Une vue des officiels lors de la cérémonie
À l’instar de la communauté internationale, notre pays a célébré, hier au Centre international des conférences de Bamako (CICB), la Journée internationale des archives. L’événement était présidé par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement et invités de marque.
De son institution par le Conseil international des archives en novembre 2007 à nos jours, notre pays a répondu présent a tous les rendez-vous se rapportant à la bonne conservation des archives. D’où l’importance de la célébration de cette journée sous le thème national : «Garantir et renforcer la sauvegarde et l’accès aux archives par la numérisation». Ce thème n’a pas été choisi au hasard.
Au plan national, l’idée de création d’une direction nationale des archives est partie d’un constat clair. La méthode de conservation des données archivées concordait peu voire plus avec les réalités techniques et technologiques du moment. D’où la nécessité de mise en place des conditions idoines permettant d’assurer une bonne conservation de nos archives, en les mettant à l’abri de l’usure du temps.
«L’évolution nous a tendu la main, c’est à nous de savoir comment l’utiliser. Les récits doivent quitter les tiroirs pour se retrouver désormais dans les disques durs», ont expliqué les spécialistes de la direction nationale des archives du Mali (DNAM). Ces derniers lèvent ainsi un coin du voile sur la nécessité de recourir désormais à la numérisation des archives nationales, afin d’en tirer le maximum de profit pour notre pays.
À ce propos, les fonds d’archives de la DNAM sont édifiants. À ce jour, la structure conserve environ 69. 500 articles, soit 7,405 km linéaires de documents provenant essentiellement de l’administration coloniale et postcoloniale. En termes de conservation, les archives coloniales issues des fonds anciens (1855-1920) se retrouvent dans un état de dégradation sévère. Par ailleurs, ces archives se trouvent être les plus sollicitées par les usagers. Au regard de cette réalité, la numérisation des archives est plus que nécessaire pour notre pays parce que cela permettra, entre autres, la conservation du patrimoine archivistique, la protection des données sensibles, mais aussi la transmission de la mémoire collective.
Toutefois, pour parvenir à cette numérisation tant souhaitée, la DNAM fait face à de nombreux défis, notamment la formation limitée en archivistique numérique, l’insuffisance de spécialistes en technologies de l’information. À ceux-ci, s’ajoutent l’insuffisance du personnel, particulièrement les spécialistes en conservation, la forte mobilité des agents du domaine et l’absence de programme de formation continue.
Le Premier ministre s’est appesanti sur l’importance du thème choisi cette année. Pour le Général de division Abdoulaye Maïga, il met en lumière l’impérieuse nécessité de recourir aux technologies numériques pour assurer une préservation durable, sécurisée et accessible de notre patrimoine documentaire. «Il constitue également une réponse concrète aux défis liés à l’état de dégradation de certains fonds conservés par la direction nationale des archives du Mali, a précisé le Chef du gouvernement.
Et d’ajouter que ce choix traduit la volonté des autorités de la Transition de faire de la transformation numérique, un levier majeur de modernisation de l’Administration publique et d’amélioration des services rendus aux citoyens. Toujours dans la même veine, le Premier ministre Abdoulaye Maïga dira que cette orientation s’inscrit pleinement dans la vision «Mali kura Netaa sira ka ben san 2063 ma» qui place l’innovation, la digitalisation et la valorisation du patrimoine national parmi les piliers du développement du pays.
Par ailleurs, le Premier ministre n’a pas passé sous silence l’importance des archives pour le pays. Selon lui, elles ne sont pas de simples documents conservés dans des dépôts administratifs, mais représentent la mémoire vivante de la nation, la preuve des droits des citoyens et le socle de la continuité de l’État.
Les archives ont donc une valeur essentielle. Elles servent de preuves dans de nombreux domaines : état civil, propriété foncière, contrats administratifs, carrières des agents publics, accords et conventions.
Au-delà, le Général de division Abdoualye Maïga a estimé que le gouvernement demeure résolument engagé à poursuivre les réformes nécessaires pour renforcer la gouvernance archivistique, mais aussi moderniser les infrastructures de conservation, afin de promouvoir une culture de gestion rigoureuse de l’information publique.
Mohamed TRAORE
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