Les objectifs scientifiques de l’atelier étaient d’identifier les leviers de transformation institutionnelle, éditoriale et économique
L’atelier qui a réuni les anciens et nouveaux directeurs généraux des Agences de presse du Mali et de la sous-région, et autres acteurs de médias, aura permis de co-construire une feuille de route réaliste et ambitieuse pour repositionner l’agence comme un acteur central de l’information publique au Mali.
Selon les organisateurs, cette relance nécessite une réflexion approfondie sur l’identité institutionnelle de l’Agence, son modèle économique, sa gouvernance et sa mission dans un environnement médiatique en constante mutation. Les objectifs scientifiques de l’atelier étaient d’identifier les leviers de transformation institutionnelle et éditoriale, de proposer un modèle de gouvernance adapté au contexte malien, et de définir les priorités stratégiques pour les cinq prochaines années.
Ainsi, plusieurs questions clés ont été soumises à la réflexion des participants : quel modèle économique et organisationnel pour une Agence de presse publique moderne ? Comment renforcer son autonomie, sa visibilité et sa crédibilité ? Quels partenariats et ressources à mobiliser pour soutenir sa relance ? Comment résoudre la confusion institutionnelle entre l’Amap et sa direction technique ? «C’est une journée consacrée à l’Agence et au modèle à bâtir pour mieux gérer son rôle à l’avenir», a précisé le directeur général de l’Amap, Alassane Souleymane.
La session a été modérée par Bréhima Touré, ancien directeur général de l’Amap. Lors des échanges, les professionnels et anciens responsables ont insisté sur la nécessité de moderniser et de transformer l’Amap. Seydou Cissouma, ancien conseiller à la communication à la Présidence de la République, a indiqué que l’Agence est «les yeux et les oreilles d’une rédaction» et qu’elle est d’une «utilité capitale en temps de crise».
Il a vivement encouragé la transformation de l’offre de l’Agence, en continuant «à faire du texte, mais avec un service audiovisuel», en musclant son offre pour la satisfaction du public, et en se dotant des ressources humaines nécessaires. Seydou Cissouma a aussi estimé que l’Agence, ayant une mission de service public, doit être rémunérée et aidée par l’État, et a suggéré de développer un accord avec le gouvernement pour la diffusion de l’information dans les ministères.
Pr Mamadou Koumé, ancien directeur de l’Agence de presse sénégalaise (APS), a partagé l’expérience sénégalaise insistant sur le fait qu’«une agence n’est pas figée, il faut s’adapter». L’APS a évolué en faisant du son, de l’image et du texte, en misant sur le contenu et le financement public. Il a conseillé de recruter des journalistes de qualité et d’utiliser les outils mis à disposition par les réseaux sociaux, car la dépêche classique, «ce n’est plus le produit».
Assana Diawara, conseiller juridique, a mis l’accent sur la performance et la qualité des hommes pour la réussite de l’Agence, en tenant compte des résultats et des réformes au niveau de l’agence. Il a affirmé que les gens «se battent pour venir à l’AGP», avant d’évoquer les projets de l’AGP : la Web TV, le site web, le bulletin électronique pour les abonnés et des dépêches physiques avec des abonnés et un grand réseau de correspondants dans les préfectures et dans toutes les régions. Il a insisté sur la nécessité de faire la revue de presse et que l’agence soit indépendante, comme l’ORTM. Il faut se réinventer et faire des choses que les autres ne font pas.
Quant à Gaoussou Traoré, ancien directeur de l’Agence nationale de presse du Mali, il est revenu pour suggérer de départager la radio de l’agence pour les correspondant, d’initier des formations et d’améliorer leurs conditions de vie et de travail. Il a conclu que la force de l’Amap, c’est l’intérieur. L’ancien directeur général de l’ORTM, Salif Sanogo, a souligné qu’on a besoin de l’agence vu l’immensité du pays. Pour avoir un personnel pleinement qualifié, il faut passer par des concours pour recruter des hommes de qualités, des tri-médias (radio, télé, écrit).
Il a appelé à un partenariat dynamique entre les ministères et l’Agence. Pour sa part, le directeur général adjoint de l’Agence guinéenne de presse, Mahmoud Barry, a fait savoir que leurs représentants, qui sont dans toutes les préfectures et les zones rurales, produisent des contenus locaux pour l’Agence, pour montrer les réalités locales en rapport avec la période. Ce qui fait qu’ils sont beaucoup sollicités en matière de l’information. Il a aussi mis l’accent sur la formation des agents correspondants.
Fatoumata Mory SIDIBE
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