Accueil dans les établissements publics de santé : La ministre Assa Badiallo Touré entend sévir contre les mauvaises pratiques

La ministre chargée de la Santé a invité les usagers à dénoncer mais avec des preuves les actes indignes de certains agents de santé

Publié vendredi 30 mai 2025 à 08:17
Accueil dans les établissements publics de santé : La ministre Assa Badiallo Touré entend sévir contre les mauvaises pratiques

Ces derniers temps, les établissements hospitaliers cristallisent la colère des usagers. Certains n’hésitent pas à décrier sur les réseaux sociaux, à tort ou à raison, des comportements malsains de certains professionnels de la santé et des pratiques qui semblent avoir pignon sur rue. Ce qui renvoie à la question du bon accueil dans nos établissements de santé publique.

«Trop c’est trop» a reconnu la ministre de la Santé et du Développement, le Colonel Assa Badiallo Touré, intervenant, hier à la Maison des aînés, à l’ouverture de l’atelier de recyclage et de formation sur l’accueil et l’hygiène dans les établissements publics de soins à l’attention du personnel socio-sanitaire et des partenaires.

En effet, la question de l’accueil et de l’hygiène reste au cœur du débat dans notre pays. Rappelons qu’un forum sur l’accueil dans les hôpitaux a été organisé en 2008. L’élaboration d’un guide de bon accueil et l’adoption de la loi hospitalière sont aussi des acquis en la matière. Cette fois-ci, le département en charge de la Santé a décidé de crever l’abcès et de recourir aux sanctions qui s’imposent.

À cette occasion, le secrétaire général du ministère de la Santé et du Développement social a fait l’état des lieux de l’accueil et de l’hygiène dans les établissements publics hospitaliers. Dr Abdoulaye Guindo a indiqué que les évaluations de l’Agence nationale d’évaluation et d’accréditation des établissements de santé (Anaes) a abouti à des constats d’insuffisance dans l’application de plusieurs dispositions de la loi hospitalière par les hôpitaux et du respect de la charte du malade. Y compris l’inadéquation des locaux, l’insuffisance de formation du personnel en matière d’accueil dans les établissements de santé et l’insuffisance dans le système de régulation du flux des accompagnants.

Le secrétaire général du département en charge de la Santé a également cité des faits liés à la dimension humaine de l’accueil. Parmi lesquels, la négligence coupable et le manque de courtoisie du personnel, le non respect de l’ordre d’arrivée. Pour lui, la problématique de l’hygiène hospitalière est marquée notamment par les infections nosocomiales et la mauvaise gestion des déchets biomédicaux.

Pour y remédier, le département préconise, entre autres, la dissémination du guide du bon accueil dans les établissements de santé, la promotion des solutions digitales (gestion des plaintes et circuit de l’Assurance maladie obligatoire (Amo), ainsi que le soutien au secteur hospitalier en termes d’investissement et de fonctionnement. 

La ministre de la Santé et du Développement social, visiblement ulcérée d’enregistrer des plaintes, a insisté sur la responsabilité des directeurs des établissements hospitaliers dans la gestion de l’accueil et de l’hygiène. «Les chefs de service doivent prendre leur responsabilité. Sinon, nous le ferons à leur place», a-t-elle averti. Avant de dénoncer les mauvais comportements de certains bénévoles dans les structures de santé, notamment la vente de nourriture et autres produits.

La ministre chargée de la Santé a invité les usagers à dénoncer mais avec des preuves les actes indignes des agents de santé. Et de rappeler les instructions du Premier ministre relatives à la disponibilité d’une meilleure couverture sanitaire pour la population, conformément à la lettre de cadrage du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta.

 Par ailleurs, le Colonel Assa Badiallo Touré a tenu à séparer le bon grain de l’ivraie, en rendant hommage aux professionnels qui s’acquittent bien de leurs tâches. Et de prévenir que son département sera dans une posture d’exiger de bons comportements dans les hôpitaux.  

Mohamed DIAWARA

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