Partenariat public-privé : Le Mali passe à l’action

La formation des acteurs vise à mieux encadrer les investissements privés et à accélérer la réalisation des infrastructures structurantes

Mariam A. TRAORÉ

Publié le 4 novembre 2026 à 09:41

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Partenariat public-privé : Le Mali passe à l’action

Les travaux ont été présidés par le directeur de cabinet du Premier ministre, Hamadoun Touré (c)

 

De l'eau potable à l'énergie, des transports à l'assainissement, en passant par la santé, l'éducation et l'agriculture, les besoins du Mali en infrastructures restent considérables. Face à l'ampleur des investissements nécessaires et aux contraintes des ressources publiques, l'État entend davantage mobiliser les capacités financières et techniques du secteur privé.

Le partenariat public-privé (PPP) s'inscrit dans cette perspective, avec une ambition de faire de l'investissement privé un levier de souveraineté économique et de développement. C'est tout l'enjeu de l'atelier de formation sur le partenariat public-privé et d'appropriation des documents standards organisé hier à l'intention des cadres et acteurs du District de Bamako. La cérémonie d'ouverture était présidée par Hamadoun Touré, ministre, directeur de cabinet du Premier ministre, au nom du chef du gouvernement.

Dans son discours, le ministre a rappelé que le Mali, à l'instar de nombreux pays, s'est engagé dans une quête déterminée de souveraineté économique. C'est dans ce cadre que le gouvernement a impulsé la stratégie des PPP pour contribuer à résorber le déficit d'infrastructures structurantes, améliorer leur qualité et leur durabilité et faciliter la mobilisation de financements privés.

Pour Hamadoun Touré, ce mécanisme représente une opportunité de faire appel aux ressources, à l'expertise et aux capacités d'innovation du secteur privé, tout en assurant une utilisation soutenable et optimale des moyens publics. Il peut ainsi permettre à l'État de poursuivre la réalisation d'investissements structurants répondant aux besoins des populations.

Le Mali dispose déjà d'un cadre juridique et institutionnel encadrant ce mécanisme. La loi n°2016-061 du 30 décembre 2016 relative au partenariat public-privé en constitue le socle. Elle est complétée par des textes réglementaires, notamment les décrets du 9 février 2017 portant modalités d'application de la loi et création de l'Unité de partenariat public-privé (UPPP).

Toutefois, l'existence d'un cadre juridique ne suffit pas à garantir la réussite des projets. Le ministre a insisté sur plusieurs exigences, à savoir  une bonne identification des projets, une évaluation préalable rigoureuse, l'analyse de leur faisabilité technique, économique et financière, une répartition équilibrée des risques et une sélection transparente et compétitive des partenaires. Le suivi de l'exécution des contrats constitue également une étape déterminante.

C'est précisément pour répondre à ces exigences que l'UPPP a élaboré des documents standards harmonisés et opérationnels. Ceux-ci comprennent notamment les guides méthodologiques des PPP, les dossiers types de préqualification et d'appel d'offres, ainsi que les outils d'accompagnement de la préparation et de la passation des contrats. Validés lors de l'atelier national tenu du 13 au 17 avril 2026, puis approuvés, le 11 mai 2026, par décision du Premier ministre, ces instruments doivent désormais être connus et maîtrisés par les acteurs concernés.

Dans son intervention, le Coordinateur de l'UPPP, Issa Hassimi Diallo, a souligné l'importance de cette appropriation. Selon lui, la réussite des partenariats public-privé dépend largement de la capacité des acteurs à maîtriser les procédures et les différentes étapes du cycle de vie des projets.

Il a également mis en avant l'intérêt de mobiliser les financements, les technologies et l'expertise du secteur privé pour répondre aux besoins du pays. Pendant trois jours, les participants seront ainsi outillés sur le cadre juridique et institutionnel des PPP, les guides méthodologiques, les procédures de préparation et de passation des contrats, les mécanismes de financement, le partage des risques ainsi que le suivi de l'exécution des conventions. Au-delà de la maîtrise des procédures, Hamadoun Touré a invité les participants à faire de cette rencontre un véritable espace de dialogue, de partage d'expériences et de bonnes pratiques.

L'ambition, a-t-il indiqué, est de parvenir à identifier et à mettre en œuvre des projets rigoureusement préparés, juridiquement sécurisés, financièrement soutenables, économiquement viables et socialement bénéfiques. L'enjeu est donc de passer du cadre réglementaire à la réalisation effective des investissements. Les PPP ne doivent pas être une simple alternative au financement public, mais un instrument au service de l'intérêt général. Leur réussite se mesurera à leur contribution à l'amélioration des services publics, à l'accès aux infrastructures essentielles et à la satisfaction durable des besoins des populations.

Moustapha Toure

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