Nouveau code minier : 7 choses à savoir

Le nouveau Code minier change les règles du jeu dans un secteur stratégique pour l’économie nationale. Participation de l’État, place des investisseurs maliens, contenu local, minerais stratégiques, environnement et retombées pour les collectivités : voici sept éléments essentiels à connaître pour comprendre cette réforme.

Publié mercredi 12 août 2026 à 10:04
Nouveau code minier : 7 choses à savoir

1. Le Mali veut peser davantage dans ses propres mines. C’est l’une des principales innovations du nouveau dispositif. Dans les nouveaux projets miniers, la participation cumulée de l’État et des investisseurs privés nationaux peut atteindre 35 %, contre 20 % dans l’ancien cadre. L’objectif est de permettre au Mali de ne plus être seulement un pays où les ressources sont extraites, mais également un acteur de leur exploitation et des bénéfices qui en découlent.

2. Le contenu local devient un véritable enjeu économique. La réforme entend favoriser davantage les entreprises et les travailleurs Maliens dans les activités liées aux mines. Transport, maintenance, restauration, construction, fourniture de biens et de services : les compagnies minières génèrent autour d’elles un important marché. L’ambition est que ce marché profite davantage au secteur privé national et contribue à la création d’emplois.

3. Le chiffre d’affaires des mines ne doit plus être regardé uniquement sous l’angle de la production. En 2025, les producteurs d’or ont versé 888,5 milliards de Fcfa à l’État, selon les données rapportées sur les recettes minières. Ce chiffre illustre le poids considérable du secteur dans les finances publiques. Avec le nouveau Code, l’enjeu est d’améliorer encore la capacité du pays à capter la richesse générée par son sous-sol, à travers la participation dans les projets, les taxes, les redevances et les autres mécanismes prévus par la législation.

4. L’or n’est plus le seul minerai qui compte. Le nouveau cadre accorde une attention particulière aux minerais stratégiques. Cette évolution est importante dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique. Le lithium, notamment, suscite un intérêt croissant en raison de son utilisation dans les batteries et les technologies liées à la mobilité électrique. Pour le Mali, la diversification de la production minière peut représenter une nouvelle source de revenus et d’investissements.

5. Les mines doivent davantage s’intégrer à l’économie nationale. Produire du minerai ne suffit plus. Le défi consiste à développer autour des exploitations un tissu d’entreprises maliennes capables de fournir des biens et des services, mais aussi à renforcer les compétences nationales. À terme, l’ambition est de passer d’une économie essentiellement extractive à une économie où une partie plus importante de la valeur est créée et conservée au Mali.

6. Les populations et l’environnement ne doivent pas être les oubliés de l’exploitation minière. Une mine transforme nécessairement son environnement économique et social. Le nouveau dispositif renforce donc les obligations des opérateurs en matière de protection de l’environnement et prévoit des mécanismes destinés à améliorer les retombées pour les communautés. L’exploitation des ressources doit ainsi s’accompagner d’une meilleure prise en compte des populations vivant dans les zones concernées.

7. Le véritable défi reste l’application du Code. C’est sans doute le point le plus important. Le Mali dispose désormais d’un nouveau cadre juridique, de textes d’application et de structures chargées du suivi du secteur. Mais l’efficacité d’une loi se mesure à son application. Il faudra donc vérifier sur le terrain si les entreprises maliennes accèdent réellement aux marchés miniers, si les engagements des compagnies sont respectés, si les recettes attendues sont effectivement mobilisées et si les communautés bénéficient des retombées annoncées.

Au fond, le nouveau Code minier porte une ambition qui dépasse largement la seule exploitation de l’or. Il s’agit de faire du sous-sol malien un levier de souveraineté économique, d’industrialisation et de création d’emplois. La question essentielle n’est donc plus seulement de savoir combien de tonnes d’or ou de lithium le Mali peut produire. Elle est désormais de savoir combien de richesses, d’entreprises, d’emplois et d’investissements cette production peut générer au bénéfice des Maliens. Le nouveau Code a posé les nouvelles règles. Reste maintenant à transformer ces dispositions en résultats concrets. C’est sur ce terrain que se jouera véritablement la réussite de la réforme.

Mariam A. TRAORÉ

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