La cérémonie d’ouverture des travaux été marquée par la présence du représentant du ministère de l’Agriculture, Tiémoko Lanfia Touré et du président de l’Assema, Moussa Sidibé. L’importance de la semence dans la chaîne agricole n’est plus à démontrer. Selon le représentant du ministère de l’Agriculture, les semences certifiées de bonne qualité constituent le premier maillon de la production et un levier fondamental pour permettre aux producteurs de s’adapter aux effets néfastes du changement climatique tout en bâtissant une agriculture durable.
Tiémoko Lanfia Touré a rappelé que la recherche agricole travaille à la mise au point de variétés adaptées au climat local, renforçant ainsi la sécurité alimentaire face aux sécheresses, inondations et maladies. Malgré ces efforts, a-t-il déploré, le secteur semencier malien reste confronté à des défis persistants. En effet, environ 80% des agriculteurs utilisent encore le système informel avec des semences traditionnelles, souvent par méconnaissance des avantages de la qualité certifiée.
Aussi, le système formel peine à satisfaire la demande, laissant le contrôle aux pratiques traditionnelles et limitant l’accès pour les petits producteurs. À ces défis, s’ajoutent des contraintes structurelles majeures comme le manque de financement pour l’Unité de semences de base (USB), l’insuffisance d’équipements de traitement et de stockage, ainsi qu’un accès très limité au crédit pour les producteurs locaux.
Face à ce constat, dira Tiémoko Lanfia Touré, le rôle de l’Assema est jugé vital pour fédérer le secteur privé et améliorer la synergie entre les actions publiques et privées. Le renforcement du secteur privé est en effet une réalité stratégique pour passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture commerciale et souveraine.
Cette ambition, selon le représentant du ministre, s’inscrit pleinement dans la Vision Mali 2063, qui prévoit une transformation profonde de l’agriculture malienne grâce à la mécanisation, à la création d’agropoles et à la promotion de chaînes de valeur performantes. À cet égard, il a félicité l’Assema pour ce document qui donnera un nouvel élan à la souveraineté alimentaire au Mali.
De son côté, le président de l’Association semencière du Mali a rappelé que la qualité et la diversité des semences sont le fondement même de la productivité et de la résilience des écosystèmes. Le Plan stratégique de plaidoyer 2026-2030 propose une feuille de route minutieuse pour transformer cette vision en actions concrètes. Moussa Sidibé a décliné les cinq axes prioritaires de cette Stratégie pour le quinquennat, à savoir le plan réglementaire, le plan financement, l’organisation du marché, la recherche et l’innovation, ainsi que la communication.
L’Association prévoit également un réseautage moderne pour assurer des partenariats durables et faciliter l’accès à de nouveaux marchés pour les entreprises semencières. En somme, l’avènement de ce plan stratégique ouvre une nouvelle étape pour la filière malienne, fondée sur la concertation et la responsabilité collective de tous les acteurs (autorités, chercheurs, partenaires et opérateurs privés).
En marge de ces annonces, Moussa Sidibé a informé l’assistance de la création de l’Alliance des producteurs de semences et de plants agricoles du Sahel (APSA-SAHEL) lors d’une assemblée générale tenue à Ouagadougou le 25 novembre 2025. Cette organisation a pour mission de soutenir les gouvernements de la Confédération des États du Sahel (AES) dans leur quête de souveraineté alimentaire.
Fatoumata Mory SIDIBE
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