Ce fruit sauvage peut exprimer tout son potentiel s’il est mieux encadré
Chaque saison, des milliers de producteurs et surtout des femmes rurales collectent les fruits du tamarinier. Elles trient, sèchent et commercialisent cette production avec des moyens souvent rudimentaires. Pourtant, au bout de cette chaîne, la valeur ajoutée échappe largement aux premiers acteurs. Le fruit quitte les zones de production sans véritable transformation, alors que les produits dérivés pourraient générer davantage de revenus et créer des emplois.
Le problème n’est donc pas l’absence de potentiel. Il est ailleurs : dans le manque d’organisation, d’investissement et de vision autour de cette ressource.
Le Mali dispose de plusieurs zones favorables à la production du tamarin, notamment dans les régions où le climat permet le développement du tamarinier. Mais la culture reste essentiellement basée sur les arbres naturels existants. Le tamarinier est davantage perçu comme une ressource offerte par la nature que comme une véritable culture économique nécessitant des politiques de développement, de renouvellement et de protection.
Cette situation limite la production et empêche la filière de répondre à une demande qui pourrait pourtant être importante. Car le tamarin n’est pas seulement un fruit destiné à la consommation familiale. Il est une matière première pouvant alimenter plusieurs secteurs : boissons naturelles, confitures, poudre alimentaire, produits pharmaceutiques et cosmétiques.
À l’heure où le Mali cherche à renforcer la transformation locale et à créer davantage de valeur à partir de ses ressources, le tamarin mérite une attention particulière. Continuer à vendre essentiellement le produit brut revient à céder une partie de notre richesse à d’autres acteurs capables de transformer et de mieux commercialiser.
La première urgence est de structurer les acteurs. Les producteurs, collecteurs et transformatrices doivent pouvoir travailler dans des organisations capables de défendre leurs intérêts, d’accéder aux équipements et de négocier de meilleurs débouchés. Une filière organisée est toujours une filière plus forte.
La deuxième priorité concerne la transformation. Il ne suffit plus de récolter et de vendre. Il faut transformer sur place. Installer des unités adaptées dans les zones de production permettrait non seulement d’améliorer la qualité des produits, mais aussi de retenir davantage de revenus dans les communautés rurales.
Enfin, le tamarin doit trouver sa place dans les stratégies nationales de développement agricole et environnemental. La promotion de sa plantation dans les programmes d’agroforesterie pourrait contribuer à la restauration des terres tout en créant une nouvelle source de revenus pour les populations.
Le tamarin est aujourd’hui à la croisée des chemins. Soit il reste ce fruit traditionnel que l’on cueille au gré des saisons, avec une valeur économique limitée, soit il devient une véritable filière capable de porter des initiatives entrepreneuriales locales.
Le Mali ne manque pas de richesses. Le véritable défi est souvent de savoir les transformer en opportunités. Derrière chaque fruit de tamarin se cache une question essentielle à savoir si nous voulons continuer à exporter nos potentialités ou apprendre enfin à créer de la valeur chez nous ?
Mariam A. TRAORÉFaute de moyens adaptés de conservation, de stockage et de transformation, une partie des récoltes se détériore avant même d’atteindre les consommateurs.
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La formation des acteurs vise à mieux encadrer les investissements privés et à accélérer la réalisation des infrastructures structurantes.
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Avec une production de 122.671 tonnes de poissons enregistrée au titre de la campagne 2025 et près de 900.000 hectares de sites aménageables pour la pisciculture, le Mali dispose d’atouts importants pour renforcer sa production de poissons d’eau douce.