#Mali : Assistance aux victimes des conflits : Hommage aux acteurs humanitaires

Certains perdent la vie dans l’accomplissement de leur mission. D’autres sont victimes de détention arbitraire, de harcèlement ou d’intimidations

Publié lundi 19 août 2024 à 17:10
#Mali : Assistance aux victimes des conflits : Hommage aux acteurs humanitaires

Officiels et autres participants après la cérémonie d’ouverture

 

Les acteurs humanitaires, en partenariat avec le ministère de la Santé et du Développement social, a célébré, hier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), la Journée mondiale de l’aide humanitaire marquant le 21è anniversaire de l’attentat à la bombe de 2003 contre le siège de l’Organisation des Nations unies (Onu) à Bagdad. Lors de cette attaque, 22 travailleurs humanitaires ont été tués et au moins 150 personnes blessées. D’où cette commémoration à travers le monde pour rendre hommage aux humanitaires. Présidé par le secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social, Dr Abdoulaya Guindo, l’évènement a été couplé à la Journée portes ouvertes.

Le secrétaire général du ministère en charge de la Santé a indiqué que cette journée est dédiée à l’engagement, au courage et à la solidarité de ceux qui  œuvrent sans relâche pour apporter secours et espoir à ceux qui en ont le plus besoin. Dr Abdoulaye Guindo a affirmé que 2023 a été l’année la plus meurtrière pour les travailleurs humanitaires.

Le nombre d’acteurs humanitaires tués à travers le monde a plus que doublé entre 2022 et 2023 passant de 118 à 280 victimes, a-t-il souligné, ajoutant qu’au Mali, les statistiques de 2024 révèlent que  les humanitaires sont souvent pris pour cible par les ennemis de la paix. Avec les efforts en cours et la dynamique amorcée par les Forces armés maliennes (FAMa), a assuré le secrétaire général, cet effroi sera vaincu et transformé en opportunité pour un développement durable.  

 

DÉFI DU FINANCEMENT- Pour sa part, le représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), en sa qualité de coordonnateur humanitaire par intérim, a fait savoir que les conflits  armés représentent 88% des motifs de déplacement des populations civiles dont la majorité sont des femmes et des enfants. «La destruction d’infrastructures civiles, les hostilités armées, la présence d’engins explosifs improvisés et l’imposition de blocus ont privé des communautés entières de l’aide dont elles ont besoin pour survivre», a déploré Malèye Diop.


Il a soutenu qu’aux difficultés opérationnelles et aux contraintes d’accès, se couple le défi du financement. À ce propos, il a noté qu’au mois de juillet 2024, seuls 20% des 701 millions de dollars (environ 350 milliards de Fcfa)  requis dans le cadre du plan de réponse humanitaire ont pu être mobilisés. C’est pourquoi, les acteurs humanitaires n’ont pu secourir que 576.000 sur les 4 millions de personnes ciblées.

Le coordonnateur par intérim a tout de même remercié les donateurs qui œuvrent pour que le Mali demeure parmi les priorités internationales. «Des financements flexibles et un accès humanitaire amélioré sont essentiels pour maintenir la continuité de l’appui déjà fourni pour sauver des vies et répondre aux besoins croissants de la population malienne», a fait remarquer Malèye Diop. 

Au Mali, dira le représentant résident du Pnud, 151 violations ont été enregistrées contre les acteurs. Selon le décompte provisoire de la base de données sur la sécurité de ceux-ci, a-t-il poursuivi, 2 ont perdu la vie et 7 ont été enlevés ou détenus contre leur volonté depuis le début de 2024.

Le coordonnateur a plaidé pour que les attaques contre les travailleurs humanitaires et leurs biens cessent. Selon lui, il est temps de mettre un terme à l’indifférence devant les situations de désespoir des vulnérables populations dont les vies sont continuellement menacées. Il a également évoqué les contraintes d’accès difficile des Régions de Mopti, Ménaka et de Gao. 

De son côté, la cheffe du bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) a exprimé ses condoléances à la famille des enseignants froidement tués par les Groupes armés terroristes (GAT). Ami Martyn a témoigné que les services publics et les acteurs humanitaires travaillent pour le bien-être de la population.

Elle reste convaincue que ce personnel est confronté à des dangers et fait l’objet de campagnes de désinformation. Il ajoutera que les populations civiles ne sont pas épargnées. Dans les rangs des humanitaires, en 2023, les Nations unies ont enregistré 34 décès dans les conflits armés, soit une augmentation de 72% par rapport à 2022.

Namory KOUYATE

Lire aussi : 35 ans de démocratie au Mali : Du sacrifice de 1991 à l’exigence de Refondation

Le 26 mars 1991 demeure une date charnière dans l’inconscient collectif malien..

Lire aussi : Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Lire aussi : France : Le rappeur Maître Gims placé en garde à vue

L’auteur du tube «Je me tire» serait impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent en bande organisée.

Lire aussi : Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ : L’espoir est permis en 2026

Le budget 2026 de ce temple de la culture est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 588 millions de Fcfa en 2026, contre environ 616 millions de Fcfa en 2025, soit une baisse de 4,6 %.

Lire aussi : Start-up au Mali : L’accompagnement des incubateurs, un levier pour les jeunes

Des initiatives existent, portées aussi bien par les pouvoirs publics que par les structures d’appui à l’entrepreneuriat. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour soutenir pleinement l’innovation.

Lire aussi : ONDD : 75 % des activités réalisées en 2025

Notre pays connaît une transition démographique caractérisée par une jeunesse nombreuse et dynamique. Cette réalité, accompagnée de politiques publiques adaptées, peut constituer un levier puissant pour réduire la pauvreté.

Les articles de l'auteur

Célébration du 26 mars: La nécessité de consolider les acquis de la démocratie

26 mars 1991-26 mars 2026, cela fait 35 ans jour pour jour que le Mali commémore la révolution de son peuple pour l'accession à la démocratie..

Par Namory KOUYATE


Publié jeudi 26 mars 2026 à 13:21

Guerre au Moyen-Orient : Quelles répercussions pour les pays de l’AES ?

L’enseignante à la Faculté des sciences administratives et politiques (Fsap), Mme Samaké Fatoumata H. Traoré, met en exergue les répercussions éventuelles de cette guerre sur la Confédération des états du Sahel. La directrice du Centre d’études pour l’équité et l’excellence (C2E-Nyetaa) recommande également la solidarité régionale, l’interconnexion électrique et l’industrialisation énergétique pour circonscrire la menace de flambée des prix à la pompe.

Par Namory KOUYATE


Publié mardi 24 mars 2026 à 08:59

Processus de paix et de réconciliation : La CAFO lance sa campagne d’information et de sensibilisation

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo) a placé l’évènement sous le thème : «femmes et réconciliation : actrices de paix et de cohésion nationale»..

Par Namory KOUYATE


Publié mardi 17 mars 2026 à 08:27

Kouyaté Goundo Sissoko, présidente de la Cafo : « Les femmes sont des actrices et forces de proposition »

A l’instar des autres pays à travers le monde, le Mali célèbre la Journée internationale de la femme, le dimanche prochain. C’est dans cette mouvance de célébration du 8 mars que la présidente de la Coordination des associations et ONG féminines du Mali (Cafo), Mme Kouyaté Goundo Sissoko, nous a accordé une interview dans laquelle, la spécialiste des questions de genre, de changement climatique et de résilience.

Par Namory KOUYATE


Publié vendredi 06 mars 2026 à 08:44

Dr Fodié Tandjigora à propos de l’Année de l’éducation et de la culture : «Nos programmes d’enseignement peuvent être bien nourris par nos contenus culturels»

L’enseignant-chercheur, sociologue de son état à l’université Yambo Ouologuem de Bamako nous livre son analyse, dans cette interview qu’il nous a accordée, en se focalisant sur les valeurs endogènes pour bâtir le Mali Kura. Dr Fodié Tandjigora, en sa qualité de spécialiste des questions de changement social, opte également pour le non-rejet systématique de la culture d’autrui.

Par Namory KOUYATE


Publié jeudi 05 mars 2026 à 08:49

Remise de vivres : Le CDM au chevet des nécessiteux

Le Collectif pour la défense des militaires (Cdm) a procédé, hier à la mosquée de Fadjiguila en Commune I du District de Bamako, à la remise de kits alimentaires aux fidèles musulmans. La cérémonie présidée par le secrétaire général du Cdm, Younouss Soumaré, avait pour parrain Fassalouma Keïta dit Bemba national..

Par Namory KOUYATE


Publié lundi 02 mars 2026 à 09:10

Enseignement supérieur au Mali : À l’aune de la Refondation de l’État

Le maître de conférences à l’Université Yambo Ouologuem de Bamako (UYOB) diagnostique l’enseignement supérieur au Mali, en évoquant les contraintes liées à la création de l’Université, au passage du système Licence-master-doctorat (LMD) et à son adaptation au contexte de renouveau. Dr Moriké Dembélé propose ses recettes pour relever ce secteur.

Par Namory KOUYATE


Publié mercredi 25 février 2026 à 08:55

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner