Sortie de la 47è promotion de l’EMIA : Le général pangassy sangaré immortalisé

La promotion 2023-2025 compte 343 élèves officiers d’active dont 311 Maliens et 32 étrangers. Le major de la promotion est le Sous-lieutenant Idrissa Tiama du Mali avec une moyenne de 16/20

Publié lundi 01 décembre 2025 à 08:28
Sortie de la 47è promotion de l’EMIA : Le général pangassy sangaré immortalisé

Ils sont issus de neuf pays, à savoir le Bénin, le Burkina-Faso, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo

 

La cérémonie de sortie et de prestation de serment de la 47è promotion de l’École militaire interarmes (Emia) au centre d’instruction Boubacar Sada Sy de Koulikoro a été présidée, vendredi dernier, par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta. Cette promotion porte le nom de feu Général de brigade Pangassy Sangaré. L’évènement s’est déroulé en présence du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le Général de corps d’armée Malick Diaw, du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Général de corps d’armée Sadio Camara et  d’autres membres du gouvernement. La famille du parrain était représentée par son épouse Assitan Traoré et le Général de division Kéba Sangaré. 


La promotion 2023-2025 compte 343 élèves officiers d’active. Ces officiers ont prêté serment devant le drapeau, l’emblème de la patrie et le Chef suprême des Armées. Ils proviennent du cycle normal et du cycle spécial. Le cycle normal comprend 325 officiers dont 34 personnels féminins issus de neuf pays, à savoir le Bénin, le Burkina-Faso, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo. Les 311 officiers du Mali sont constitués de 159 issus du concours direct dont 88 professionnels, 83 issus du concours au profit des forces spéciales et 69 spécialistes. Pour une première expérience, les directions des services disposeront d'officiers spécialistes dans les différents domaines spécifiques. Il s'agit de la direction du génie militaire, de la direction des transmissions de télécommunications et de l'informatique des Armées, de la direction centrale des services de santé des Armées, de la direction du matériel des hydrocarbures et du transport des Armées et de la direction de l'information et des relations publiques des Armées (Dirpa).


Le major de la promotion est le Sous-lieutenant Idrissa Tiama du Mali avec une moyenne de 16/20.  Pour le cycle spécial, ils sont au nombre de 18, tous nationaux, dont 3 médecins généralistes et 15 médecins spécialistes. Le major de cette promotion est le Lieutenant Fousseïny Traoré, médecin généraliste avec une moyenne de 15/20. Les officiers de la 47è promotion ont suivi des modules particuliers tels que l’aguerrissement commando pour développer la résistance physique et mentale, leurs connaissances en combat désertique, en combat en zone urbaine et en combat sous-bois. S’y ajoute l'instruction sur les tirs au combat pour renforcer la précision et la qualité en situation opérationnelle.


Au cours de la cérémonie, le chef d’état-major général des Armées a indiqué que la hiérarchie militaire célèbre cet évènement dans un contexte où la crise à laquelle notre pays est confronté connaît une mutation avec un environnement opérationnel de plus en plus dynamique. Le Général de division Oumar Diarra a ajouté que les modes d'action évolutifs des terroristes poussés dans leurs derniers retranchements sont désormais caractérisés par une pression sur les populations. Selon lui, les narratifs religieux ont muté vers les discours politiques avec des tentatives d'imposition d'une guerre économique y compris la perturbation des axes logistiques de ravitaillement particulièrement en zone Sud soutenues par une campagne agressive de désinformation sans précédent. Il dira que les forces armées de sécurité, face à cette menace, sont restées debout et ont démontré une remarquable capacité d'adaptation à ce nouvel environnement en déjouant tous les pronostics visant à semer le chaos.


D’après le Général de division Oumar Diarra, la mise à disposition de nouveaux officiers contribuera considérablement à renforcer les capacités. Saisissant cette occasion solennelle, le Général Diarra a rappelé la fin du plan Maliko et la validation du plan Dougoukoloko 2025-2030. D’après lui, ces deux plans ont pour objectif principal la poursuite du redéploiement progressif et coordonné des forces armées et de sécurité pour la défense du territoire national.  Il a salué les efforts du Président de la Transition dans la professionnalisation constante des Forces armées maliennes (FAMa). En témoignent la création du Bataillon d’intervention rapide (Bir), la bonne gestion des ressources humaines et des moyens logistiques, la mise en œuvre des cartes militaires, l'adaptation de la doctrine, etc. S’adressant aux jeunes officiers, il les a exhortés à incarner pleinement les valeurs d'un officier qui sont rigueur, droiture, sens élevé du devoir et du patriotisme, tout en assumant l'ambition de défendre la souveraineté et l'intégrité de notre territoire.


Le Général Oumar Diarra a cité les qualités d’un bon chef de section dont le bon sens, le leadership, le goût du travail d'équipe, le management des hommes. Avant d’ajouter que le chef de section fait preuve d'un dévouement sans faille et d'une adaptabilité remarquable.

 

VAILLANTS COMBATTANTS- Pour sa part, le commandant de l’Emia a soutenu que cette cérémonie symbolise la détermination à former des cadres militaires solides, loyaux et capables de répondre aux exigences sécuritaires modernes. Le Colonel Dramane Dembélé a fait un bref rappel historique sur lequel se fonde l’Armée malienne à savoir Soundiata Keïta, Yamody Sissoko, Diossé Traoré, Babemba Traoré et Banzani Thèra. En plus de ces illustres devanciers, il a loué les mérites de certains disparus ayant laissé un lourd héritage. Parmi ceux-ci, Sékou Traoré, Fassal Ag Kiba, Karim Niang, Abdoulaye Diallo, Moussa Siaka Koné, Aly B. Camara. Selon lui, le Mali a toujours été une terre de bravoure militaire. «Nos ancêtres nous ont transmis cette philosophie guerrière fondée sur l’honneur, la dignité et le devoir», a rappelé le commandant de l’Emia, assurant que notre pays perpétue cet héritage en formant des officiers à la hauteur des défis contemporains.


Dans l’interview qu’il a accordée à la presse à la fin de la cérémonie, le Chef suprême des Armées a fait remarquer que cette cérémonie est une tradition bien ancrée dans la vie des forces armées et de sécurité. «La remise des épaulettes aux 343 officiers marque non seulement la fin de leur formation, mais aussi le début de leur carrière dans les forces armées de défense et de sécurité. Et cela s’inscrit en droite ligne de la vision des autorités de la Transition qui est de disposer d’une Armée à la hauteur des menaces», a souligné le Chef de l’État.


Le Général d’armée Assimi Goïta a salué la résilience du peuple malien qui a vite compris la nécessité de soutenir les orientations des autorités de la Transition dont celle de refonder notre outil de défense. «Cela passe forcément par les ressources humaines bien recrutées, avoir une formation bien adaptée, assurer le bien-être du soldat et de sa famille et améliorer les conditions de vie et de travail ainsi que les équipements à la hauteur de la menace», a argumenté le Chef suprême des Armées, précisant que c’est la combinaison de ces différents éléments qui détermine la capacité d’une Armée.


Pour le Président Assimi Goïta, l’environnement géopolitique et les tensions des groupes armés terroristes exigent de s’adapter de façon permanente afin de construire un outil de défense robuste, professionnel, capable de se projeter en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance pour la défense opérationnelle du territoire national, la sécurité des personnes et de leurs biens. D’après lui, les FAMa doivent défendre la souveraineté économique. «Avec le changement de cibles des groupes armés terroristes en fonction des orientations de leurs sponsors étrangers, nous devons nous adapter pour construire une Armée digne, capable d’assurer la défense de la patrie», a indiqué le Président de la Transition. Il a félicité les officiers de cette promotion et les a exhortés à suivre le modèle d’exemplarité de leur parrain feu Général de brigade Pangassy Sangaré. «Ils doivent retenir que la puissance d’une Armée ne vaut que par la valeur des hommes et des femmes qui la composent. Désormais, ils sont appelés à se former davantage et à prendre soin de leurs subordonnés sans lesquels, aucune réussite ne sera possible», a ajouté le Général d’armée Assimi Goïta. 


Cette promotion est la dernière à être formée sur un cycle de deux ans car à partir de la 48è promotion, le cursus de l’Emia passera à trois ans. La cérémonie a pris fin par un défilé militaire et la remise d’un bus à l’Emia par le Chef suprême des Armées.


Envoyés spéciaux Namory KOUYATé et Oumar DIOP

Namory KOUYATE

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