs, un hommage sera rendu le samedi 7 novembre 2026 à Mahamane Hameye Cissé, décédé le 8 avril dernier.
Les travaux du Salon des Médias au Mali (SAM MALI) ont débuté ce jeudi 5 novembre 2026 au palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ sous le haut parrainage du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Abdoulaye Diop..
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