#Mali : Cour d’assises : L’enseignant était un pédophile

Il ne se limitait pas à donner seulement que des cours de math à ses élèves. Le ressortissant togolais abusait sexuellement aussi de ses apprenantes

Publié vendredi 29 mars 2024 à 09:13
#Mali : Cour d’assises : L’enseignant était un pédophile

L’enseignant est allé beaucoup plus loin qu’il ne devait avec ses élèves. Il a été inculpé d’attentat à la pudeur, viol et pédophilie. Il s’agit d’un certain Edjikson Komlan Douhadji qui vient ainsi de tomber sous le  coup des dispositions des articles 225, 228 et 229 du code pénal.Ce ressortissant togolais, enseignant d’un autre genre a comparu en Cour d’assises pour s’expliquer et, éventuellement se défendre contre les infractions citées dont les victimes n’étaient autres que de jeunes filles élèves qui lui avaient été confiées. Les faits qui lui sont reprochés remontent à 2018.

En cette année, une grande école de prestige de la place engagea Edjkson Komlan Douhadji comme professeur de maths en remplacement d’une professeure en congé de maternité. Il était chargé de la 4ème et 5ème année A et C. Ainsi Douhadji fit la connaissance de Sali Tivier qui était une des élèves dudit établissement scolaire, âgée de 14 ans. Le professeur trentenaire profitait de cet état de fait pour entretenir des relations sexuelles avec son élève. Il se livrait aussi à des attouchements sexuels sur la personne d’Anna Sy, âgée de moins de 13 ans, camarade de cette dernière. Nanti de cette information, le proviseur de l’établissement dénonçait les faits à la brigade d’investigation judiciaire.

Ainsi, une information judiciaire fut ouverte contre Edjikson Komlan Douhadji pour les infractions criminelles mentionnées. Durant l’instruction de son dossier, il a été démontré qu’à la fin de l’année scolaire 2017-2018, il donna son numéro de téléphone à cette dernière pour qu’ils restent en contact. Lors de leur première conversation, Douhadji demanda à Sali de quelle manière elle l’aimait, elle lui dit qu’elle l’aimait bien comme professeur. Quelques jours plus tard, il lui envoya un message écrit sur WhatsApp pour lui déclarer de nouveau son amour et Sali dit l’aimer aussi. Quelques temps après, l’épouse de Douhadji contacta Sali pour savoir quelle relation elle entretenait avec son mari, Sali lui dit qu’elle est juste une amie.

La dame invita Sali chez elle pour en savoir plus. Une fois chez les Douhadji, la dame l’invita à manger, ce que Sali n’accepta pas, elle sortit pour aller acheter une boisson. Dès qu’elle tourna le dos le professeur Douhadji apparut et dit être étonné de la présence de la jeune fille chez lui. Il prit de l’alcool en bouteille et le mélangea avec de la boisson qu’il partagea avec elle. Tout d’un coup elle ressentit un malaise, Douhadji commissionna sa femme  à la pharmacie pour acheter des comprimés pour leur hôte.

Réception à domicile- L’épouse sortit et Douhadji alla se déshabiller dans la toilette. Il soulèva la jupe de la jeune fille enlèva ses sous vêtements et entretint des relations intimes avec elle. Quand les deux personnes sont retournées, au salon, Douhadji s’est rendu compte que la jupe de Sali était tâchée de sang. Ce dernier expliqua, à la fille que c’était normal pour la première fois.

Quand son épouse arriva, il dit à celle-ci que la jeune fille avait eu ses menstrues, donc de s’en occuper. Son épouse lava la jupe de Sali en la séchant puis elle partit. Un mois passé sans communiquer, car Sali était fâchée du fait que le professeur ne lui a rien fait pour remédier son saignement. Elle informa son amie Anna Sy de la situation, une fille âgée de 13 ans qui créa à la suite de cela un groupe à trois dont le professeur Douhadji, Sali et elle-même. C’est ainsi qu’il les informa que sa femme devait aller à Lomé pour son accouchement et qu’il souhaitait les recevoir à domicile.

Durant une semaine Douhadji préparait les arguments que les filles devaient dire à leurs parents afin qu’elles puissent passer la nuit chez lui. Ainsi elles ont menti à leurs parents toutes les deux qu’elles voulaient passer la nuit l’une chez l’autre. Alors Anna partit chercher Sali avec leur chauffeur, ce dernier les a déposées devant la boutique indiquée par Douhadji, puis celui-ci vint les chercher. Arrivées chez lui, elles mangèrent des bananes et regardèrent un film d’action, après les trois personnes entrèrent dans la chambre à coucher. Le professeur Douhadji se déshabilla en première position pour rejoindre le lit. D’abord, il se livra à des attouchements sur elles et voulut ainsi entamer des relations intimes avec Anna. Alors Sali déconseilla cette dernière de passer à l’acte, ainsi Douhadji se tourna vers Sali et ceci pendant toute la nuit. Le lendemain, elles sont rentrées à la maison.

Prédateur sexuel- À la rentrée scolaire, les deux filles ne voyaient plus Douhadji, lorsqu’ils le lui ont demandé le pourquoi, il répondit que son contrat avait pris fin. Une semaine plus tard, il contacta Sali pour lui dire qu’il ​avait une surprise pour elle, qu’il allait l’amener dans un endroit où elle n’avait jamais mis le pied. Ils se retrouvèrent et Douhadji l’amena dans un hôtel, il dira à Sali de mentir sur son âge en prétendant qu’elle avait dix-huit ans, celle-ci procéda ainsi.

Arrivé dans la chambre, Douhadji révèle sa surprise, qui était une relation intime. Cette dernière refusa mais ce prédateur sexuel réussit à déshabiller la jeune fille sous prétexte qu’il avait déjà payé la chambre. Pour une troisième fois, il l’a poussé à avoir des relations sexuelles avec lui.  Ensuite, il l’a ramène à l’école après avoir nettoyer la jeune fille avec un gel. Le 30 avril 2019, le professeur Douhadji envoya un message à Sali Tivier pour la rencontrer, elle refusa et bloqua son numéro. Quelques temps après, toute cette histoire commença à se propager dans la cour de l’école, Sali stupéfaite, alla se confier à l’infirmière de l’école.

C’est ainsi que cette dernière informa la directrice de l’établissement. La maman de Sali Tivier fut mise au courant. Les parents d’Anna refusèrent de porter plainte puisque quelques temps s’étaient déjà écoulés. Alors la directrice et la mère de Sali portèrent plainte à la brigade d’Investigation Judiciaire (BIJ).
Conséquences : L’enseignant se retrouva devant les jurés de la Cour d’assises pour répondre de ses actes. Le jour de son procès, l’inculpé s’est présenté à la barre, visiblement serein. Nanti de cette sérénité, Douhadji n’a pas souhaité faire trainer les débats. Il a préféré avouer son forfait plutôt que de faire le faux fuyant. Il avait opté pour la même attitude à l’instruction de son dossier devant les officiers de police judiciaire.

Le faux enseignant a reconnu les faits tant sur la personne de Sali Tivier, que d’Anna, âgée de moins de 13 ans au moment des faits. Une fois qu’il a avoué avoir effectivement entretenu des rapports sexuels avec les fillettes, il a tenté de convaincre les jurés par un propos propre à la plupart des pédophiles. Autrement dit, donner l’impression que ses victimes étaient consentantes. Il ajouta dans la foulée que ce sont elles mêmes qui lui fixaient des rendez-vous.
Toutefois, les jurés ont demontré que les infractions de viol et pédophilie sont constantes. Ils ont estimé que le professeur Douhadji profitait ainsi de la naïveté et de l’innocence de ces deux filles pour satisfaire son envie insensée malgré qu’il avait une épouse à son domicile. 

Pour le ministère public, les faits sont clairs. Le défenseur des citoyens pense que l’inculpé veut, coûte que coûte se disculper de l’infraction. Partant des faits tels que cités plus haut le parquet a requis de maintenir le jeune enseignant dans les liens de l’accusation. Puis, il a dans la foulée écarté toute possibilité de circonstances atténuantes. Ainsi la culpabilité de l’accusé ne faisait plus l’objet d’aucun doute. C’est pourquoi la défense a sollicité la clémence de la cour en exprimant son souhait de voir bénéficier son client de circonstances atténuantes. Les jurés ont d’emblée écarté cette éventualité. C’est ainsi que le jeune professeur de maths écopé de 4 ans de réclusion ferme et 5 ans d’interdiction de séjour.

Tiedié DOUMBIA

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